S'abonner par email

Tensions croissantes entre USA et Mexique

27 avril 2019

 

Rappel du contexte

 

Face à l’afflux de migrants d’Amérique centrale voulant se rendre aux Etats-Unis en passant par le Mexique, Donald Trump a menacé le mois dernier de fermer la frontière entre les deux pays, puis d’imposer des taxes douanières au Mexique, si celui-ci n’intensifiait pas ses efforts pour arrêter les “caravanes” de migrants.

 

Il a fait de la lutte contre l’immigration illégale l’un des fers de lance de sa présidence. Il a accusé le Mexique de ne “faire pratiquement rien” pour interpeller les migrants clandestins et les renvoyer dans leur pays d’origine, alors que, depuis octobre, plusieurs dizaines de milliers de migrants d’Amérique centrale ont traversé le Mexique en caravanes pour entrer illégalement aux USA.

 

Washington a annoncé début avril qu’il allait accélérer le déploiement de centaines d’agents du service des douanes et de la protection des frontières le long de la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’afflux de demandeurs d’asile.

 

Les caravanes de milliers de migrants partis du Honduras, du Salvador et du Guatemala mettent en fureur le président américain Donald Trump qui a envoyé l’armée à la frontière mexicaine pour tenter d’endiguer le flot ininterrompu. Engageant un bras de fer avec l’opposition démocrate, Donald Trump en a profité pour relancer son projet d’un gigantesque mur.

 

 

Le Mexique “préoccupé” par les retards à la frontière avec les Etats-Unis

 

Le Mexique, devenu le premier partenaire commercial de son voisin américain cette année pour la première fois, a exprimé aux Etats-Unis ses préoccupations concernant les retards dans le mouvement de marchandises et de personnes à la frontière.

 

Cette note diplomatique envoyée par le ministère des Affaires étrangères est un nouveau signe de tension entre les deux pays au sujet de leur frontière commune.

“Au cours du mois d’avril, les retards à la douane ont eu un impact économique sur les entreprises mexicaines et américaines”, a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

 

En mars, Washington a redéployé 2.000 agents des douanes pour aider ses forces surveillant la frontière à gérer l’afflux de migrants cherchant à entrer sur le territoire américain. La surveillance accrue a entraîné des retards dans le passage des marchandises et des personnes.

 

 

Mexique : 1300 migrants fuient un centre surpeuplé de Tapachula

 

Au Mexique, la situation autour des migrants continue de se tendre. Dans la nuit de jeudi à vendredi, 1 300 étrangers ont fui un centre de migration de Tapachula, à la frontière avec le Guatemala. La majorité d’entre eux étaient cubains.

 

Il y a quelques semaines, le responsable national des migrations reconnaissait que ce centre, placé sur le principal point d’entrée au Mexique, était légèrement surpeuplé.

Les autorités ont reconnu y avoir confiné 3 200 personnes alors que la capacité du centre est de 900 personnes.

 

Voilà des semaines que sur les réseaux sociaux, les témoignages se succèdent sur les conditions de séjour dans ce centre, entre des nuits passées sur le sol collé contre son voisin et le manque d’hygiène général.

 

C’est ainsi la troisième fois depuis octobre que des migrants se révoltent dans ce centre de rétention.

Ces derniers mois, la politique de migration du gouvernement mexicain s’est fortement durcie.

 

Les arrestations se sont faites plus fréquentes et plus violentes. Une manière notamment de répondre aux exigences du voisin du nord, les États-Unis, mais également au mécontentement d’une partie de la population mexicaine qui affirme craindre l’insécurité qu’apporterait les groupes de migrants.

 

 

Trump menace d’envoyer des “soldats armés” à la frontière avec le Mexique

 

Donald Trump s’est lancé dans une nouvelle escalade verbale avec le Mexique en menaçant de déployer des “soldats armés” à la frontière sud après un incident avec des militaires mexicains qu’il a accusés d’être complices de trafiquants de drogue. Il a accusé le Mexique de ne “faire pratiquement rien” pour interpeller les migrants clandestins et les renvoyer.

 

Quelque 2.900 militaires américains d’active sont actuellement déployés le long de la frontière sud, ainsi que 2.000 réservistes.

Le Mexique a confirmé l’incident, expliquant qu’il s’était produit “au sud de la barrière frontalière, en territoire américain, dans une zone où la frontière n’est pas claire”.

 

“Ce type d’incident est commun, sans conséquence pour les deux gouvernements qui maintiennent une communication constante et fluide”, a précisé le ministère mexicain des Affaires étrangères.

 

De son côté, le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a tenté de calmer le jeu en assurant que son pays n’avait pas l’intention de “se battre” avec les USA.

Donald Trump a par ailleurs évoqué sur Twitter “une très grosse caravane de 20.000 personnes” se déplaçant au Mexique en direction des Etats-Unis.

