Le Burundi dans une situation précaire avant les élections

1- Des clefs pour comprendre

Le Burundi, petit Etat de l’Afrique des Grands Lacs, qui compte huit millions d’habitants, tente de sortir depuis 2006 de 13 ans d’une guerre civile entre la majorité Hutu et la minorité Tutsi qui a fait au moins 300 000 morts et des millions de déplacés.

Les accords de paix du 4 décembre 2008 entre le gouvernement et les rebelles des Forces nationales de libération (FNL) ont été suivis d’un processus progressif de stabilisation avec l’aide des Nations Unies.

L’ONU est présente avec le Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB), pour soutenir le processus de paix.

 

Les FNL étaient l’un des nombreux mouvements rebelles Hutu qui ont fait la guerre aux divers régimes pro-Tutsi depuis les années 1990.

Ils se sont transformés en avril 2009 en parti politique.

L’année 2010 sera une date historique pour le Burundi qui enregistrera pour la première fois la fin d’un cycle électoral sans rupture.

 

Dans son dernier rapport sur la situation dans ce pays, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, se félicite des nombreux résultats obtenus mais estime que la situation actuelle reste fragile.

Il note avec satisfaction que les FNL, qui étaient le dernier mouvement rebelle, ont déposé les armes et se sont transformées en parti politique, assurant ainsi en grande partie la conclusion de la dernière phase du processus de paix.

 

Il félicite le gouvernement et les partis politiques d’avoir su s’élever au-dessus de leurs différences et engager le dialogue. Selon lui, il incombe au premier chef au gouvernement et à ses partenaires nationaux de créer des conditions qui permettent le bon déroulement des élections. Toutefois, il se dit préoccupé par les rapports faisant état de limitations à la liberté d’assemblée et d’expression des partis d’opposition et par les violations des droits de l’homme et le climat d’impunité qui prévaut.

De plus, la pauvreté et la famine sont prégnantes dans le pays, les armes continuent à circuler et des jeunes désoeuvrés affiliés à des partis politiques commettent des exactions.

Les violences menacent de reprendre à l’occasion des élections de mai et septembre.

 

 

2- Des milliers de personnes ont besoin d’assistance alimentaire

Dans le nord du Burundi, à cause du manque de pluie, des dizaines de milliers de personnes ont besoin d’assistance alimentaire et un grand nombre de gens sont partis chercher du travail au Rwanda voisin pour gagner assez d’argent pour nourrir leur famille.

 

Dans la province de Kirundo, environ 180 000 personnes ont besoin de nourriture et de semences, selon des officiels du gouvernement et des agences des Nations Unies.

« Il est clair que la population de Busoni, Bugabira et d’une partie de Kirundo sont confrontées à une pénurie alimentaire qui peut même empirer si rien n’est fait », a dit Floribert Kubwayezu du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

 

Charles Dei, le coordinateur humanitaire au Burundi, qui est également le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM) pour le pays, a dit à IRIN que le manque de pluie avait affecté de manière négative la récolte de janvier d’haricots et de maïs.

Cette saison représente 35 % de la production alimentaire totale du Burundi.

 

Les pluies ont cessé juste après que les récoltes ont été plantées et elles n’ont pas repris jusqu’à la mi-février, alors de nombreux fermiers n’ont rien à récolter, a dit à IRIN Benoît Miburu, le secrétaire de la commune de Busoni. Résultat, le peu de nourriture en vente dans les marchés locaux est souvent importé et donc cher.

De nombreux habitants des communes touchées se rendent au Rwanda pour chercher de la nourriture ou du travail. Ce maigre filet de sécurité ne fonctionnera pas en mars et en avril, quand il n’y aura rien à récolter au Rwanda.

 

Les conditions [de vie] à Kirundo ont même forcé de nombreuses personnes à aller vivre ailleurs en permanence. « Quand ils voient qu’il n’y a pas d’autre option, ils partent. Certains vendent d’abord le toit de la maison ou le bétail à des prix très bas, juste pour avoir de la nourriture.

