Le président du Sénégal espère accomplir un troisième mandat

Reuters – Sean Maguire et Diadié Ba
Le président sénégalais Abdoulaye Wade, 83 ans, a déclaré qu’il avait bon espoir que ses compatriotes lui confient un troisième mandat en 2012, estimant que son âge n’y fait nullement obstacle.
Ecartant les critiques de l’opposition qui l’accuse de ne pas être parvenu à enrayer la pauvreté et la corruption en dix ans de présidence, Wade a dit avoir contribué davantage au développement économique de son pays que les socialistes ne l’avaient fait en quatre décennies avant lui.

« Les Sénégalais sont satisfaits de ce que j’ai fait (…) Ils savent que certaines choses ne sont pas tout à fait terminées, mais ils pensent qu’il serait difficile à n’importe qui de faire mieux que moi », a-t-il déclaré à Reuters dans un bureau de son palais présidentiel.
Le dirigeant sénégalais affiche cet optimisme malgré le fort recul enregistré par son parti libéral aux élections locales de 2009 et l’impact de la crise mondiale qui a réduit de moitié la croissance économique sénégalaise à 1,7% l’an dernier.
Selon des économistes, Wade peut tabler sur un retour à une croissance d’environ 4% en 2011.

D’allure alerte, le président a assuré qu’il était en bonne santé. Il a repoussé l’idée de s’effacer devant une nouvelle génération, disant ne voir personne qui soit susceptible de mieux gouverner l’ex-colonie française ouest-africaine que lui.
« Je ne connais aucun pays africain qui fasse mieux que moi », a-t-il dit en citant à ce propos des projets d’infrastructures, une production exceptionnelle dans divers secteurs agricoles et le fait d’avoir consacré 40% du budget à l’éducation.

Le Sénégal est un des rares pays subsahariens à avoir évité les coups d’Etat militaires et à avoir désigné ses gouvernements par la voie des urnes. Mais aux yeux des critiques d’Abdoulaye Wade, l’ardeur qu’il met à rester au pouvoir rappelle d’autres dirigeants africains âgés qui refusent de céder le pouvoir.
Comme on lui demandait s’il pourrait envisager d’organiser des élections avec la fin de son actuel mandat quinquennal, il a répondu: « Absolument pas. Nous ne sommes pas en crise. »

Des opposants lui reprochent de préparer le terrain à son fils Karim qui, malgré une expérience politique limitée, dirige un « superministère » qui couvre notamment les infrastructures et l’aménagement du territoire. Abdoulaye Wade a dit que son fils serait un jour en droit de briguer la présidence mais ne lui avait encore exprimé aucun aspiration de cette nature.
Avec Mark John, Philippe Bas-Rabérin pour le service français

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