 

“Le Mexique en a réduit la taille, mais elle continue de progresser. Le Mexique doit arrêter ce qu’il en reste ou nous serons contraints de fermer cette portion de la frontière et d’envoyer l’armée.” Le président américain a salué dans un autre tweet “le travail formidable” réalisé par la police aux frontières américaine.

 

“Elle a déjà interpellé plus de 418.000 migrants clandestins cette année, beaucoup plus que l’an dernier” à la même époque, s’est-il félicité.

Les autorités mexicaines ont déporté 15.000 migrants clandestins lors du mois écoulé, a déclaré mardi un représentant du gouvernement.

 

 

Honduras : la noria sans fin des candidats au “rêve américain”

 

Des milliers de Honduriens prennent la route du “rêve américain”.

Chaque jour, des avions apportent leur lot de migrants illégaux expulsés des Etats-Unis. Chaque jour, entre 300 et 400 Honduriens passent la frontière du Guatemala en direction du nord.

 

Durant les trois premiers mois de l’année, un total de 19.605 migrants ont été rapatriés des Etats-Unis, selon la directrice générale pour la protection des migrants honduriens, Liza Medrano.

Pour l’expert en questions migratoires Ricardo Puerta, tout indique que “le système américain (de gestion) des migrations est au bord de la rupture”.

 

“Il est arrivé à saturation”, assure à l’AFP ce Cubain d’origine, naturalisé américain et hondurien. “Les rafles à la frontière sont au maximum”, insiste-t-il. Les 678 centres américains de détention de migrants illégaux, dont certains sont implantés sur des bases militaires, “sont pleins à craquer” et les tribunaux sont débordés, avec 1,8 million de dossiers en retard.

 

L’organisation de caravanes n’a rien arrangé en favorisant des afflux massifs de migrants d’Amérique centrale, au lieu du goutte-à-goutte du “système des coyotes”, les réseaux mafieux de passeurs qui préfèrent mener de petits groupes.

 

“Au Honduras, c’est la crise et il y a beaucoup de délinquance. (Les dirigeants politiques) ne s’occupent que d’eux”, se plaint Carlos, qui a travaillé de manière occasionnelle comme mécanicien automobile à Trujillo (côte caraïbe). “On ne trouve pas de travail, ou alors seulement pour un temps”, déplore-t-il.

 

Roger, lui, a fui le Honduras pour ne pas être enrôlé par une des “maras” (bandes criminelles) qui font régner la violence et la terreur dans son pays. Il y a un mois, il était arrivé à entrer aux Etats-Unis mais il a été arrêté, et a été renvoyé au Honduras après 31 jours de détention. “On a été attrapés par la patrouille garde-frontière à El Paso, au Texas. On va recommencer”, dit-il.

 

 

Une milice anti-migrants quitte son campement dans le Nouveau-Mexique

 

Une milice armée de citoyens américains patrouillant à la frontière avec le Mexique pour arrêter les migrants entrant illégalement aux Etats-Unis a quitté le campement qu’elle occupait au Nouveau-Mexique, a annoncé mardi le chef de la police locale.

 

Dans un communiqué, la compagnie ferroviaire Union Pacific sommait les miliciens, qui se sont installés sans autorisation sur un terrain lui appartenant, près de Sunland Park, à l’ouest d’El Paso, sur la frontière mexicaine, de quitter les lieux.

 

L’United Constitutional Patriots (UCP) affirme, vidéo à l’appui, avoir aidé la police des frontières à arrêter 5.600 migrants au Nouveau-Mexique ces deux derniers mois.

La diffusion de ces vidéos, suivie de l’arrestation de son chef, Larry Hopkins, pour infraction à la législation sur les armes à feu, ont attiré l’attention des médias sur ses activités.

 

Des organisations, dont l’American Civil Liberties Union (ACLU), accusent l’UCP d’être une “milice fasciste” arrêtant et enlevant illégalement des migrants en se faisant passer pour des membres des forces de l’ordre.

 

Les miliciens, dont beaucoup sont d’anciens des forces spéciales américaines, patrouillent sur une portion de la frontière d’une dizaine de kilomètres. Le groupe a publié des vidéos sur lesquelles on les voit, armés de fusils et en tenue de camouflage, demander aux familles de migrants de s’asseoir en attendant l’arrivée des agents de l’US Customs and Border Patrol.

 

La gouverneure du Nouveau-Mexique, Michelle Lujan Grisham, a déclaré vendredi qu’ils n’avaient aucune autorité pour arrêter ou détenir qui que ce soit et que les autorités allaient enquêter sur les activités de la milice.

 

Sources : AFP, Reuters, RFI

Poster un Commentaire

avatar

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S'abonner aux commentaires  
Me notifier des