En Turquie, les gays et transsexuels dénoncent un regain d’homophobie

ISTANBUL (Turquie) (AFP) – Meurtres, brutalités policières, déclarations ministérielles controversées: la communauté gay et transsexuelle de Turquie dénonce un regain d’homophobie dans le pays.
“Rien que le mois dernier, cinq personnes ont été tuées”, affirme Demet Demir, militante de l’association de défense des droits des homosexuels Istanbul-LGBTT, rencontrée jeudi.
A Antalya (sud), “une de nos amies transsexuelles a été sauvagement assassinée: on lui a tranché la gorge. A Istanbul, une autre a été tuée à coups de couteaux”, poursuit-elle.

Trois jeunes “avaient monté un plan pour la tuer et prendre son argent”, mais la victime n’avait sur elle que “70 livres et une petite chaîne en or”, explique-t-elle.
La militante transsexuelle évoque aussi trois meurtres de gays en Anatolie (sud-est), qui portent selon elle à 45 morts en trois ans le nombre de victimes des “crimes de haine” homophobes en Turquie.
Dans ce contexte de violences, les récentes déclarations sur l’homosexualité d’une ministre du gouvernement islamo-conservateur ont créé un tollé parmi les militants gays.

“L’homosexualité est un désordre biologique, une maladie, (…) une chose qui doit être soignée”, avait estimé début mars la ministre de la Famille et de la Femme, Aliye Selma Kavaf, interrogée par un quotidien.
Mme Kavaf … Lire la suite

Une fondation pour protéger de l’oubli la culture des petites ethnies

AP – Cécile Brisson
Grand amateur d’art tribal, le collectionneur suisse Jean Paul Barbier-Mueller a un jour pris conscience que les oeuvres qu’il appréciait tant étaient parfois produites par des peuples dont on ignorait tout et dont la civilisation risquait de disparaître. Il a donc créé une fondation culturelle pour les étudier et les protéger de l’oubli.
Concrètement, cette fondation, qui sera présentée à la presse mardi au musée du quai Branly à Paris, financera chaque année deux enquêtes de terrain auprès de petites ethnies regroupant seulement quelques milliers de personnes. Le comité scientifique en a déjà identifié 14 en Afrique, trois en Inde, trois en Indonésie, une dans le nord de la Sibérie et deux ou trois en Amérique centrale et en Amazone.

En préparant des expositions pour les musées Barbier-Mueller de Genève (arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie) et de Barcelone (arts des Amériques), Jean Paul Barbier-Mueller a souvent entendu des ethnologues lui dire: “Ah vous savez, ça, c’est très intéressant parce que tel type de masque a été emprunté par la grande ethnie en question à des voisins qui sont un tout petit groupe. Et puis ce petit groupe, personne ne le connaît, personne n’a fait d’étude sur lui”.… Lire la suite

Turquie : le Premier ministre revient sur sa menace d’expulser les clandestins arméniens

ISTANBUL (AFP) – Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi qu’il n’avait pas l’intention dans l’immédiat d’expulser les clandestins arméniens de Turquie, revenant sur une menace proférée cette semaine qui a provoqué l’indignation en Turquie et à l’étranger.
Il a cependant demandé aux pays occidentaux de cesser de condamner son pays pour “génocide” du peuple arménien, les accusant d'”ingérence” dans les relations turco-arméniennes.

M. Erdogan avait déclaré mardi au service turc de la BBC qu’il envisagerait d’expulser les Arméniens illégaux si les Parlements de par le monde continuaient à voter des résolutions sur le “génocide” des Arméniens par les Turcs, pendant la Première guerre mondiale, comme cela a été le cas ces dernières semaines, aux Etats-Unis et en Suède.
“Il y a 170.000 Arméniens dans mon pays. Parmi ceux-là, 70.000 sont des nationaux, mais nous tolérons les 100.000 autres (…) Si cela était nécessaire, je pourrais être dans l’obligation de leur dire de retourner dans leur pays”, avait-il averti.

Le Premier ministre a expliqué, lors d’une rencontre avec des artistes turcs, que ses remarques visaient en fait à “attirer l’attention mondiale sur notre approche tolérante à l’égard de ces gens” (les clandestins arméniens), et ne signifiaient pas … Lire la suite