Cambodge : mise en garde contre les risques d’un “conflit armé” avec la Thaïlande

Le Cambodge a mis en garde la Thaïlande contre les risques d’un “conflit armé de grande envergure” alors que des troupes restent mobilisées autour d’un temple frontalier et qu’aucune percée n’a été réalisée lors d’entretiens ministériels lundi.

Dans des déclarations à la presse, le Premier ministre cambodgien Hun Sen a exigé le retrait, avant mardi soir, de quelque 80 soldats thaïlandais qui auraient pénétré dans une zone contestée, alors que le ministre des Affaires étrangères de Bangkok, M. Sompong Amornviwat, était reçu à Phnom Penh.
Plus tôt, le ministre cambodgien des Affaires étrangères Hor Namhong avait reçu M. Sompong mais le premier a affirmé que le second n’était “pas en mesure de signer quoi que ce soit”.

Ces entretiens se sont déroulés alors que le Premier ministre thaïlandais Somchai Wongsawat a dû annuler une visite lundi au Cambodge, alors que la crise politique ne cesse de s’aggraver dans son pays.
Hor Namhong a affirmé que pendant son entretien, il avait reçu des informations selon lesquelles des soldats thaïlandais avaient pénétré dans une zone disputée. “J’ai dit à mon homologue thaïlandais que l’envoi de nombreuses troupes le long de la frontière était dangereux et pouvait provoquer un conflit armé de grande envergure”.

Depuis trois mois, la tension est vive dans la région du temple khmer de Preah Vihear, inscrit en juillet au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette inscription va certainement entraîner un afflux de touristes, une manne que les deux pays se disputent désormais.
Le temple, situé sur un promontoire, relève de la souveraineté du Cambodge, selon une décision de la Cour internationale de justice de La Haye en 1962. Mais une zone de 4,6 km2 en contrebas des ruines continue de faire l’objet d’un grave différend entre Bangkok et Phnom Penh. Les Thaïlandais contrôlent les principaux accès au temple. La frontière Cambodge-Thaïlande n’a pas été délimitée dans de nombreux secteurs.

Hor Namhong a averti lundi que le Cambodge saisirait une cour internationale si les deux pays ne pouvaient se rencontrer pour régler les différends dans “un laps de temps approprié”.
En juillet, à l’occasion de la réunion annuelle des chefs de la diplomatie de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (Asean), aucune solution n’avait pu être trouvée pour régler le contentieux.
Le Cambodge cherche à internationaliser le différend. Phnom Penh avait notamment demandé en juillet une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’Onu. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait appelé les deux pays à la retenue.

Sources : AP, Reuters, AFP

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