Les Etats-Unis s’enfoncent dans la pauvreté

Etats-Unis1- Des clefs pour comprendre
Avec un nombre croissant de personnes souffrant de la faim, un grand nombre de sans-abris, un taux de chômage de 10 %, de plus en plus de personnes ne pouvant bénéficier de soins médicaux, un déficit record de l’Etat fédéral…, le mythe de la puissance américaine s’effondre.


2- De plus en plus d’Américains souffrent de la faim

Globalement, le nombre de pauvres est en augmentation aux USA, avec plus de 38,8 millions de personnes. La pauvreté se développe d’une manière spectaculaire dans les villes avec une augmentation du nombre des familles sans-abri et souffrant de la faim.
Le nombre d’Américains qui reçoivent une aide alimentaire d’urgence de la principale organisation caritative spécialisée du pays et d’autres agences a augmenté de 46% entre 2005 et 2009, selon le rapport de “Feeding America” : 37 millions de personnes – dont 14 millions d’enfants – requièrent chaque année une aide alimentaire, ce qui représente plus de 10% de la population US (300 millions d’habitants).

Ce chiffre est fondé sur 61.000 interviews et 37.000 enquêtes auprès d’organismes caritatifs régionaux. En 2005, la précédente étude faisait état de 25,3 millions de personnes nécessitant une aide alimentaire. “Les résultats de cette étude sont réellement tragiques”, a dit Vicki Escarra, directrice de Feeding America. “Nous devons trouver un moyen de nourrir les gens au pays de l’abondance.”
Les Etats-Unis sont le premier exportateur de maïs et de soja, ainsi que l’un des principaux exportateurs de bœuf.

Escarra s’inquiète particulièrement des effets de la faim sur les enfants, soulignant qu’elle affecte à la fois leur santé et leur potentiel de réussite scolaire.
Bien que l’économie américaine ait renoué avec la croissance au second semestre 2009 après quasiment deux années de récession, le taux de chômage reste élevé (10%). En septembre, Feeding America avait fait savoir qu’il jouait un rôle central dans l’augmentation de l’aide alimentaire d’urgence.
“C’est un véritable défi pour l’Amérique. La faim est devenue presque épidémique dans le pays”, a déclaré Dennis Smith, directeur de la Northern Illinois Food Bank.
Sont particulièrement touchés les foyers monoparentaux, les Noirs et les Hispaniques.

Bien que les Américains noirs et les Hispaniques représentent chacun environ 15% de la population, les Noirs américains représentent 34% de ceux qui comptent sur l’aide alimentaire et les Hispaniques 21%.
Pour beaucoup d’Américains, il n’y a qu’un pas, rapidement franchi, entre la perte d’un emploi et l’angoisse de ne pouvoir nourrir ses enfants.
Le président Barack Obama souhaite que l’on règle le problème de la faim chez les enfants d’ici à 2015. L’an dernier, il a soutenu une augmentation annuelle d’un milliard de dollars des fonds consacrés aux repas scolaires et à d’autres programmes de nutrition pour les enfants.

Pourtant, aux aux Etats-Unis, la nourriture règne en abondance, à tel point qu’une étude récente de l’université d’Arizona a montré qu’un foyer américain gâche en moyenne 14% de ses achats alimentaires.
Dans ce pays, obésité et pauvreté vont même de pair et sont les deux faces d’un même problème, l’alimentation à hautes calories étant moins chère que les produits sains. Les Etats-Unis sont les champions du monde de l’obésité avec deux personnes sur trois en surpoids et un sur trois obèse.


3- Barack Obama présente un budget de 3.830 milliards de dollars pour 2011, avec des déficits record

Barack Obama a envoyé lundi au Congrès un projet de budget 2011 s’élevant à 3.830 milliards de dollars, qui donne la priorité à la lutte contre le chômage. Sans empêcher un nouveau déficit record, le texte prévoit aussi d’augmenter les impôts pour les plus riches et gèle nombre de dépenses gouvernementales.

L’année dernière, le déficit avait atteint 1.410 milliards de dollars.
Il devrait atteindre cette année un niveau record de 1.560 milliards de dollars (10,6% du PIB).
Le projet de budget 2011 prévoit une diminution, à 1.267 milliards de dollars (8,3% du PIB).
Pour y arriver, le président américain a proposé d’instaurer un gel des dépenses pendant trois ans sur nombre de programmes gouvernementaux, en dehors de la défense et de la sécurité nationale, tout en augmentant les impôts pour les producteurs d’énergie et les foyers gagnant plus de 250.000 dollars.

Barack Obama a attribué cet énorme déficit aux décisions prises par son prédécesseur, George W. Bush, à celles du précédent Congrès et aux mesures prises par son administration pour empêcher un effondrement de l’économie.
“Il est très important de comprendre que nous ne pourrons pas réduire ce déficit en une nuit, étant donné que la reprise est encore en cours et que des familles dans le pays ont toujours besoin d’aide”.

