Corée du Nord : la détresse de la population

1- Des clefs pour comprendre
La Corée du Nord, l’un des pays les plus pauvres de la planète, n’a fait que s’appauvrir depuis que Kim a succédé à son père, en 1994, et dépend d’une aide extérieure pour nourrir ses 23 millions d’habitants.
Elle a désespérément besoin de l’aide extérieure, notamment depuis que l’assistance offerte sans condition par Séoul depuis une décennie s’est tarie avec l’arrivée au pouvoir du président Lee Myung-bak en 2008.
Pyongyang, qui affirme détenir l’arme atomique, utilise régulièrement son programme militaire nucléaire comme monnaie d’échange potentielle en promettant d’y renoncer pour obtenir de l’aide.


2- Situation alimentaire critique, les enfants vulnérables
La situation alimentaire, en particulier pour les enfants, est critique en Corée du Nord où l’aide internationale s’est tarie depuis l’essai nucléaire nord-coréen de mai, a averti début juillet le Programme alimentaire mondial (PAM). “Nous n’avons plus vraiment reçu de contributions après l’essai nucléaire”, a déclaré à la presse Torben Due, représentant du PAM en Corée du Nord.
Outre l’aide raréfiée, l’agence des Nations unies s’est vue ordonner par Pyongyang de réduire ses opérations, sans raison officielle particulière, a expliqué le responsable.

“Cela pose un problème grave à la population qui n’a pas assez à manger” et le PAM qui s’était fixé pour but, en lançant une opération d’urgence à la fin de l’an dernier, d’aider 6,2 millions de personnes a dû se contenter d’en assister 2,27 millions.
“Un adulte peut se permettre de vivre de céréales et de légumes pendant quelques mois mais la situation est critique pour les enfants. Nous en voyons un nombre croissant hospitalisés pour une malnutrition grave”, a-t-il dit, en précisant ne pas avoir de données statistiques.
Les enfants souffrant de dénutrition deviennent de jeunes adultes affaiblis et déprimés sur le plan immunitaire.

Le PAM et la FAO avaient estimé l’an dernier que quelque 9 millions de Nord-coréens, sur une population totale de 23 millions, avaient besoin d’une aide alimentaire.
L’agence onusienne avait réduit au minimum ses opérations d’urgence en 2006 à la demande de Pyongyang, avant de reprendre son aide en juin 2008 après un accord avec les autorités nord-coréennes. Celle-ci prend essentiellement la forme de céréales pour la préparation de porridge.

Mais le 25 mai, la Corée du Nord menait son deuxième essai nucléaire depuis octobre 2006, déclenchant des sanctions de l’ONU contre Pyongyang, et l’aide s’est tarie.
Le PAM a dû réduire de manière considérable ses distributions d’aide alimentaire, qui sont passées à 400 tonnes par mois contre les 50.000 prévues.
Il mène aujourd’hui des opérations dans 57 districts de six provinces, au lieu de 131 districts dans huit provinces auparavant.

Se refusant à spéculer sur les raisons de la désaffection des donneurs d’aide, M. Due a ajouté simplement : “Nous demandons aux pays donateurs de soutenir nos opérations” en Corée du Nord.
Entravant davantage les activités du PAM, le gouvernement a interdit à l’agence le recours à du personnel parlant le coréen, et a allongé à sept jours au lieu de 24 heures le délai de notification préalable aux autorités avant toute enquête de terrain pour déterminer les besoins alimentaires.

Des centaines de milliers de Nord-coréens sont morts dans la grande famine des années 90 due aux calamités naturelles et à l’incurie économique du régime. Depuis, la Corée du Nord a abondamment compté sur l’aide internationale pour nourrir sa population, mais les flux sont régulièrement interrompus.
En mai, le dirigeant Kim Jong-il avait souhaité, selon la presse nord-coréenne, que l’année 2009 marque un “virage radical” dans l’élimination des pénuries alimentaires. Deux mois auparavant, il avait pourtant refusé une aide alimentaire des Etats-Unis en pleine période de tension autour de son programme nucléaire. En 2008, Pyongyang n’avait pas sollicité l’aide habituelle de son voisin sud-coréen, après l’accession au pouvoir de la nouvelle administration conservatrice.

