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Pacification à Madagascar

3 mai 2019

 

Une consolidation du processus démocratique à Madagascar est en cours, dans un pays qui pendant trois décennies a connu beaucoup d’instabilité et de régression économique, sociale et culturelle. 

 

 

Dialogue politique entre Madagascar et l’UE pour resserrer les liens

 

À Madagascar, une réunion de dialogue politique entre l’Union européenne et l’État malgache s’est tenue ce jeudi 2 mai. C’est la première fois que les ambassadeurs de l’Union européenne et les autorités tiennent cette réunion depuis la prise de fonction du président Andry Rajoelina.

 

L’UE a débloqué 232 millions d’euros pour réhabiliter deux routes nationales en piteux états et qui permettent d’accéder à deux grandes villes portuaires enclavées à quelque 1 000 km de la capitale.

 

L’Union européenne a aussi signalé sa disponibilité à reprendre les négociations pour un nouvel accord de pêche.

À moins d’un mois d’élections législatives, la question sécuritaire a aussi été abordée.

 

Les autorités malgaches se sont voulues rassurantes indiquant « s’engager à mener une lutte ferme contre l’insécurité pour que soit garantie la stabilité sociale et économique ». Plusieurs centaines de militaires ont été déployés dans le pays depuis le début de l’année pour lutter notamment contre le vol de bovidés.

 

 

Madagascar a tourné la page de l’instabilité politique, se félicite l’envoyé de l’ONU

 

Un an après avoir été chargé par le Secrétaire général de l’ONU de jouer un rôle de médiateur dans la crise politique à Madagascar, Abdoulaye Bathily se félicite du succès de cette médiation qui a permis au pays de sortir de l’impasse et de tourner la page de l’instabilité politique.

 

Selon lui, la médiation a réussi pour deux raisons : la communauté internationale a parlé d’une même voix et a eu une même stratégie sur la crise malgache et il y a eu une prise de conscience, « un sursaut », de la part des acteurs malgaches. Les institutions et les acteurs malgaches ont aussi joué un rôle déterminant pour sortir de l’impasse politique.

 

Bathily a également cité le rôle joué par la Commission électorale nationale indépendante, qui, grâce à un appui politique, financier et matériel de la communauté internationale, « a pu assurer son indépendance et sa neutralité face aux partis en compétition ».

 

Il s’est félicité du respect de la disposition de la Constitution prévoyant que le Président sortant quitte ses fonctions 60 jours avant l’élection s’il se représente. Le Président en exercice d’alors Hery Rajaonarimampianina a démissionné en septembre 2018.

 

L’envoyé de l’ONU s’est aussi félicité de la formation d’un gouvernement de consensus, composé de plusieurs partis politiques, en juin 2018 à la suite de l’intervention de la communauté internationale.

 

« Ce gouvernement a joué pleinement son rôle pour la continuité de l’Etat et il n’y a pas eu trop de disputes en son sein », a-t-il souligné. Il a mentionné aussi le rôle de la société civile, des femmes, des jeunes, et des organisations religieuses, dans ce processus, et a salué le fait que l’armée soit « restée, pour une fois, en dehors du processus ».

 

Bathily a enfin salué le rôle joué par l’un des principaux opposants, ensuite élu Président, Andry Rajoelina, qui a fait des concessions, ce qui a permis la formation du gouvernement.

Selon l’envoyé de l’ONU, un des symboles du succès de ce processus fut la présence des 36 candidats à l’inauguration du nouveau Président en janvier 2019.

 

Madagascar se prépare à des élections législatives prévues le 27 mai 2019, avec un appui technique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). « Pour le moment, les choses semblent se dérouler normalement », a dit Abdoulaye Bathily.

 

Le Président a souhaité convoquer un référendum pour réviser la Constitution jumelé avec les élections législatives, mais la Haute-Cour constitutionnelle a décidé qu’il ne pouvait pas le faire dans les termes et les conditions actuelles.

 

Avec la fin de la crise politique à Madagascar, la médiation d’Abdoulaye Bathily va prendre fin. Les Nations Unies ont une équipe pays sur place avec une Coordonnatrice résidente qui va mettre en place un dispositif de soutien « dynamique et massif dans tous les domaines », a-t-il expliqué.

 

Sources : RFI, ONU

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