Parmi l’arrêt de certains programmes gouvernementaux, il faut noter la décision hautement symbolique de renoncer à renvoyer des hommes sur la Lune. Cette décision sera peut-être l’une des plus difficiles à faire voter au Congrès. “Nous sommes en guerre, notre économie a perdu sept millions d’emplois ces deux dernières années, et notre Etat est gravement endetté”, a déclaré M. Obama lundi matin.
Après la longue bataille sur la réforme du système de santé qui a dominé sa première année au pouvoir et entraîné une série de défaites électorales démocrates, l’administration Obama espère que son nouveau budget convaincra les Américains que le président se concentre désormais sur la relance de l’économie.

Les républicains se sont plaints de la proposition d’augmenter les impôts et estimé que les énormes déficits prévus montrent que le président n’a pas réussi à contrôler les dépenses gouvernementales.
Le sénateur républicain Judd Gregg a ainsi estimé qu’après “un an de pouvoir (des démocrates) qui nous a mis sur la voie d’un doublement de la dette en 2013, le président devrait avoir un plan plus ferme pour contrer la crise budgétaire, car ce budget ne résoudra rien”.
Au contraire, Obama maintient sa promesse de diviser le déficit de l’Etat fédéral par deux entre 2010 et 2013 et table pour cela sur une croissance forte, à 2,7% en 2010, 3,8% en 2011 et plus de 4% en 2012 et 2013.

Et des responsables de l’administration soulignent qu’il a hérité d’un déficit dépassant déjà 1.000 milliards de dollars quand il est arrivé au pouvoir et qu’étant donné la gravité de la crise, le président doit dépenser des milliards de dollars pour stabiliser le système financier et stimuler la croissance.
Une grande partie de l’augmentation des dépenses, ces deux dernières années, a été liée au coût du plan de relance de l’économie de 787 milliards de dollars sur trois ans que le Congrès a voté en février 2009 pour gérer la plus grave crise économique survenue depuis la Grande dépression en 1929.
L’exercice 2011 doit marquer la fin de ce plan de relance.

La hausse des déficits n’est pas seulement due à l’accroissement des dépenses, mais aussi à la forte baisse des revenus fiscaux, du fait notamment que 7,2 millions de personnes ont perdu leur emploi depuis le début de la récession.
Avec le retour de la croissance, l’exécutif table au contraire sur une augmentation de 19% des recettes fiscales en 2011, à 2.567 milliards de dollars.

Barack Obama insiste sur l’importance de réduire la dette. Il a cité le retour des règles du “pay-as-you-go”, visant à ce que toute dépense ou réduction d’impôts soit compensée par d’autres économies ou hausses fiscales. Ces règles en vigueur dans les années 90 avaient été supprimées par le Congrès.
“Rétablir cette loi nous aidera à nous remettre sur les rails, en veillant à ce que chaque fois que nous dépensons, nous trouvions un autre endroit où économiser”, a-t-il dit.
Le Sénat a voté le rétablissement de ces règles fin janvier alors que la Chambre des Représentants doit encore se pencher sur ces mesures.


4- Les jeunes sont les plus affectés par le chômage

Bien que l’économie américaine ait renoué avec la croissance au second semestre 2009 après quasiment deux années de récession, le taux de chômage reste élevé : il a franchi en octobre la barre des 10% pour la première fois depuis 1983. Le chômage aux Etats-Unis a plus que doublé en moins de deux ans, pour atteindre 10,2%. L’économie US a perdu sept millions d’emplois ces deux dernières années.
Cela en raison de la déroute financière et bancaire de l’automne 2008 et de la crise économique qui s’en est suivie. Selon Obama, sans l’injection massive de 787 milliards de $ destinés à soutenir l’économie, les USA auraient sans doute connu une perte d’emplois supplémentaire d’au moins 1,5 million.

Les jeunes Américains paient un tribut particulièrement élevé.
Les plus jeunes ont beaucoup plus de mal à trouver un travail depuis le début de la récession fin 2007, et c’est pour les jeunes Noirs et les jeunes de familles à faibles revenus que la situation est la plus difficile, écrit Andrew Sum, de l’université du Nord-Est à Boston, dans une étude commandée par la Chicago Urban League et le réseau des écoles alternatives.

“Les jeunes à faibles revenus et issus de minorités, qui dépendaient d’emplois à temps partiel pour trouver un vrai travail ensuite, ont dû quitter le marché du travail et sont économiquement marginalisés”, déclare Harman Brewer, de la Chicago Urban League.
Un Noir sur cinq de 20 à 24 ans n’est ni à l’école ni employé.

Au total, 26% des Américains de 16 à 19 ans avaient un travail à la fin 2009. Il s’agit, selon les auteurs, d’un record à la baisse depuis que les statistiques ont commencé à être archivées, en 1948.
Dans l’Illinois, par exemple, seuls 13% des Noirs de familles pauvres, âgés de 16 à 19 ans, occupaient un emploi en 2008, contre 48% de Blancs, non hispaniques.
Et dans cet Etat-là, 28% des Américains de 20 à 24 ans n’étaient ni dans une école ni au travail l’an dernier, contre 17% en 2007.