Mais M. Dei, le coordinateur humanitaire, a dit que la situation à Kirundo n’était pas aussi mauvaise que durant certaines années précédentes. « Le nombre de gens qui partent est en baisse », a-t-il dit.

 

M. Dei a indiqué que l’assistance alimentaire serait d’abord envoyée aux personnes les plus vulnérables : les enfants en dessous de cinq ans, les gens souffrant de maladies chroniques, les personnes âgées, les femmes enceintes et les femmes en train d’allaiter. « Nous allons aussi identifier des activités ‘travail contre nourriture’ par lesquelles nous pouvons injecter plus de nourriture pour [dissuader] les gens de partir », a-t-il ajouté.

 

De nouveaux systèmes de distribution de semences et une meilleure gestion de l’eau sont nécessaires pour atténuer les effets de future sécheresse, selon les travailleurs humanitaires.

Dans le cadre d’un projet à long terme déjà fonctionnel, avec l’aide d’Agro Action Allemande et le financement du Fond des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), des fermiers cultivent des légumes sur les rives du lac Cohoha dans la commune de Busoni.

La mission des Nations Unies a recommandé que le projet soit étendu aux rives d’autres lacs.

 

Il y a un an, le manque de pluie avait également engendré une crise alimentaire dans le nord.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) signalait qu’environ 16.500 familles de la province de Kirundo faisaient face à une forte insécurité alimentaire due à un niveau de précipitations insuffisant entre septembre et novembre 2008.

Le PAM distribuait aussi de la nourriture à près de 60.000 personnes dans le besoin dans huit autres provinces de Burundi.

 

 

3- Le problème de l’accès à la terre

Environ 500.000 réfugiés sont rentrés au Burundi depuis 2002, mais dans ce petit pays densément peuplé, l’accès à la terre reste une pierre d’achoppement. Cela alors qu’au Burundi la réinsertion des réfugiés passe avant tout par la restitution d’un accès à la terre.

Dans une économie où plus de 90% de la population dépend de l’agriculture d’autoconsommation, les gens qui ne disposent pas de terres ne peuvent en effet nourrir leurs familles.

 

Or, lors des retours au pays, il y a souvent des litiges fonciers. De nombreux rapatriés ont retrouvé leur maison détruite et, dans certains cas, leurs terres occupées.

Pour répondre à ce problème, le HCR a renforcé en 2008 un programme visant au règlement des litiges. Les rapatriés peuvent résoudre des conflits avec l’aide de médiateurs et d’experts juridiques, ce qui mène souvent à des solutions faites de compromis. C’est plus rapide que des procédures via des tribunaux.

 

Il y a un an, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estimait que remettre l’agriculture sur pied est un enjeu de premier plan pour ce pays essentiellement rural.

Selon Jean-Alexandre Scaglia de la FAO, la remise en état de l’agriculture du Burundi “aide à consolider le processus de paix dans le pays.”

 

Ferruzi Mukurumbuze, petit agriculteur de Rumonge au sud du pays, s’est bien débrouillé. A son retour de Tanzanie en 2004, il a récupéré une partie des terres qu’il avait dû abandonner en 1972, lorsque l’escalade de la violence l’avait contraint à l’exil avec sa famille.

Aujourd’hui, il plante du manioc. Il emploie des boutures exemptes d’un terrible virus qui a causé d’énormes pertes de récolte dans toute la région des Grands Lacs.

 

C’est la FAO qui lui a fourni ces boutures dans le cadre d’un effort régional financé par le Département d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) visant à éradiquer le virus. Cette initiative a abouti à la première récolte de manioc sain à l’automne 2008 dont ont tiré parti plus de 1,5 million de personnes.

 

Avec le soutien de l’UE, la FAO a lancé une vaste gamme d’activités : de la dissémination du savoir-faire agricole à la diversification des cultures et à la distribution de semences et d’outils, autant d’activités mises en œuvre en partenariat avec les autorités locales et la société civile afin de consolider les structures sociales du Burundi en phase de relèvement.

