Iran : la révolte gronde

1- Des clefs pour comprendre
L’enjeu de l’élection présidentielle en Iran était crucial, car ce pays pose problème à la fois pour la région et pour le monde :
– Malgré plusieurs vagues de sanctions du conseil de sécurité de l’ONU, l’Iran refuse toujours de geler ses activités sensibles, comme l’enrichissement d’uranium, pouvant servir à la fabrication d’armes nucléaires ;
– L’Iran ne reconnaît pas Israël et se fait régulièrement menaçant ;
– Il s’interpose dans le conflit en Irak ;
– Il soutient et finance le Hezbollah libanais et le Hamas dirigeant la bande de Gaza.

En Iran, qui est un système théocratique, le Guide suprême de la révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, détient le pouvoir décisionnaire sur les grands sujets, soit directement soit par le biais d’un réseau de dirigeants ou d’institutions sous sa coupe, tels que les puissants Gardiens de la révolution (pasdaran), ou les services judiciaires et de renseignements.

Les pouvoirs du président de la République sont en revanche limités. Il participe à l’élaboration des politiques économique, sociale, éducative et publique de l’Etat. Il a également voix au chapitre en matière de libertés des médias et d’ouverture politique, mais ses décisions peuvent être annulées par les mollahs. … Lire la suite

Népal : légers progrès mais la violence menace

1- Des clefs pour comprendre
Après une dizaine d’années de guerre civile contre la monarchie hindouiste, ayant fait 13.000 morts, 70.000 personnes déplacées et une économie ruinée, les rebelles maoïstes ont cessé la lutte armée en 2006, pour rejoindre la politique par des moyens classiques, et disputer les élections d’avril 2008 à l’assemblée constituante, qu’ils ont remportées, abolissant du même coup la monarchie.
Ils ont participé à la formation d’un gouvernement de coallition, mené par leur dirigeant Pushpa Kamal Dahal, dit Prachanda.

Un point-clé des accords de paix consistait dans l’incorporation dans l’armée des 19.000 ex-combattants maoïstes cantonnés dans des camps supervisés par l’ONU, mais le chef des armées l’a refusé. L’armée népalaise est considérée comme un bastion des royalistes.
Le gouvernement l’a limogé pour insubordination, mais le chef de l’Etat a décidé de le maintenir dans ses fonctions.
Du coup, le Premier ministre Prachanda a démissionné le 4 mai 2009 et le Parti communiste népalais unifié/maoïste (PCNU-M) a quitté la coalition gouvernementale.

Un nouveau Premier ministre, Madhav Kumar Nepal, chef du Parti communiste du Népal-Marxiste léniniste unifié (PCN-MLU, centre-gauche), dirige depuis la fin mai un fragile gouvernement de coalition boycotté depuis par les maoïstes, qui détiennent 40% des sièges … Lire la suite

RDCongo : la guerre continue

RDCongo1- Des clefs pour comprendre
Le conflit du Nord-Kivu trouve son origine dans le génocide rwandais de 1994, quand les milices hutues ont tué 800.000 Tutsis et Hutus modérés avant de fuir dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) suite à la mise en place au Rwanda d’un pouvoir tutsi.
La présence de ces rebelles hutus dans l’est de la RDC, appelés les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), a été le prétexte à deux interventions militaires rwandaises qui ont déclenché de 1998 à 2003 une guerre et une catastrophe humanitaire qui a fait 5,4 millions de morts au cours des dix dernières années.

Si la guerre dans l’Est de la RDC a officiellement cessé en 2003, les incursions de groupes armés et les viols et violences contre les civils se poursuivent.
Le Nord-Kivu est toujours ravagé, depuis des années, par les conflits entre les forces gouvernementales, les rebelles et les milices hutues.
Les civils sont en première ligne, victimes de meurtres, de pillages et de viols.

L’armée régulière congolaise (les Forces Armées de la République Démocratique du Congo – FARDC), a déclenché au début de l’année, avec le soutien de l’armée rwandaise et de la Mission … Lire la suite

Guinée : les tensions ethniques sont fortes

1- Des clefs pour comprendre
Ancienne colonie française, la Guinée a connu de nombreuses tentatives de putsch depuis son indépendance en 1958. Émeutes et mutineries se sont multipliées au cours des deux dernières années.
La Guinée, située en Afrique de l’Ouest, compte une population d’environ 9,8 millions d’habitants. La dimension ethnique est très présente dans les esprits, avec une majorité de Peul d’environ 40 %. Les autres ethnies sont les Guerzé, Malinké, Soussou et plusieurs groupes plus petits originaires de Guinée forestière.

Le capitaine Moussa Dadis Camara (Guerzé), âgé d’une quarantaine d’années,  a été porté au pouvoir par un coup d’Etat sans effusion de sang, le 23 décembre 2008, après la mort du dictateur Lansana Conté qui dirigeait le pays depuis 1984. Il a annoncé la dissolution de la constitution et la suspension du gouvernement, soulignant que le pays était désormais dirigé par une junte militaire.
Après le coup d’état de décembre 2008, de nombreux donateurs ont réduit ou suspendu leur assistance au développement, y compris dans le secteur de la santé.

Après son putsch, favorablement accueilli par la population, Camara s’était engagé à organiser rapidement des élections pour céder le pouvoir, avant de changer d’avis et de laisser entendre … Lire la suite