Mexique : contre les cartels de la drogue, l’ONU devrait envoyer les Casques bleus !

 

AUDIO – 24 avril 2018

 

 

ARTICLE – 24 avril 2018

Encore une atrocité au Mexique : 3 étudiants qui étaient portés disparus ont été tués le mois dernier, avant que leurs corps ne soient dissous dans de l’acide.

En fait, les criminels les avaient confondus avec des membres d’une bande rivale.

Ces pauvres étudiants ont été torturés et tués.

Deux personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête, toujours en cours.

 

Les groupes criminels mexicains procèdent régulièrement à des enlèvements. La liste des horreurs est longue : extorsions, rackets, tortures, recrutements forcés, assassinats…

Les corps disparaissent ensuite dans de l’acide, dans des charniers, ou bien ils sont brûlés.

Si témoins il y a, ils disparaissent souvent, afin d’empêcher les enquêtes.

Ainsi, l’impunité règne.

 

Le Mexique a enregistré plus de 7.000 assassinats au premier trimestre de cette année.

Soit une augmentation de presque 20% sur la même période de 2017.

Avec 25.000 meurtres, 2017 fut pourtant l’année la plus violente en 20 ans, selon les chiffres officiels publiés dimanche.

 

Face à la montée en puissance des narcotrafiquants, le président mexicain déclara en 2006 la guerre à la drogue. Il déploya l’armée dans les endroits les plus dangereux.

Ce fut efficace à court terme, mais sur la durée, les groupes criminels se scindèrent et se multiplièrent.

Ainsi, cette offensive militaire a provoqué une vague de violence sans précédent : depuis 2006, on totalise plus de 200 000 homicides et 30 000 disparitions.

Mais des ONG pensent que le vrai bilan est bien supérieur à ces données officielles.

 

Les  cartels de la drogue contrôlent désormais tout le pays.

La population civile subit de plein fouet la guerre que se livrent les narcotrafiquants pour contrôler les champs de pavot et les routes du trafic.

Ils attaquent des villages, et si les habitants ne parviennent pas à s’enfuir, ils doivent travailler pour les cartels. S’ils refusent, la répression s’abat sur eux.

 

Du coup, de nombreux villageois s’organisent en milices armées pour se défendre, car il n’y a plus ni police ni armée sur place.

Et pour financer leurs armes, certains cultivent le pavot à leur tour.

 

La violence liée au trafic de drogue était auparavant cantonnée au nord du Mexique, mais elle a contaminé tout le pays désormais, hormis les zones touristiques.

De toute évidence, l’État est défaillant au Mexique.

Attaques et enlèvements de fonctionnaires, meurtres de policiers et de maires par dizaines depuis 2006.

 

Certains puissants cartels sont de véritables multi nationales qui acheminent des quantités colossales de drogues dures vers les Etats-Unis.

Face à ce désastre, le président américain, Donald Trump, veut construire un mur le long de la frontière avec le Mexique.

Mais le Congrès s’y oppose ; résultat, seul un tiers du mur a été construit depuis l’élection du nouveau président en 2016.

 

Donald Trump a envoyé récemment la Garde nationale patrouiller le long de la frontière afin de lutter contre l’immigration clandestine et le trafic de drogue.

Mais même en supposant la sécurisation complète de la frontière terrestre, cela ne suffirait pas.

Les trafiquants contrôlent de nombreux ports maritimes pour exporter les drogues.

Ils ont aussi une flotte aérienne colossale, et des milliers de pistes d’atterrissages.

En outre, ils corrompent les douaniers de la frontière, utilisent la voie postale ou encore des tunnels.

 

Que fait l’État mexicain ?

Parfois des barons de la drogue sont arrêtés. Mais les têtes sont vite remplacées par d’autres, et les guerres de succession au sein des cartels font naître de nouvelles organisations.

Globalement, la lutte contre les groupes criminels est un échec.

 

Ce n’est pas qu’une question militaire, c’est surtout un problème massif de corruption. De nombreux représentants de l’État préfèrent se ranger du côté des cartels.

