Reconstruction d’Haïti : il faut repartir de zéro

Haiti 1- Des clefs pour comprendre
Haïti a été frappé le 12 janvier par un violent séisme, de magnitude 7 sur l’échelle de Richter. C’est une catastrophe jamais vue depuis plus de deux siècles. Selon l’institut américain de géophysique, la longue secousse qui s’est produite à seulement 15 km à l’ouest de Port-au-Prince, la capitale, a été ressentie « très fortement par 3 millions d’Haïtiens ».
Alors que la République dominicaine voisine n’a pas été affectée, le tremblement de terre a ravagé une partie d’Haïti. Consulter la carte publiée par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Le séisme a fait 212.000 morts, selon une estimation du Premier ministre haïtien, et détruit la capitale Port-au-Prince. Des dizaines de milliers de corps ont été enterrés dans des fosses communes creusées à la hâte à l’extérieur de la capitale. Et beaucoup ne sont pas encore enterrés, dans le chaos ambiant.
La secousse a laissé d’innombrables sans-abri et des centaines de milliers de blessés. Selon la Croix rouge, 3 millions de personnes, soit 1/3 des habitants de l’île, ont besoin d’une aide d’urgence.

Haïti est très mal équipé pour faire face à ce type de catastrophes.
Le séisme était la 15e catastrophe naturelle depuis 2001. Cette série de tragédies avait déjà fait 3.000 morts et plusieurs millions de déplacés.
Les conséquences des catastrophes naturelles sont aggravées par la pauvreté (78 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, 70% sont au chômage), la déforestation (qui provoque l’érosion des sols et favorise coulées de boue et inondations), l’instabilité politique, la mauvaise qualité des constructions et le faible niveau d’éducation.

De plus, ceux qui ont survécu au séisme pourraient ne pas survivre longtemps faute de soins médicaux adéquats.
Le pays est présidé depuis 2006 par René Préval, qui a demandé à la communauté internationale de s’engager en faveur de solutions à long terme pour son pays, observant qu’un « paradigme de charité » ne mettrait pas fin aux cycles de pauvreté et de catastrophes.

L’ONU assure à Haïti une mission depuis 2004, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), qui vient d’être renforcée de 3.500 Casques bleus, soit un total de 12.500 hommes sur place.
Cette mission a été durement éprouvée par le séisme : 83 employés des Nations Unies ont été tués et 32 sont encore portés disparus.

Avant le tremblement de terre, Haïti se remettait à peine, avec l’aide internationale, de quatre typhons catastrophiques qui avaient fait près de 800 morts en 2008. Les dégâts provoqués par la violence et la succession des ouragans avaient fait plus d’un million de sinistrés et dévasté le pays.
A ce moment aussi, les cyclones étaient arrivés alors que le pays commençait tout juste à aller un peu mieux, grâce à l’assistance humanitaire, qui aidait la population face à la montée des prix de l’alimentation.


2- La reconstruction doit être faite sur le long terme

Le gouvernement haïtien a demandé une aide de 3 milliards de dollars pour la reconstruction lors de la conférence de Montréal qui a réuni le 25 janvier plus d’une vingtaine de pays et organisations internationales.
Cette conférence a permis de rédiger une feuille de route et de jeter les bases d’une autre rencontre, qui aura lieu celle-là en mars prochain au siège des Nations unies, à New York. Elle servira à réunir les fonds nécessaires. Les engagements pris se chiffrent d’ores et déjà par milliards de dollars.

Le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive a déclaré que son pays, l’un des plus pauvres de la planète, avait perdu 60% de son produit intérieur brut à cause du séisme.
Il a mis en avant trois grands défis à relever : une meilleure organisation du gouvernement haïtien afin de mieux coordonner l’aide d’urgence et la reconstruction, une décentralisation de l’activité économique essentiellement basée dans la capitale, et l’engagement de la diaspora, dont les mandats, s’élevant à environ 1,5 milliard de dollars par an, sont la principale source de revenus d’Haïti.

Dans une première rencontre, le président dominicain Leonel Fernandez avait déjà chiffré les besoins à 10 milliards.
Le processus de reconstruction devrait prendre jusqu’à 10 ans.
Des centaines de milliers d’Haïtiens vont désormais dépendre pendant des années de l’aide étrangère et vivre dans des logements provisoires.

Les donateurs doivent s’engager à soutenir Haïti sur le long terme après le séisme et à ne pas quitter le pays dès que l’attention médiatique sera retombée, a déclaré le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick. « Avant toute chose, cela signifie que lorsque les caméras partiront, les donateurs ne partiront pas avec elles », a dit Zoellick à Reuters.