 

Dans tout le pays, la FAO organise des foires aux intrants, une des méthodes privilégiées pour stimuler la production vivrière locale. Les agriculteurs reçoivent des bons qu’ils peuvent échanger comme bon leur semble contre des semences, des engrais, des outils et autres intrants.

Les foires servent également de marché aux producteurs locaux de semences de qualité et de soutien aux petites entreprises locales de vente de matériel agricole.

En tout, quelque 100.000 petits exploitants vulnérables ont bénéficié du programme en 2008.

 

Mais pour le consultant en matière de conflits fonciers et de droits humains, René-Claude Niyonkuru, les problèmes liés à la terre sont un facteur de retour à la violence. « Nous aurions tort de dire qu’il n’y aura pas de violences – surtout en ce qui concerne les questions liées à la terre. Les gens sont frustrés, notamment les rapatriés qui sont nombreux à rentrer chez eux. Le gouvernement les a encouragés à revenir, [mais] il semble que ce même gouvernement est mal préparé pour leur assurer une réinstallation en douceur ».

 

 

4- Tension avant les élections de mai et septembre

Dernier exemple en date de la tension qui prévaut avant les élections, l’armée a arrêté fin janvier 16 militaires, car « ces soldats avaient préparé une mutinerie générale dans tous les camps du pays. Ils prévoyaient de prendre en otage leurs officiers puis d’exiger des négociations directes avec le président Pierre Nkurunziza ».

Le principal parti d’opposition, le Frodebu, a estimé « assister à une mise en scène » car le gouvernement « cherche à créer une situation chaotique qui lui permette d’écarter tous les hommes politiques qui dérangent ».

 

Le Président de la Formation Burundi de la Commission de consolidation de la paix, Peter Maurer, a estimé en décembre que les élections de 2010 « donneront la mesure des progrès atteints » par le pays. Si elles sont conformes aux exigences internationales et débouchent sur un résultat universellement accepté, « alors la durabilité du processus de paix sera renforcée et il sera possible de s’attaquer aux causes sous-jacentes du conflit et de la pauvreté ».

Dans le cas contraire, a-t-il prévenu, « le processus de paix sera compromis, de nouvelles blessures seront ouvertes et les vieilles plaies cicatriseront plus difficilement ».

 

Le 29 novembre le gouvernement a présenté à la Formation Burundi de la Commission de consolidation de la paix sa stratégie nationale pour la réintégration économique et sociale des anciens soldats démobilisés, des adultes associés aux anciens mouvements armés, des réfugiés et personnes déplacées et autres groupes affectés par le conflit.

 

Mais les violations des droits humains et une culture d’impunité perdurent dans le pays.

Par exemple, début novembre, un des gardes d’un gouverneur provincial a violemment frappé un homme, au cours d’une dispute sur des questions de terrain et de propriété. L’homme est mort après quelques jours d’hospitalisation.

L’affaire a été largement relayée par les médias burundais, et des organisations de défense des droits humains ont condamné l’incident et appelé à ce que des poursuites judiciaires soient engagées à l’encontre de l’auteur des violences.

 

Le garde a depuis été arrêté, mais les activistes des droits humains disent que cela n’est pas suffisant, et ont appelé à ce que de nouvelles enquêtes soient menées sur le rôle du gouverneur dans l’incident. « Il s’agit d’un cas de violation des droits humains parmi d’autres, et ces affaires donnent souvent lieu à très peu, voire à aucune action de la part des autorités », a dit à IRIN un activiste des droits humains, sous couvert d’anonymat.

S’inquiétant du nombre croissant d’assassinats politiques et de violences entre adversaires politiques, les organisations et activistes des droits humains ont appelé le gouvernement et la communauté internationale à veiller à ce que les responsables soient poursuivis.

 

« C’est un fait que plusieurs partis politiques mobilisent des anciens combattants démobilisés pour commettre des violences politiques, et il est probable que nous assisterons à une augmentation de la violence à l’approche des élections », a dit l’activiste.

