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Birmanie : poursuite des guerres civiles

Birmanie : poursuite des guerres civiles

28 décembre 2019

 

Rappel du contexte

 

Environ 740.000 Rohingyas musulmans avaient fui la Birmanie pour le Bangladesh en 2017 pour échapper à une répression militaire massive. Ils avaient rejoint les quelque 200.000 réfugiés vivant déjà dans le district bangladais frontalier de Cox’s Bazar (sud-est).

 

Actuellement, 600 000 Rohingyas encore présents en Birmanie sont menacés de génocide.

D’autre part, les Etats birmans de Rakhine (aussi appelé Arakan) et de Chin sont en proie à des combats entre militaires birmans et rebelles de l’Armée d’Arakan.

 

Depuis un an, les combats se sont intensifiés entre les rebelles d’Arakan et les militaires birmans, faisant des dizaines de morts parmi la population et causant la fuite de plus de 80 000 civils, selon une organisation locale.

 

La situation est loin de s’apaiser : depuis plusieurs semaines, la guérilla a multiplié les enlèvements.

Et la rébellion a annoncé, selon le journal The Irrawaddy, qu’elle allait prélever de l’argent sur les grands projets économiques en cours dans l’État de l’Arakan.

 

En Etat Shan, la situation ne semble pas prête de s’améliorer : les récents investissements de Pékin dans la région au titre du titanesque projet chinois des “Nouvelles routes de la soie” aiguisent l’appétit des factions rebelles alors que ce territoire ne cesse de prendre de la valeur.

 

 

Une résolution de l’ONU non contraignante

 

L’Assemblée générale des Nations unies a approuvé une résolution condamnant les actes haineux en Birmanie contre les musulmans Rohingyas et les autres minorités ethniques. L’ambassadeur birman aux Nations unies dénonce une « pression politique injustifiée ».

Arrestations arbitraires, viols, torture, morts en détention…

 

Les Nations unies dénoncent des faits graves. Dans une résolution, l’ONU a sommé le pays à majorité bouddhiste de mettre fin aux incitations à la haine contre ses minorités dans les États d’Arakan, de Kachin et du Shan. Cette résolution n’est pas légalement contraignante, cependant, elle permet à l’ONU d’exprimer son inquiétude.

 

 

Tête rasée et monastère pour les jeunes filles qui fuient les violences en Birmanie

 

Les conflits meurtriers entre l’armée et des groupes rebelles séparatistes en Birmanie poussent de plus en plus de jeunes filles à se retirer dans les monastères, une vie austère et exigeante qui leur procure éducation et sécurité.

 

Dhama a intégré le monastère il y a neuf ans. Elle a fui l’État Shan (est), une région frontalière de la Chine, à plusieurs centaines de kilomètres de Rangoun, gangrénée par la drogue et les combats entre forces armées birmanes et guérillas ethniques. “Il y avait beaucoup de violences (…) Ce n’était pas facile d’étudier”, raconte à l’AFP l’adolescente qui rêve de devenir ingénieure.

 

Depuis l’indépendance de 1948, les gouvernements centraux successifs combattent une myriade de groupes armés qui se font aussi la guerre entre eux sur fond de contrôle du trafic de drogue et des ressources naturelles. 

 

Le processus de paix, relancé par Aung San Suu Kyi après son arrivée au pouvoir en 2016, est dans l’impasse, poussant les familles à envoyer leurs enfants dans les monastères pour étudier et se protéger.

 

Quelque 18.000 novices, garçons et filles, fréquentent actuellement les écoles monastiques de la capitale birmane, pays à près de 90% bouddhiste, d’après Sein Maw du ministère des Affaires religieuses et de la Culture. 

 

“Ce nombre continue d’augmenter” alors que les violences ne montrent aucun signe de ralentissement. 

Entre aumônes, prières, études et corvées ménagères, la vie monastique est rude et encore plus difficile pour les adolescentes que pour les garçons. 

 

 

Lutte contre la faim

 

Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies et le Gouvernement du Myanmar (Birmanie) ont renouvelé leur partenariat stratégique pour éradiquer la faim. Le plan permet au PAM de fournir chaque année une aide alimentaire et nutritionnelle à un million de personnes touchées par le conflit dans les États et régions de Kachin, Rakhine et Shan, entre autres.

 

Entièrement financé par des dons volontaires, le Bureau du PAM au Myanmar procède actuellement à des distributions alimentaires d’urgence à 240.000 personnes touchées par le conflit et souffrant d’une grave insécurité alimentaire dans l’État de Rakhine.

 

Il vise aussi les 45.000 personnes déplacées dans l’État de Kachin et 14.000 dans l’État de Shan. Depuis novembre 2019, l’aide a également été étendue à plus de 600 personnes dans le canton de Paletwa, dans l’État de Chin, qui sont touchées par le conflit en cours.

 

Le PAM s’adresse également aux communautés vulnérables du sud-est du Myanmar, de la zone aride et des régions reculées du Myanmar, notamment la zone autonome de Naga et la division autonome « Wa ».

 

Sources : AFP, RFI, ONU

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