Rappelant qu’Haïti est l’un des pays avec le pire indice de développement humain au monde, le patron de la Banque mondiale a ajouté que la communauté internationale devait saisir l’opportunité de cette catastrophe pour reconstruire Haïti en profondeur.
Instruit des expériences passées en Afghanistan, au Liberia ou dans la province indonésienne d’Aceh, il a précisé que les donateurs devaient placer leurs ressources dans un fonds commun et travailler en étroite collaboration avec les autorités haïtiennes afin de répondre à leurs attentes.


3- Bill Clinton veut associer le secteur privé à la reconstruction

L’ancien président américain Bill Clinton, désigné coordinateur de l’aide internationale pour Haïti par l’ONU, a appelé les chefs d’entreprise rassemblés à Davos à investir avec confiance en Haïti, en accompagnant la reconstruction de sa partie détruite et en « accélérant » le développement des 70% du pays qui n’ont pas été touchés.
S’exprimant devant le Forum économique mondial (WEF), M. Clinton a appelé les patrons à s’associer à « un partenariat global ».

L’investissement en Haïti doit être vu comme « une occasion de faire des affaires » plus que comme une forme d’assistance, a-t-il dit, faisant l’éloge du dynamisme et des efforts des Haïtiens, qui avaient laissé espérer avant le séisme une évolution économique enfin positive, dans un cadre démocratique.
Il a appelé les patrons à s’engager à « moderniser ce pays et à l’aider à compter sur ses propres forces ». Une tâche qui se fera « sous leadership haïtien », a-t-il assuré.

Selon l’ancien président américain, 70% des terres et 60% de la population n’ont pas été directement touchés par le séisme. Il a « remercié » les entreprises « qui ont poursuivi leurs activités » depuis le séisme, notamment les activités touristiques qui procurent des devises.
Il a défendu le choix de voyagistes qui avaient poursuivi leurs croisières de luxe faisant escale dans la région de Port-Haïtien, au nord. La construction de l’aéroport de cette ville doit être accélérée, a-t-il recommandé. L' »accélération » du développement de ces régions aura des effets positifs sur la reconstruction de celles dévastées, a-t-il résumé.


4- Annulation de la dette haïtienne

Les ambassadeurs de l’Union européenne (UE) en Haïti ont annoncé samedi que les 27 allaient contribuer à hauteur de plus de 400 millions d’euros au programme de reconstruction.
De plus, les pays du G7 ont annoncé qu’ils allaient « annuler » la dette bilatérale d’Haïti, qui était déjà relativement faible.
De surcroît, le Club de Paris, groupe informel d’Etats créanciers dont font partie tous les pays du G7, s’était engagé en juin à annuler la totalité de la dette d’Haïti vis-à-vis de ses membres, soit 214 millions de dollars.

La dette extérieure totale d’Haïti s’élève à environ 890 millions de dollars, dont 41% auprès de la Banque interaméricaine de développement et 27% auprès de la Banque Mondiale.
Les pays qui ne sont pas membres du Club de Paris ont été appelés à suivre, principalement le Venezuela et Taïwan.
Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, qui coordonnent une réduction de la dette haïtienne auprès des organisations financières internationales, ont appelé à faire un effort supplémentaire pour annuler la dette restante.

La Banque mondiale a juste annoncé qu’elle dispensait Haïti du remboursement de sa dette pour les cinq prochaines années.
Le Fonds monétaire international (FMI) a de son côté accordé récemment un prêt sans intérêt de 114 millions de dollars à Haïti, dont le paiement sera dû après une période de cinq ans et demi.
Ce prêt sans intérêt fait partie d’une initiative annoncée l’an dernier par le FMI en pleine crise financière, consistant à geler les paiements d’intérêt sur les prêts à tous les pays les plus pauvres jusqu’à fin 2011. Après cela, les versements d’intérêts reprendront au taux bonifié de 0,5%, ou moins.


5- Réhabiliter le secteur de la santé, un « défi à long terme »

Selon les autorités haïtiennes, 300 000 blessés se sont présentés dans les cliniques et hôpitaux.
Pendant les jours qui ont suivi le séisme, alors que les cadavres s’entassaient dans les rues, des chirurgiens, dans des conditions extrêmes, ont procédé à des amputations à la chaîne. Des milliers d’Haïtiens vont ainsi porter dans leur chair le souvenir de la journée du 12 janvier.
Il y a aussi de gros problèmes de troubles mentaux, les gens étant traumatisés après le séisme.

La situation sanitaire est désastreuse à Port-au-Prince, où des victimes continuent à succomber à leurs blessures. Les hôpitaux, cliniques et dispensaires sont débordés, de nombreuses blessures non traitées s’infectent.
Alors que les hôpitaux d’Haïti, submergés, peinent à répondre aux besoins immédiats des rescapés du séisme, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) demande à ce que des mesures soient prises pour équiper le secteur de la santé dans l’éventualité de futures catastrophes.

