L’ONUDC soutient les efforts du Guatemala contre le crime organisé

Le président guatémaltèque Alvaro Colom et le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Antonio Maria Costa, ont lancé mercredi le Programme national intégré sur le renforcement de la primauté du droit, de la sécurité et de la justice au Guatemala, qui vise à lutter contre le crime organisé.
« La pauvreté, la corruption, et les faibles capacités en matière de justice pénale font du Guatemala un pays extrêmement vulnérable à la criminalité organisée », a déclaré M. Costa.

« La criminalité repousse les investisseurs et les touristes, aggravant le sous-développement, ce qui à son tour facilite la criminalité », a-t-il souligné. « Il est temps de briser ce cercle vicieux avant qu’il ne fasse exploser le Guatemala ».
Le programme sur trois ans, évalué à 16 millions de dollars, vise à renforcer la capacité du Guatemala dans les domaines de la justice pénale, de la réforme de la police, de la lutte contre la corruption, du contrôle des armes à feu, de la réforme pénitentiaire, de la cybercriminalité et de la traite des êtres humains.

Il sera mis en œuvre conjointement par le gouvernement et l’ONUDC, et complétera les activités connexes menées par la Commission internationale contre l’impunité (CICIG) et le Système d’intégration centraméricain (SICA). M. Costa a exhorté les partenaires de financement à fournir les ressources nécessaires pour mettre en œuvre toute la gamme d’activités visant à renforcer la sécurité et la justice.
La position géographique du Guatemala augmente le problème car le pays est un véritable carrefour entre les plus grands producteurs mondiaux de coca (les pays andins) et les plus grands consommateurs de cocaïne au monde (l’Amérique du Nord). Une part croissante des 200 tonnes de cocaïne écoulées vers le nord chaque année transite par l’Amérique centrale et entraîne derrière elle morts et destructions.

Les mêmes itinéraires sont également utilisés pour la contrebande des migrants et d’armes. En 2009, 15,7 tonnes de cocaïne ont été saisis, dont 10 tonnes trouvées sur un mini sous-marin au large des côtes guatémaltèques.
Le trafic lucratif des médicaments, estimé à deux fois le PIB du Guatemala, est aussi une source majeure de corruption qui sape la primauté du droit et menace la sécurité. En outre, la drogue est une source de revenus pour les gangs (maras).

La police, les agents de la lutte antidrogue et les hauts fonctionnaires sont sous la pression combinée des armes et des pots-de-vin et certaines provinces situées sur la route des trafics affichent les plus forts taux d’assassinats au monde (environ 100 meurtres pour 100.000 habitants).
M. Costa a annoncé que l’ONUDC mettrait en place un Centre d’excellence sur le crime organisé à Guatemala City, dans le cadre d’un réseau régional de centres d’excellence, notamment sur la prévention de la délinquance urbaine, à El Salvador, la sécurité maritime, au Panama, et la réduction de la demande en drogues et la réforme pénitentiaire, en République dominicaine.

Première étape symbolique dans la mise en œuvre du programme national contre la criminalité au Guatemala, M. Costa et le président Colom ont présidé à la destruction de plus de 6.000 armes à feu illégales.
Selon les estimations du Gouvernement, il y a environ 400.000 armes enregistrées dans le pays et 1,6 millions d’armes illégales en circulation, soit plus d’une arme pour dix habitants.
Près de 80% des homicides perpétrés au Guatemala sont commis avec des armes à feu. En 2009, on comptait plus de 5.300 homicides dans le pays, avec un nombre élevé de femmes (722) et enfants (591) parmi les victimes.

Source : ONU

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