Le Costa Rica élit sa première femme présidente, Laura Chinchilla

AP – Marianela Jimenez
Les Costaricains ont élu dimanche leur première femme présidente. La vice-présidente sortante Laura Chinchilla succède à son mentor Oscar Arias à la tête d’un petit pays considéré comme le plus stable d’Amérique latine.
Candidate du Parti de libération nationale (PLN, centre-droit) au pouvoir, Laura Chinchilla, 50 ans, a recueilli 47% des suffrages, contre 25% à son principal rival, Otton Solis du Parti d’action citoyenne (PAC, centre-gauche), selon les résultats officiels quasi-définitifs.

M. Solis a rapidement concédé sa défaite, comme Otto Guevara, candidat du Mouvement libertaire (ML, droite), qui est arrivé en troisième position avec 21% des voix et a salué « notre présidente ».
Après le Nicaragua, le Panama, le Chili et l’Argentine, le Costa Rica est le cinquième pays d’Amérique latine à élire une femme pour présidente. En franchissant le seuil des 40% de voix, Mme Chinchilla, favorite des sondages, l’a emporté dès le premier tour.

Les quelque 2,8 millions d’électeurs inscrits désignaient également dimanche 57 députés et près d’un millier d’élus municipaux. Faute de majorité au Congrès, Mme Chinchilla risquerait d’avoir du mal à mener à bien des réformes fiscales controversées et la libéralisation du secteur énergétique, a estimé lundi Heather Berkman du cabinet d’analyse politique Eurasia Group.
Oscar Arias, élu en 2006, ne se représentait pas à la présidentielle, la Constitution du Costa Rica ne prévoyant qu’un seul mandat de quatre ans.

« Aujourd’hui, nous faisons l’histoire », a lancé Laura Chinchilla dimanche soir après sa victoire. « Le peuple costaricain m’a accordé sa confiance, je ne la trahirai pas », a assuré cette femme de 50 ans. Mariée et mère d’un adolescent, la nouvelle présidente est opposée à l’avortement et au mariage homosexuel.
Laura Chinchilla, qui prêtera serment en mai, a promis durant la campagne électorale de poursuivre la politique de libéralisation économique menée par le président Arias, prix Nobel de la paix 1987 et fervent défenseur du libéralisme économique. Sous son mandat, le Costa Rica a signé un accord de libre-échange avec les Etats-Unis et noué des relations économiques avec la Chine.

La plupart des Costaricains étaient peu disposés à remettre en cause le statu quo dans ce pays considéré comme le plus stable d’Amérique centrale, politiquement et économiquement. Malgré la crise et une délinquance en hausse, les habitants y jouissent de salaires relativement élevés, d’une espérance de vie élevée, d’une industrie écotouristique florissante et sont quasiment tous alphabétisés.
L’autre particularité du Costa Rica, pays de quelque 4,2 millions d’habitants, est d’avoir supprimé l’armée dans sa Constitution de 1949. C’est une garde civile qui assure le maintien de l’ordre et de la sécurité.

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