« Le pays est frappé par une catastrophe chaque année », a dit à IRIN Dana van Alphen, à Port-au-Prince, où elle assume les fonctions de coordinatrice de l’OMS pour les interventions sanitaires menées en Haïti à la suite du séisme. Cependant, il ne se relève jamais suffisamment pour se préparer pleinement à la suivante.
Mme Van Alphen a indiqué à IRIN que la sécurité structurelle des hôpitaux était toujours incertaine.

Jonathan Abrahams, coordinateur de l’initiative sur la sécurité des hôpitaux de l’OMS, a déclaré à IRIN : « Cette question ne relève pas uniquement du ministère de la Santé. Nous avons besoin d’écologistes, d’ingénieurs en bâtiment, d’experts en eau et en assainissement, ainsi que de fonctionnaires de santé. Les difficultés à impliquer autant d’acteurs, et la tendance à ne penser aux catastrophes que lorsqu’elles se produisent, ont relégué la question de la sécurité des hôpitaux au second plan, alors même qu’ils sont censés être un lieu sûr [en période de] catastrophe ».


6- L’agriculture d’Haïti nécessite 700 millions de dollars, selon la FAO

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a annoncé le lancement d’un appel aux bailleurs de fonds pour soutenir un programme d’investissement officiel haïtien de 700 millions de dollars en faveur du secteur agricole.
Il s’agit de réparer les infrastructures endommagées par le tremblement de terre, stimuler la production agricole nationale et créer des emplois pour les personnes fuyant Port-au-Prince.

Ce programme, élaboré par le ministère de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural, propose des lignes directrices à l’aide internationale au secteur agricole pour les 18 prochains mois. Il constitue une des pierres angulaires de la stratégie du gouvernement pour la reconstruction du pays.
La FAO et l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture ont passé un accord avec le ministère pour soutenir ce programme gouvernemental.

« La situation alimentaire en Haïti était déjà très fragile avant le séisme et le pays était fortement dépendant des importations alimentaires », indique Alexander Jones, fonctionnaire de la FAO qui gère l’urgence en Haïti.
« Alors que les populations fuient vers les zones rurales, la croissance du secteur agricole d’Haïti est désormais une priorité urgente et le plan du gouvernement haïtien, en fixant les priorités immédiates, vient à point nommé. »

Près de 60% des Haïtiens vivaient en milieu rural avant le tremblement de terre. Dans les zones rurales où la pauvreté est reine, 80% de la population vivent sur le fil du rasoir avec moins de 2 dollars par jour.
Selon les estimations du gouvernement haïtien, quelque 32 millions de dollars sont requis dans l’immédiat pour l’achat de semences, d’engrais et d’outils agricoles afin que les agriculteurs puissent commencer à planter en mars pour la saison des semailles de printemps. Celles-ci représentent habituellement 60% de la production agricole.

Autres mesures à court terme envisagées par le programme gouvernemental : la réparation de la raffinerie de sucre de Darbonne près de Léogane, la protection des bassins versants, le reboisement, la reconstruction et le renforcement des berges des rivières et des canaux d’irrigation et la réhabilitation de 600 kilomètres de routes de desserte.
Le gouvernement recommande l’achat de milliers de tonnes de semences de céréales et de légumineuses produites localement et à l’étranger ainsi que d’outils et d’engrais. Il recommande également de soutenir la filière de l’élevage au cours des prochains 18 mois.

Les autres priorités officielles sont la relance d’un programme pour encourager la plantation de pommes de terre douces et la construction de silos pour y stocker grains et autres denrées alimentaires en prévision des dégâts que ne manqueront pas de provoquer les ouragans attendus dans la région au cours des prochains mois.
La FAO s’apprête à lancer plusieurs projets tenant compte des priorités gouvernementales.

En septembre 2008, le secteur agricole haïtien avait déjà subi de lourdes pertes du fait d’une succession de tempêtes tropicales et d’ouragans ayant dévasté des pans entiers du pays. Les régions dévastées n’avaient pas encore récupéré au moment du séisme.
Auparavant, alors que nombre de Haïtiens étaient déjà sous-alimentés, les prix élevés des denrées alimentaires et des carburants avaient déclenché de violentes émeutes dans le pays le plus pauvre des Amériques.