5- Obama donne la priorité à l’emploi

Lors de la présentation lundi du budget pour l’exercice 2011, la priorité annoncée est la lutte contre le chômage. “L’une des choses sur lesquelles nous nous concentrons, c’est de stimuler la création d’emplois”, a affirmé le responsable du budget de M. Obama, Peter Orszag.
“Le budget prévoit 100 milliards de dollars pour des investissements immédiats créant des emplois, dans des réductions d’impôts pour les petites et moyennes entreprises, l’infrastructure, et l’énergie verte”, a précisé la Maison Blanche.

M. Obama veut aussi doubler les exportations d’ici cinq ans et créer ainsi deux millions d’emplois.
Il veut mettre en place des aides à destination des agriculteurs et des petites entreprises pour augmenter leurs ventes sur les marchés étrangers.
Il a proposé de mettre à contribution les banques, sauvées du naufrage par le coûteux plan de sauvetage financé par les Américains, en consacrant 30 milliards de dollars “remboursés par Wall Street” au financement des petites et moyennes entreprises.

Il a également promis de réformer les procédures d’export et d’ouvrir de nouveaux marchés aux Américains. Parallèlement, il poursuivra ses efforts en vue d’un accord commercial international et pour améliorer les échanges avec des pays comme la Corée du Sud, Panama et la Colombie.
La Maison Blanche prévoit néanmoins une décrue assez lente du chômage. En 2010, il se maintiendrait à 10% en moyenne, 9,2% en 2011, 8,2% en 2012 et 7,3% en 2013.
Le chef de la Maison Blanche a demandé au Congrès de ne pas traîner pour ne pas ralentir l’aide aux millions de personnes qui ont perdu leur travail dans la pire récession qu’aient connue les Etats-Unis depuis les années 1930.

Obama a également annoncé des mesures pour les classes moyennes : majoration d’un crédit d’impôt pour les familles avec enfants à charge gagnant moins de 115.000 dollars par an, avec notamment le doublement de cette ristourne fiscale pour les familles gagnant moins de 85.000 dollars.
Ses mesures prônent aussi un programme pour limiter le montant des remboursements de certains prêts étudiants ; l’extension de crédits d’impôt visant à encourager l’épargne-retraite ; ou encore une aide accrue pour les familles s’occupant de parents âgés.

Le président américain a souligné que la création d’emplois et la baisse du chômage était “la chose la plus importante que nous pouvons faire pour reconstruire la classe moyenne”.
La Maison Blanche a précisé que les nouvelles mesures visaient la “génération sandwich” qui peine aujourd’hui à s’occuper à la fois de leurs enfants et de leurs aînés. Les nouvelles mesures prévoient le déblocage de 100 millions de dollars pour aider les familles prenant soin de parents âgés.


6- Des signaux positifs

a- La reprise se dessine

L’économie américaine a renoué avec la croissance au second semestre 2009 après quasiment deux années de récession.
D’après les chiffres annoncés fin janvier, l’économie américaine a connu une croissance de 5,7% en rythme annuel au dernier trimestre de 2009, le deuxième trimestre consécutif de hausse du PIB, et le plus fort taux de croissance en plus de six ans.

C’est “un signe de progrès”, s’est félicité le président américain dans son allocution hebdomadaire à la radio et sur Internet.
Lors de sa présentation lundi du budget pour l’exercice 2011, M. Obama maintient sa promesse de diviser le déficit de l’Etat fédéral par deux entre 2010 et 2013 et table pour cela sur une croissance forte, à 2,7% en 2010, 3,8% en 2011 et plus de 4% en 2012 et 2013.

b- Le bénévolat se porte bien
Malgré la crise économique et les difficultés financières, le bénévolat continue à bien se porter aux Etats-Unis. En 2008, près de 62 millions d’Américains ont consacré une partie de leur temps libre à des actions bénévoles, soit un million de plus que l’année précédente, selon une étude publiée fin juillet.

Quelque 61,8 millions d’Américains ont passé au total 8,1 milliards d’heures l’an dernier à un service de bénévolat, principalement pour lever des fonds, pour collecter et distribuer de la nourriture ou encore pour donner des cours et faire du tutorat, a précisé la Corporation for National and Community Service, une association gouvernementale, dans son étude. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis 2005.
C’est la Californie qui arrive en tête des Etats les plus solidaires avec environ 7,1 millions de bénévoles en 2008.


7- Obama a annoncé des mesures pour limiter la taille des banques

Le président a annoncé le 21 janvier des mesures pour limiter la taille et le domaine d’activité des institutions financières américaines afin d’encadrer la prise de risques et les excès de ce secteur, une annonce qui a immédiatement fait plonger la Bourse de New York.