« Cependant, ces partis savent qu’ils doivent être prudents, donc nous ne nous attendons pas à des massacres ni à des assassinats de personnes de haut rang, mais il est probable que les incidents impliquant des personnes de rang [moins élevé], à des niveaux locaux, continueront. »

 

Pierre-Claver Mbonimpa, président fondateur de l’Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues, a dit que bien que le nombre de cas de violations des droits humains ait diminué depuis que les FNL se sont transformées en 2009 en parti politique, des violations sporadiques des droits continuaient à avoir lieu à travers le pays.

« Ce qui est intéressant, c’est que la violence basée sur le genre a également diminué ; le nombre de cas de torture a aussi baissé, d’après nos statistiques ».

 

« Cependant, d’autres violations ont persisté à cause de l’impunité. Dans certains cas, la justice n’a pas puni certains auteurs des exactions parce que des autorités étaient impliquées dans les crimes ».

M. Mbonimpa a mis en avant les conditions de détention dans les prisons, qui sont selon lui particulièrement inquiétantes : 12 000 détenus vivent dans des installations conçues pour accueillir 4 000 personnes. « Dans certains de ces établissements, la situation est catastrophique ; il arrive que des prisonniers dorment dehors, même lorsqu’il pleut ; parfois ils tentent de s’évader à cause de la congestion et ils sont souvent tués par balle », a-t-il dit, ajoutant que la torture était courante dans les prisons.

 

D’après M. Mbonimpa, une révision du code pénal, votée en avril 2009, n’a renforcé la protection des droits humains que sur le papier. « Il n’y a pas de volonté politique de faire appliquer certaines des initiatives mentionnées dans le code ; la communauté internationale peut aider en demandant au gouvernement d’arrêter de faire un mauvais usage du système judiciaire, et de prendre des mesures contre ses agents qui se rendent coupables de violations des droits humains », a-t-il dit.

 

Dans un rapport publié en juin, Human Rights Watch (HRW) a appelé le gouvernement à prendre d’urgence des mesures visant à mettre un terme aux meurtres, agressions et arrestations arbitraires à caractère politique.

Le rapport décrit des cas où tant le gouvernement que les FNL ont recouru à des actes de violence et d’intimidation politiques contre des opposants et des voix dissidentes au sein de leurs propres rangs.

 

« Le parti au pouvoir et les ex-rebelles des FNL ont montré qu’ils n’étaient que trop disposés à commettre des exactions pour intimider leurs adversaires politiques et affirmer leur pouvoir », a dit Georgette Gagnon, directrice de la division Afrique à HRW.

HRW a appelé le gouvernement à s’engager sur la voie de la responsabilité en ouvrant des enquêtes et en engageant des poursuites pour les 23 meurtres et les autres délits décrits dans le rapport, qui couvre 2008 et 2009. « En raison des meurtres, arrestations et autres formes de répression, les Burundais vivent dans la peur des conséquences que pourrait entraîner l’expression de leur opinion politique ».

 

Selon Jean-Marie Gasana, analyste du Burundi, une culture d’impunité a pris racine dans le pays. « La justice a été mise de côté. Les dirigeants bénéficient de la culture d’impunité dominante », a-t-il dit. D’après lui, la société civile du pays est jeune et faible, ce qui contribue à renforcer la culture d’impunité.

« La société civile est élitiste et soumise à l’influence du plus offrant, comme partout ailleurs en Afrique », a dit M. Gasana.

 

 

5- Les jeunes restent mobilisés et armés

Il y a régulièrement des cas de violences commises par des groupes de jeunes affiliés à des partis politiques. Les jeunes des FNL ont été démobilisés et sont actuellement désœuvrés, et dans de nombreux autres partis politiques, des jeunes sont aussi prêts à se battre à la moindre provocation.

Les élections pourraient déclencher de nouveaux conflits en raison de la coexistence d’un grand nombre d’armes illégales et de mouvements de jeunes très organisés des partis politiques, selon des analystes.

 

Selon Jean-Marie Gasana, analyste chevronné du Burundi, les risques associés aux mouvements jeunes sont intensifiés par la présence « d’importants stocks d’armes entre les mains des civils ».