Pour quelles raisons ? La corruption, notamment. L’immense richesse des narcotrafiquants permet d’acheter de nombreuses protections.

 

Des fonctionnaires, policiers, militaires, et même des gouverneurs, laissent ainsi les cartels prospérer.

Ces dernières années, plusieurs anciens gouverneurs ont été arrêtés et certains sont actuellement jugés aux Etats-Unis.

Le dernier en date, Eugenio Hernández, a été interpellé en octobre, accusé de blanchir l’argent du crime organisé.

Parmi les 5 témoins, 2 ont été assassinés, un s’est suicidé et un autre a disparu.

 

Cette pression sur les témoins, c’est aussi quelque chose qui favorise l’impunité. Ainsi, les enquêtes sont très difficiles à mener. Chacun craint pour sa survie et celle de ses proches.

D’autant plus que les prisons sont surpeuplées, vétustes, et que les évasions ne sont pas rares.

Les journalistes aussi rencontrent d’immenses difficultés à mener leurs enquêtes.

Les meurtres sont tellement nombreux que de nombreuses rédactions s’autocensurent, pour éviter les représailles.

 

La lutte contre la criminalité a été au centre dimanche du premier débat télévisé pour l’élection présidentielle du 1er juillet.

Le candidat de gauche, Andres Manuel Lopez Obrador, est favori des sondages.

Il propose de lutter contre la pauvreté et contre la corruption qui règne jusqu’au sommet de l’État. Il propose aussi une amnistie à certains délinquants afin de lutter contre le crime organisé.

 

Cette dernière proposition provoque l’indignation de ses rivaux, qui l’accusent de collusion avec les groupes criminels. Selon lui, c’est la pauvreté qui pousse les gens à rejoindre les cartels.

Hormis le président de la République, les électeurs devront aussi renouveler les deux chambres du Congrès ainsi que de nombreux mandats locaux.

D’ores et déjà, les cartels font pression au niveau local afin d’influencer les élections en leur faveur.

 

Elu pour six ans, le prochain président mexicain héritera d’une économie morose, d’un taux d’homicides record et d’une relation délicate avec son principal partenaire commercial, les États-Unis.

Quelque soit le résultat de l’élection, le nouvel homme fort du pays sera de toute façon issu de la politique.

Le candidat de gauche était gouverneur de Mexico au début des années 2000. C’est la 3e fois qu’il se présente à la présidentielle.

 

La guerre contre les cartels est une tâche immense. Les trafiquants organisent la société, et contrôlent le marché du travail.

Ils ont infiltré l’appareil d’État, de l’administration aux renseignements, en passant par la police.

De toute évidence, le pays échappe à l’État central.

Les cartels vont jusqu’à faire fermer des écoles, afin d’avoir le champ libre.

 

De plus, les militaires mexicains sont régulièrement accusés d’exactions, de meurtres, de détention illégale et de tortures à l’encontre de la population civile.

Le nouveau président saura-t-il résister à la pression des cartels et lutter contre l’impunité ?

S’il échoue, il serait temps de faire appel aux Nations Unies.

La situation du Mexique ressemble de plus en plus à celle de certains pays africains où il a été demandé à l’ONU d’intervenir pour protéger la population contre les groupes armés.

 

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Line Llao
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Line Llao

Si le Mexique un peuple condamné au racket, drogue, précarité y entraînant, corruption de ses fonctionariats, la France en prend le chemin, lent cheminement aux morts et morts vivants sous pressions médicales, insoupçonnés. L’addict aux drogues dures, alcools forts de la jeunesse aux seniors, la criminalité en recrudescence causée de ces Opiums des peuples, nourrie de précarité cherchant l’oubli dans les drogues des plus puissantes telles héroïne, Captagon, fixes, acides, snif, portent à une flambée d’oisiveté les masses sociales et étudiantes abruties de surtravail sous-payees, soirées orgiaques affectant jusqu’aux élites et élus.