Ce plan, qui s’ajoute à de précédentes initiatives de la Maison Blanche pour mettre une bride à Wall Street, doit encore recevoir l’onction du Congrès. S’il est entériné, il forcerait les banques à choisir la nature de leur activité, les empêchant entre autres d’utiliser les liquidités de leurs clients pour acheter certains instruments financiers, notamment liés au marché immobilier.
“Bien que le système financier soit bien plus sain aujourd’hui qu’il n’était il y a un an, il fonctionne exactement selon les mêmes règles qui l’ont mené au bord de l’effondrement”, a déclaré le président américain.

“Ma détermination de réformer le système n’est que plus forte quand je vois le retour aux vieilles méthodes”, a-t-il ajouté, estimant que “c’est exactement ce genre d’irresponsabilité qui rend cette réforme nécessaire”.
Forcer les banques à séparer leurs activités reviendrait à réinstaurer des règles mises en place après la Grande Dépression des années 1930, mais qui avaient été progressivement effacées de l’arsenal législatif américain par des années de dérégulation financière.

Le souhait exprimé par M. Obama est le dernier épisode en date de son offensive contre les grandes banques, qu’il accuse d’avoir mis l’économie américaine à genoux avec leurs pratiques à risque.
Le président avait déjà annoncé le 14 janvier un projet de taxation d’une cinquantaine de grandes banques, destiné à permettre de récupérer les fonds publics dépensés dans le cadre du plan de stabilisation du système financier.

Cette “taxe sur la responsabilité de la crise financière”, censée s’appliquer pendant dix ans ou aussi longtemps que nécessaire pour un remboursement intégral de l’argent public engagé, doit permettre de récupérer jusqu’à 117 milliards de dollars, somme qui correspond au montant maximal des pertes envisagées par le Trésor sur le plan de sauvetage.
Cette taxe doit être approuvée par le Congrès, mais les républicains ont déjà fait connaître leur opposition, tout comme les banques.

Le président américain a reconnu que la plupart des banques ont remboursé l’argent qu’elles avaient emprunté et s’est félicité de cette “bonne nouvelle”. “Mais, en ce qui me concerne, ce n’est pas suffisant. Nous voulons récupérer l’argent des contribuables jusqu’au dernier centime”, a-t-il lancé.
Malgré les mesures prises par le gouvernement pour les sauver, les banques continuent à verser des bonus indécents.
Selon Obama, “si les grandes firmes financières peuvent se permettre ces bonus massifs, elles peuvent se permettre de rembourser le peuple américain.”
Le président s’en était pris en décembre aux “banquiers gras de Wall Street”.


8- De plus en plus de sans-abris

Les prix des logements aux Etats-Unis demeurent trop élevés pour beaucoup de gens, qui risquent de se retrouver sans abris en raison de leur incapacité à payer leur loyer ou leur prêt immobilier en cette période de crise économique, selon la rapporteuse spéciale de l’ONU sur le logement convenable, Raquel Rolnik, à l’issue d’une visite officielle effectuée en novembre.

« Des millions de gens au Etats-Unis dépensent un grand pourcentage de leurs revenus pour payer leurs loyers et prêt immobilier, sont confrontés à des expulsions, et vivent dans des conditions au-dessous des niveaux requis ». « Le nombre de sans abris ne cesse d’augmenter ».
Le nombre des familles sans-abri augmente en raison de la récession et de la pénurie de logements à loyer modéré.

Au cours du premier semestre 2009, le nombre de foyers américains sur le point de perdre leur maison a augmenté de 15%, car davantage de gens ont perdu leur emploi, et était dans l’incapacité de rembourser leur emprunt.
Les procédures de saisies ont affecté plus de 1,5 million de logements au cours des six premiers mois par rapport à la même période 2008, selon le cabinet spécialisé RealtyTrac.
Beaucoup de villes bénéficient de fonds supplémentaires pour lutter contre le problème des sans-abri au titre du plan de relance américain.

Mme Rolnik s’est dite heureuse que la nouvelle administration américaine de Barack Obama réfléchisse de façon critique aux solutions nécessaires pour faire face à la crise et renverser une décennie de coupures budgétaires.
Elle a exhorté le gouvernement à offrir une gamme d’options permanentes pour loger les plus vulnérables en temps de crise.


9- Agressions, bagarres et vidéos : le calvaire des SDF

Un sordide cocktail de violences et de vidéos fait des ravages aux Etats-Unis aux dépens des sans domicile fixe, qui font l’objet d’expéditions punitives parfois mortelles, de bagarres organisées et de mises en scène d’actes humiliants.

En 2008, 106 SDF ont été agressés gratuitement, dont 27 en sont morts, soit le chiffre le plus élevé depuis 2001, selon un rapport publié fin août par la National Coalition for the Homeless (NCH).
Selon une autre association d’aide, la National Alliance to End Homelessness, près de 700.000 personnes dorment chaque nuit dans la rue ou en foyer aux Etats-Unis. Sur un an, on dénombre entre 2,5 et 3,5 millions de personnes qui ont subi ce sort au moins une fois.

“Les SDF sont devenus une nouvelle minorité qu’il est toléré de haïr. Si cela arrivait à une autre minorité, il y aurait une protestation organisée”, s’indigne Michael Stoops, directeur du NCH.
Sur le web, les vidéos dites de “bum fights” (combats de clochards) où l’on “casse” du SDF pour “s’amuser” ou pour “le frisson”, disent les auteurs, font florès.