7- Ce pays figurait déjà parmi les plus précaires

a- Une grande pauvreté
A Haïti, plus de 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté (2 dollars par jour) et plus de 70% des adultes sont au chômage. Le pays dépend de l’aide humanitaire internationale depuis des années, et encore plus depuis les cyclones de 2008.
Et chaque année, plusieurs centaines d’Haïtiens tentent de franchir illégalement sur des embarcations surchargées les 1.000 kilomètres qui séparent l’île déshéritée des Etats-Unis.

b- Les enfants en danger
Avant le séisme, le PAM fournissait des repas à plus de 500.000 écoliers haïtiens. Les enfants connaissent aussi un gros problème d’accès à l’éducation, puisqu’actuellement, 85% des écoles en Haïti sont privées et payantes.
Les enfants en Haïti sont parmi les plus mal lotis dans le monde, notamment en raison de l’esclavage persistant. Fin décembre, un rapport de la Fondation panaméricaine pour le développement a révélé que la pauvreté a conduit au moins 225.000 enfants des villes haïtiennes à travailler comme des serviteurs non rémunérés dans des familles, bien plus que le nombre précédemment estimé.

Et certains de ces enfants, surtout les filles, sont soumis à des sévices sexuels, psychologiques et psychiques, en travaillant dans des conditions très dures.
Les jeunes filles représentent les 2/3 de la population en état d’esclavage.
Les jeunes bonnes ou garçons à tout faire sont qualifiés de « restavek » (reste avec en créole haïtien). Leur condition est bien connue et pourtant une honte pour ce pays fondé il y a plus de 200 ans par des esclaves révoltés.

La pratique est habituelle selon les chercheurs. La plupart des jeunes esclaves sont envoyés par leurs parents qui ne peuvent pas les nourrir dans des familles à peine plus riches. D’après les enquêteurs, aucune action en justice n’a jamais été entreprise contre ce trafic d’esclaves enfants.
Fin 2008, la MINUSTAH dénonçait aussi un grand nombre d’enlèvements d’enfants, ainsi qu’un accroissement du trafic d’enfants vers la République dominicaine voisine, où ils sont exploités sexuellement ou contraints au travail forcé.


8- Haïti commençait à aller mieux

L’année 2009 avait pourtant montré quelques résultats encourageants.
Le chef de la MINUSTAH, Hedi Annabi, notait que sur le plan économique et social, Haïti a réussi, en dépit d’une conjoncture nationale et internationale difficile, à éviter la récession, et à obtenir un taux de croissance de son PIB de près de 2,5%. « L’année 2009 s’est traduite par une augmentation substantielle de la production agricole, ce qui a permis de commencer à réduire l’insécurité alimentaire. Le gouvernement a également poursuivi les efforts considérables qu’il a entrepris pour améliorer les infrastructures, notamment les routes et les ponts ».

Selon lui, la nomination de l’ancien Président américain Bill Clinton en mai 2009 comme Envoyé spécial de l’ONU et le travail qu’il a entrepris pour changer l’image d’Haïti ont permis de mettre en valeur le potentiel économique du pays.
M. Clinton s’efforce de convaincre les pays donateurs et les investisseurs privés de faire un effort supplémentaire pour ce pays.

Le partenariat avec Bill Clinton avait permis d’obtenir plus d’un milliard de dollars de remise de dette de la Banque mondiale (BM), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque interaméricaine de développement (BID), ainsi qu’environ 200 millions de dollars de la part des Etats-Unis, de l’Italie et d’autres créditeurs par l’intermédiaire du Club de Paris.
Et depuis son entrée en fonctions en juin, Bill Clinton avait annoncé plusieurs projets concrets, dont un investissement de 55 millions de dollars de la part de la Royal Caribbean Cruise Line (RCCL) qui devait amener entre 650.000 et 1 million de touristes à Haïti d’ici à 2011.

Dans le domaine de la sécurité, grâce à une étroite collaboration entre la police nationale haïtienne et la MINUSTAH, plusieurs activités criminelles avaient connu un déclin au cours des douze derniers mois, notamment les enlèvements en vue de rançons.
Même au niveau agricole la situation s’améliorait, grâce à l’aide internationale. Haïti est un des pays à avoir été les plus durement frappés par la flambée des prix alimentaires qui avait déclenché des émeutes de la faim meurtrières dans la capitale en avril 2008. En août et en septembre 2008, les 4 ouragans successifs avaient ensuite dévasté les stocks de semences ou contraint les agriculteurs menacés par la famine à les consommer.

Plus de la moitié des Haïtiens vivent dans les zones rurales et environ 85 % de la population rurale pratique l’agriculture qui, assurant quelque 26 % de la production économique, représente de loin le premier employeur de l’île.
Selon les chiffres du gouvernement, la production agricole a fait un bond de 25 % durant la campagne de semis de printemps 2008. Le nombre de personnes victimes d’insécurité alimentaire était tombé de 2,4 millions en avril 2008 (juste avant la flambée des prix alimentaires) à 1,9 million en juin 2009.

Sources : AFP, Reuters, AP, ONU, IRIN

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