« Ce qui est encore plus préoccupant, c’est ce qui pourrait arriver si l’opposition contestait le résultat des élections », a-t-il dit à IRIN. « Nous pourrions voir se répéter le scénario… de violences suivant des élections irrégulières ».

 

« Nous pourrions retomber dans une guerre civile », a également dit Pierre-Claver Mbonimpa, président fondateur de l’Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues.

« Nous devons aussi faire attention à la police et à l’armée, qui ont toutes deux intégré d’anciens rebelles dans leurs rangs », a-t-il ajouté. « En cas d’incident durant les élections, ces personnes pourraient être tentées de soutenir leur mouvement d’origine ».

 

D’après un militant pour les droits humains, qui a demandé à garder l’anonymat, certains des anciens rebelles progouvernementaux dans la capitale sont armés et opèrent en marge des structures officielles de la police et de l’armée.

« La situation pourrait devenir chaotique, car les [groupes de] jeunes ont souvent été utilisés pendant les guerres civiles passées et [la situation actuelle] n’est pas différente », a averti M. Mbonimpa. Certains de ces groupes trouvent que les autorités s’en prennent injustement à eux.

 

Odette Ntahiraja, secrétaire générale du Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD), un parti enregistré en juin 2009, a dit à IRIN que ses jeunes sympathisants « se voyaient souvent refuser le droit de manifester ». « Parfois, ils sont même arrêtés et certains sont frappés, alors que d’autres groupes de jeunes sont armés et commettent des actes d’intimidation sans qu’aucune action ne soit menée à leur encontre », a-t-elle ajouté.

Pour l’Institute for Security Studies basé à Pretoria, en Afrique du Sud, des attitudes aussi injustes de la part des autorités font du Burundi « un exemple type de pays ayant un risque potentiel de violences liées aux élections ».

 

Selon Jamila El Abdellaoui, chercheuse chevronnée pour le programme de prévention des conflits de l’institut, une autre raison serait le « [ré]armement des milices par plusieurs partis politiques afin d’intimider l’électorat ».

« Le fait que la phase de réintégration du processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), récemment mené à terme par le pays, ait en grande partie échoué, notamment en ce qui concerne les personnes retournant en zone urbaine, explique la disponibilité de certains anciens combattants à rejoindre ces groupes », a-t-elle avancé dans un article publié en octobre.

 

Dans le cadre d’une campagne de désarmement volontaire, des civils ont remis aux autorités des milliers d’armes à feu, de grenades et de cartouches de munitions. D’après Léopold Banzubaze, responsable adjoint de la Commission nationale de désarmement, plus de 80 000 armes – soit près de 80 % de toutes les armes en circulation selon M. Banzubaze – ont été remises aux autorités depuis 2007.

En retour, l’Etat a offert des biens tels que des matériaux de construction, des meubles, des bicyclettes, des outils pour cultiver, des téléphones mobiles et du savon.

 

Mais de nombreux analystes estiment qu’en dépit de ces campagnes, des dizaines de milliers d’armes continuent de circuler au Burundi.

Suite à un décret signé par le président Pierre Nkurunziza en août 2009, une amnistie était garantie à toute personne ayant rendu les armes avant fin octobre. Désormais, la possession d’armes peut être sanctionnée par de lourdes amendes et des peines allant jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.

 

 

6- Dissensions inquiétantes au sein des anciens rebelles

En décembre, le FNL était embourbé dans une lutte de pouvoir qui, selon des analystes, menace la paix fragile du pays.

Selon l’analyste Jean-Marie Gasana, un parti politique rival tente de fomenter la division au sein des FNL afin d’affaiblir un concurrent de taille aux prochaines élections générales, prévues pour la mi-2010.

 

Selon Pierre-Claver Mbonimpa, président fondateur de l’Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues, une division au sein des FLN « pourrait entraîner un retour de la guerre civile ». « Il faut garder à l’esprit que les jeunes qui faisaient partie des FNL ont été démobilisés et sont actuellement désœuvrés. Ils seraient prêts à faire face à n’importe quelle agression, incluant une division du parti ».

 

Sources : ONU, Reuters, AP, AFP, IRIN

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>