En juillet, on comptait sur YouTube près de 86.000 vidéos dégradantes sur des clochards, soit 15.000 de plus qu’un an plus tôt, selon un décompte du NCH. Pas moins de 5.700 vidéos –1.400 de plus qu’en avril 2008– évoquaient spécifiquement les “combats de clochards” où, pour un pack de bières et quelques dollars, des SDF sont poussés à se battre entre eux pour l’amusement de ceux qui les filment et les regardent sur internet.

En 2001, des vidéos mettant en scène des bagarres ou invitant des SDF à sauter d’un étage dans un conteneur à ordures, ont lancé la tendance. Quelque 6,8 millions de ces vidéos éditées sur DVD ont été vendues depuis.
Certains acceptent de se prêter à des humiliations parce qu'”ils sont alcooliques, psychologiquement perturbés et qu’ils n’ont pas d’argent”, explique Michael Stoops. “Et on leur donne 5 dollars ou un pack de bière pour être poussés dans un chariot de supermarché” comme dans une auto-tamponneuse, ajoute-t-il.

“C’est comme les combats de chiens, sauf que c’est avec des hommes”, résume Andrew Davis, un ancien SDF de 44 ans, interrogé dans un parc de Washington où une cinquantaine d’entre eux attendent la soupe populaire. Sur les 2.859 SDF officiellement comptabilisés dans la capitale, un tiers affirment avoir été victimes de violences.
“Dans une allée, certains payent les gars avec du crack, de l’héroïne, de l’herbe ou de l’alcool. Ils les paient pour se battre et ils parient sur la bagarre. Ils filment ça avec leur téléphone et le mettent sur YouTube”, explique Andrew.

Dans la capitale, près du fameux hôtel Watergate, un clochard de 61 ans est décédé de coups de machettes à la tête la nuit de Noël 2008. Une récompense de 25.000 dollars est offerte pour son assassin. En avril 2008, à Glen Burnie, une ville de banlieue près de Washington, un SDF a été tué avec une batte de baseball par un jeune de 16 ans.
“Ceux qui font cela sont à 95% des hommes, souvent en dessous de 25 ans (73%), ils viennent de toutes les classes sociales et sont Blancs à 85%”, affirme Michael Stoops.

Devant l’augmentation des violences, certains Etats, comme le Maryland (est) ou le Maine (nord-est), intègrent désormais les agressions contre des SDF dans leurs lois contre les crimes racistes ou discriminatoires. Washington, la Californie (ouest) et la Floride, l’Etat qui a connu le plus de violences avec une trentaine d’agressions de SDF, comptent faire de même.


10- Un enfant américain sur 50 est sans abri

Un enfant américain sur 50 est un sans abri, selon un rapport publié en mars par le Centre national de recherche sur les familles sans abri, qui pointe l’incapacité de la plupart des Etats à lutter contre un phénomène que la crise économique aggrave et qui reste négligé.
Selon les estimations fournies par l’analyse des données de l’année 2005-2006, 1,5 million d’enfants ont vécu sans abri au moins une fois cette année-là, une situation aggravée par les pertes d’emploi et les saisies immobilières.

Selon le document, les enfants sans abri souffrent plus volontiers de la faim que les autres enfants, ont plus de problèmes de santé chronique, redoublent plus souvent à l’école quand ils n’en sont pas exclus. Il fait apparaître les dégâts à long terme résultant de la perturbation des liens d’amitié, des soins et de la routine familiale.

Face à ces “exclus de l’Amérique”, le rapport propose 19 recommandations pour l’action gouvernementale, notamment l’augmentation des crédits fédéraux alloués aux familles à faible revenu, une aide aux locataires et aux propriétaires en difficulté, et l’investissement dans les soins pour les enfants sans abri. Il conseille vivement aux Etats de loger directement les familles sans abri dans des logements fixes, plutôt que dans des motels.

La fin d’une vie de sans abri pour tous les enfants, d’ici une décennie, est possible en dépit de la récession, souligne le rapport. “Si nous échouons, on en verra les conséquences pendant des années, une génération d’enfants sacrifiés devenus des adultes”, avertit le rapport.
La Louisiane arrive en tête de liste du nombre d’enfants sans abri par habitant, conséquence du cyclone Katrina, suivie du Texas et de la Californie.


11- Bien-être des enfants : les Etats-Unis mauvais élève de l’OCDE

Les Etats-Unis sont l’un des plus mauvais élève du monde industrialisé en matière de mortalité infantile, de grossesses précoces et de pauvreté des enfants, montre une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiée début septembre.
Le rapport, intitulé “Assurer le bien-être des enfants”, appelle les Etats à “accroître leurs dépenses au titre des enfants de moins de six ans afin de réduire les inégalités sociales et de permettre à tous, en particulier les plus fragiles, d’être plus heureux”.
Il s’agit du premier rapport de l’OCDE sur le bien-être des enfants dans ses 30 pays membres.

