Le trafic d’armes continue d’aggraver l’instabilité en Afrique centrale

Les pays d’Afrique centrale et les Etats fournisseurs d’armes doivent intensifier leurs efforts individuels et collectifs pour éradiquer le trafic d’armes, a plaidé vendredi la Vice-secrétaire générale de l’ONU, Asha-Rose Migiro, à l’occasion d’un débat du Conseil de sécurité sur les conséquences de ce trafic dans la région.
En Afrique centrale, « la demande locale continue d’être importante, spécifiquement de la part de milices ou groupes rebelles », a expliqué Mme Migiro. « Les faibles capacités nationales et régionales, la porosité des frontières et la propagation des conflits dans la région entravent la régulation efficace des armes légères », a-t-elle souligné.

Estimé globalement entre 200 et 300 millions de dollars, le trafic d’armes illégal équivaut à 20% du commerce licite. L’Afrique est « le marché le plus rentable pour la contrebande d’armes », a dit le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Antonio Maria Costa, intervenant à son tour devant le Conseil de sécurité.
Le problème des armes légères c’est qu’elle « sont durables », a-t-il ajouté, rendant encore plus complexe la régulation du trafic. Le stock d’armes accumulé par l’ex Union Soviétique a alimenté au début des années 1990 « presque tous les conflits, particulièrement en Afrique, de A à Z, de l’Angola au Zimbabwe », a expliqué M. Costa.

Les groupes criminels, les milices de combattants et les Etats sous sanction internationales sont les principales entités qui créent la demande d’armes. « La principale responsabilité pour éradiquer ce commerce illégal reste celle des Etats », a insisté Mme Migiro. Des mesures doivent être prises par les états pour promouvoir le désarmement et des programmes de régulations doivent être mis en place, plaide-elle devant le Conseil de sécurité présidé ce mois par le Gabon.

Elle recommande notamment au pays de la sous-région de se doter d’instruments globaux de coopération pour identifier et lutter contre les trafiquants d’armes, et d’utiliser les outils et l’expertise des Nations Unies dans la mise en œuvre de leurs politiques.
Le Bureau des affaires de désarmement et le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique sont prêts à assister les états dans la régulation des armes, a précisé Mme Migiro.
Pour éradiquer les trafics, M. Costa exhorte les pays à signer le Protocole contre la fabrication et le trafic illicites d’armes à feu qui n’a été pour l’instant adopté que par 79 pays.

Le commerce illégal d’armes « alimente la violence et sape la sécurité, le développement et la justice », a-t-il rappelé. En effet, « sur les 34 pays les moins avancés pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les deux tiers sont au milieu ou sortent d’un conflit ».
« Le trafic d’arme est une pandémie de plus. La thérapie est connue, les instruments chirurgicaux disponibles », a-t-il enfin souligné, espérant que « cette réunion va pousser les Etats membres à utiliser ces instruments pour couper le flux d’armes qui alimente les conflits, affaiblit les Etats et enrichit les criminels ».

Source : ONU

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