Dans ce document, l’OCDE exhorte notamment les Etats-Unis à dépenser davantage pour ses jeunes enfants afin d’améliorer leur santé et leurs performances scolaires. Les Etats-Unis dépensent en moyenne 140.000 dollars pour chaque enfant, soit bien au-dessus de la moyenne dans l’ensemble de l’OCDE, qui est de 125.000 dollars. Mais ces fonds bénéficient principalement à des enfants plus âgés, ayant entre 12 et 17 ans, précise l’étude.

Les dépenses américaines pour les enfants de moins de six ans s’élève en moyenne à seulement 20.000 dollars par enfant, alors que la moyenne pour l’ensemble de l’OCDE est de 30.000 dollars.
Les Etats-Unis présentent un des taux de mortalité infantile les plus élevés de l’OCDE : seuls le Mexique, la Turquie et la Slovaquie font moins bien. Les jeunes Américains de 15 ans figurent également dans le peloton de queue en matière de résultats scolaires.

Par ailleurs, le taux de pauvreté des enfants aux Etats-Unis est quasiment le double de la moyenne de l’OCDE : 21,6% contre 12,4%. Et le taux de grossesse chez les adolescentes américaines est trois fois supérieur à la moyenne de l’OCDE, seul le Mexique affichant un taux supérieur parmi les pays de l’organisation.
“Un investissement plus équilibré des dépenses entre le stade de la petite enfance (…) et celui de la grande enfance ou de l’adolescence (…) contribuerait à l’amélioration à long terme de la santé, du niveau d’éducation et du bien-être des enfants”, souligne le rapport.


12- L’éducation en piteux état

Barack Obama va consacrer 1,35 milliard de dollars dans le cadre du budget 2011 à un vaste programme de réforme dans l’éducation.
Ces fonds, destinés à contrer le déclin du niveau scolaire constaté dans les écoles publiques, font partie des 4,35 milliards de dollars du programme d’incitation “Race to the top” (“La Course au sommet”), qui récompense les Etats affichant de bons résultats en matière d’éducation.

Bill Gates, l’homme le plus riche du monde, soutient à coups de millions de dollars la réforme scolaire d’Obama.
La Bill & Melinda Gates Foundation de l’ex-patron de Microsoft et de son épouse était déjà de loin le principal argentier privé de ce programme, en distribuant quelque 200 millions de dollars annuels de bourses à l’éducation primaire et secondaire. Elle a franchi en octobre un nouveau pas en pesant directement sur la ventilation du budget fédéral sans précédent qu’a obtenu le président Obama pour réhabiliter l’école publique.

La réforme du système scolaire d’Obama prévoit entre autres de payer les enseignants en fonction des résultats des élèves, de standardiser l’évaluation du niveau des élèves, et de développer l’autonomie des établissements publics sur le modèle des “charter schools” sous contrat avec l’Etat.
Le projet “Race to the Top” se heurte cependant à de fortes résistances.
Les grands syndicats enseignants critiquent notamment le principe du salaire au mérite, l’évaluation de la réussite des élèves à la seule aune d’examens standardisés, et l’engouement pour les “charter schools”.

Bill Gates se défend d’être le partenaire du programme gouvernemental. “L’échec du système éducatif américain n’est pas un secret. Nous faisons toutes sortes d’expériences, et Race To The Top va en faire beaucoup d’autres aussi. Ce n’est pas une opération commune”.
Initialement, affirme la responsable de l’éducation à la Fondation, Vicki Phillips, les bourses ont été proposées aux Etats et académies déjà partenaires de la fondation et qui partageaient ses objectifs, lesquels se trouvent avoir beaucoup en commun avec ceux du gouvernement Obama.

Les arguments de la Fondation Gates peuvent être d’autant plus convaincants que la récession étrangle les budgets des Etats régionaux et des municipalités, dans lesquels l’éducation est le plus gros poste (environ 35% du total). Nombre d’entre eux n’ont même plus les moyens de payer suffisamment d’enseignants ou de remplir les conditions nécessaires à la demande de bourse fédérale pour appliquer la réforme.


13- La réforme de l’assurance maladie en
su
spend
Les démocrates ont perdu le 19 janvier leur majorité qualifiée au Sénat à l’occasion d’une élection partielle, mettant en doute l’avenir de la réforme de l’assurance maladie, mais M. Obama a promis de ne pas abandonner cette promesse emblématique de sa campagne de 2008.
Après six mois de débat politique tendu sur ce chantier qu’il avait placé en tête des objectifs de sa première année de mandat, ce n’est cependant désormais plus sa priorité. Elle est reléguée derrière la relance de l’emploi et de l’économie.

Beaucoup de démocrates doutent désormais de l’adoption rapide de la réforme de l’assurance-maladie la plus ambitieuse des Etats-Unis depuis 45 ans, en raison de la perte de la majorité qualifiée au Sénat.
La Chambre des représentants et le Sénat ont chacun adopté leur propre version de la réforme. Les deux textes doivent être fondus en un seul, puis les élus doivent le voter.
Le texte prévoit notamment d’offrir une couverture-maladie à près de 40 millions d’Américains qui en sont privés, en général parce que leur employeur ne le leur propose pas ou parce qu’ils se trouvent au chômage et sont trop pauvres pour se la payer.

Les Etats-Unis sont le seul pays développé qui ne dispose pas d’assurance-maladie nationale pour tous, laissant ainsi quelque 47 millions d’Américains sans aucune couverture maladie, soit 15% de la population. De plus, le nombre de personnes dépourvues de couverture médicale est passé de 45,7 millions en 2007 à 46,3 millions en 2008. De nombreux Américains renoncent donc à se soigner.
Le système de santé actuel est par ailleurs en piteux état, et les patients en ayant les moyens ne se font pas toujours bien soigner.

Le pays manque notamment de médecins généralistes, moins bien payés que les spécialistes.
Dans le cadre de sa réforme, Barack Obama a insisté sur le besoin de “revaloriser le profil des médecins de famille et celui des infirmières, par opposition aux médecins spécialistes qui, généralement, vont gagner davantage”. Le président a ajouté que l’augmentation du nombre d’Américains assurés nécessiterait une hausse du nombre des médecins généralistes.

De plus, les dépenses de santé sont beaucoup plus élevées que dans d’autres pays développés alors que les Etats-Unis sont en retard en matière d’espérance de vie, de mortalité infantile et de décès évitables.
Le gouvernement américain fournit une assurance-santé publique uniquement aux familles pauvres via le programme Medicaid et aux personnes âgées via le Medicare. Mais la plupart des Américains se tournent vers des assureurs privés, habituellement par l’intermédiaire des employeurs, pour être couverts.

Le texte instaure pour la première fois le principe d’une couverture santé obligatoire pour presque tous les Américains : chacun serait contraint de s’assurer, à moins de payer des amendes, mais le gouvernement subventionnerait les plus faibles.
Et le système existant pour les plus âgés, Medicare, serait ouvert aux personnes non assurées atteignant 55 ans.
Les entreprises seraient de leur côté incitées à fournir une couverture médicale à leurs employés par un mélange de crédits d’impôts et de sanctions.

La réforme, évaluée à près de 1.000 milliards de dollars sur dix ans, serait financée par des taxes, des cotisations et des coupes dans le programme Medicare.
Le texte aiderait aussi à mettre fin à des pratiques très critiquées des assureurs américains, comme le fait de refuser de couvrir un client en raison d’une maladie préexistante.


14- Les diabétiques américains malades de la crise

La crise financière et le chômage contraignent bien des Américains à rationner leurs dépenses de santé. Ainsi les diabétiques réduisent-ils le nombre de visites médicales, la fréquence de leurs analyses de sang et l’achat de médicaments, selon une analyse de l’Associated Press.
Les médecins ont constaté que leurs patients les consultaient moins souvent, quand ils viennent encore. Et s’ils demandent plus fréquemment une aide financière, voire une prise en charge totale, ils finissent aussi plus souvent aux urgences, d’après des patients et médecins interrogés.

Les ventes de médicaments les plus populaires et d’autres destinés à traiter et surveiller la maladie ont diminué depuis l’accélération de la crise économique à l’automne dernier, selon l’AP. Les chiffres montrent aussi que certains patients préfèrent l’injection d’insuline aux pilules, plus onéreuses, selon Brian Lasky, de la société IMS Health. “En décembre, les gens prenaient leurs décisions en termes de ‘dois-je suivre cette prescription (…) ou faire des cadeaux de Noël à mes enfants?”, dit-il.

Et pendant ce temps, le nombre de diabétiques ne cesse de grossir: 1,6 million d’Américains supplémentaires ont été diagnostiqués ne serait-ce qu’en 2007.
Des personnes présentant d’autres problèmes de santé se restreignent aussi, mais les diabétiques qui ne se surveillent pas de près s’exposent à des complications particulièrement graves: amputation, cécité, accident vasculaire cérébral, voire la mort.

La facture moyenne du traitement d’un diabétique s’élève de 350 à 900 dollars pour ceux qui ne possèdent pas d’assurance santé, et l’addition a augmenté avec l’arrivée de nouveaux traitements plus coûteux. Les soins d’urgence et une courte hospitalisation peuvent atteindre 10.000 dollars. Les complications à long terme peuvent coûter encore plus cher.

A Indianapolis, Eileen Collins, 48 ans, a essayé d’économiser sur les médicaments quand son mari a perdu son emploi et, de ce fait, son assurance. Faute d’argent pour son insuline, ses examens sanguins et ses médicaments, elle a demandé des échantillons gratuits et a pu obtenir quelques autres médicaments dans le cadre de programmes de génériques à 4 dollars par mois. Mais elle a cessé de prendre la plus grande partie de ses médicaments et a divisé ses doses d’insuline par deux pour faire durer son budget.

“Je ne pensais vraiment pas mettre ma vie en danger”, explique Eileen Collins. “Je pensais que si je faisais simplement attention à ce que je mangeais (…), ça irait”. Résultat: fin novembre, elle vomissait du sang et a dû se précipiter à l’hôpital.
Les médecins ont diagnostiqué une malnutrition, une anémie et une acido-cétose diabétique, un syndrome potentiellement mortel dû à un manque d’insuline et à un taux beaucoup trop élevé de sucre dans le sang. Elle a passé une semaine à l’hôpital.
Son histoire est loin d’être isolée.

Le Dr Steven Edelkman, de l’Université de Californie à San Diego, qui travaille pour une clinique entièrement subventionnée, a vu le flux de patients augmenter de 30% ces six derniers mois. “Un tiers, voire la moitié de ces gens ne prennent plus du tout leurs médicaments”, affirme le Dr Edelman, qui a créé l’association de sensibilisation “Contrôler son diabète”.
Le diabète se déclare lorsque le corps ne fabrique plus assez d’insuline ou ne l’utilise pas de façon efficace. La maladie peut être contrôlée par la surveillance du taux de sucre dans le sang (glycémie), un exercice physique régulier, un régime approprié, des médicaments, un bilan régulier.

Un diabète mal contrôlé peut entraîner de la fatigue, des troubles de la vision, une envie fréquente d’uriner, une gingivite, des infections et des lésions impossibles à soigner, des lésions des reins, du foie, du coeur et des yeux.
Aux Etats-Unis, les ventes de médicaments et de glycotests, notamment, diminuent alors même que le nombre de cas de diabète augmente, parallèlement à l’obésité. Selon l’Association américaine du diabète, plus de 24 millions d’Américains souffrent de diabète.

Aider les diabétiques à suivre leur traitement est une entreprise difficile que la crise n’a fait qu’aggraver, comme en témoigne l’histoire d’April Bumpus, 31 ans, en Géorgie.
Alors qu’elle se trouvait en convalescence après une intervention chirurgicale au printemps 2008, la jeune femme a perdu son emploi de représentante médicale et son assurance santé. En septembre, elle a dû échanger ses deux injections d’insuline qui contrôlaient parfaitement son diabète, contre une insuline plus ancienne et moins chère, à 100 dollars au lieu de 360.


15- Bientôt les élections de la mi-mandat, menace sur la démocratie

Le président américain a visiblement entendu le message des élus démocrates qui souhaitaient un recentrage des priorités sur la baisse du chômage alors qu’approchent les élections de mi-mandat, en novembre, sur fond de grogne des électeurs.
“Il s’est efforcé de signaler qu’il ne renonçait pas, mais ce n’est pas sur la santé qu’il veut être jugé en 2010”, estime Bob Blendon, un spécialiste des questions de santé à l’Université d’Harvard. “Cela ne mobilisera pas l’attention comme l’année dernière.”

Le 20 janvier 2009, le démocrate Barack Obama était officiellement investi à la présidence des Etats-Unis. Un an après, le chef de la Maison Blanche, dont l’élection historique avait soulevé un immense espoir, n’est plus soutenu que par la moitié des Américains, et la déception a même gagné les rangs de ceux qui croyaient le plus en lui.

En novembre seront renouvelés l’ensemble de la Chambre et un tiers du Sénat.
Mais un problème se fait jour, car en janvier la Cour suprême a levé les limites au financement des campagnes électorales par les entreprises. Non seulement cela favorise habituellement les Républicains, traditionnellement soutenus par les grandes entreprises, mais cette mesure va aussi à l’encontre de la démocratie, car elle favorise le pouvoir des lobbys.

Barack Obama a estimé que l’arrêt de la Cour risquait de compromettre des changements cruciaux pour la société, comme les réformes financières, la suppression de niches fiscales, l’indépendance énergétique et la protection contre les abus des assureurs. Je ne peux “penser à rien de plus dévastateur pour l’intérêt public” que d’ouvrir ainsi les vannes au lobbyisme industriel, a-t-il dit.
“Nous n’avons pas besoin de donner encore plus de voix aux puissants intérêts qui ont déjà noyé les voix des Américains ordinaires. Et nous n’avons pas l’intention de le faire”, a-t-il prévenu.

Des sociétés étrangères pourraient même “rentrer dans le jeu” politique américain.
“Cela rendra encore plus difficile la possibilité d’adopter des lois de bon sens pour promouvoir l’indépendance énergétique, car des entités étrangères pourraient être autorisées à se mêler de nos élections”, a-t-il dit.
Une telle décision nuira aussi à l’adoption de réformes de la réglementation des marchés financiers et donnera aux compagnies d’assurance spécialisées dans la santé “un levier encore plus grand pour écarter des réformes qui protégeraient les patients”, a ajouté le président américain.

Sources : AP, Reuters, AFP, ONU

1 comment to Les Etats-Unis s’enfoncent dans la pauvreté

  • nathalie

    Votre article sur les USA est passionnant. Il aurait été intéressant de développer ce sujet en mettant en exergue la situation économique de certains états.
    Une fidèle lectrice

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