La famine actuelle est due aux fortes inondations du mois d’août 2007, à de mauvaises récoltes et à la réduction des importations de nourriture et de l’assistance. Cela en raison entre autres de la crise alimentaire mondiale actuelle qui fait flamber les prix de l’alimentation.
Dans ce contexte de famine, Kim Jong Il a ordonné l’ouverture d’un premier restaurant italien à Pyongyang. Réputé pour être gourmand, il a envoyé des cuisiniers nord-coréens à Naples et à Rome l’an dernier pour qu’ils apprennent à cuisiner des pizzas et des pâtes italiennes.


3- La Corée du Nord doit mettre en œuvre les droits fondamentaux
La Corée du Nord doit renforcer son dispositif des droits de l’homme, affirmait début octobre, une fois de plus, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans son dernier rapport sur ce pays à l’Assemblée générale, dans lequel il appelait aussi la communauté internationale à ne pas diminuer l’aide humanitaire.
« Le Secrétaire général note avec une vive inquiétude les informations qui continuent à lui parvenir concernant la gravité de la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC) et l’absence de mesures notables prises par le gouvernement pour protéger les droits de l’homme et mettre fin aux violations qui se produiraient de manière systématique et généralisée ».

Il souligne que la RPDC continue d’être aux prises avec des problèmes humanitaires complexes qui empêchent la population de jouir de ses droits fondamentaux et exhorte le gouvernement à protéger les droits de l’homme et à réformer le système de justice, conformément aux obligations souscrites en vertu des instruments internationaux.
M. Ban met en lumière la diminution de l’aide alimentaire internationale malgré l’aggravation de la pénurie alimentaire dont font état les organismes humanitaires et demande au gouvernement de consacrer les ressources en priorité aux besoins humanitaires de la population et de permettre aux organismes des Nations Unies et à leurs partenaires humanitaires sur le terrain de renforcer leurs opérations.

Le document souligne que le gouvernement nord-coréen n’a pas reconnu les résolutions adoptées par le Conseil des droits de l’homme et l’Assemblée générale à propos de la situation des droits de l’homme dans son pays et qu’il continue de refuser l’assistance technique du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et l’accès à son territoire au Rapporteur spécial nommé par le Conseil des droits de l’homme.
« Cet état de fait ne m’a pas permis d’obtenir les informations nécessaires pour rendre pleinement compte à l’Assemblée générale de la situation des droits de l’homme en RPDC », souligne Ban Ki-moon.

Nous avons en tout cas le récit fait par les deux journalistes US qui avaient été arrêtées en mars à la frontière avec la Chine et condamnées en juin à 12 ans de travaux forcés pour “crimes graves”. La Corée du Nord leur reprochait d’avoir pénétré illégalement sur son territoire et calomnié le régime. Elles ont finalement été graciées en août, suite à une forte pression des USA. Elles enquêtaient sur les réfugiés nord-coréens qui vivent en Chine. L’une d’entre elles a pu décrire ce qu’elle a vu : des femmes à la merci des trafiquants d’êtres humains, des enfants qui grandissent cachés…


4- La fuite des Nord-Coréens
Fin septembre 8 Nord-Coréens se sont réfugiés dans l’ambassade du Danemark à Hanoï pour réclamer l’asile politique, a indiqué une source diplomatique vietnamienne à l’AFP.
“Ces personnes sont venues au Vietnam depuis la Chine avec des visas de tourisme via la porte frontalière de la province de Lang Son”.
Interrogé par l’AFP, l’ambassadeur du Danemark est resté plus évasif, refusant de préciser le nombre de personnes concernées et si elles avaient ou non demandé l’asile.

Des dizaines de milliers de Nord-Coréens, qui fuient la faim ou la répression, ont réussi à passer la frontière de leur pays avec la Chine ces dernières années.
Les transfuges tentent souvent de rejoindre la Mongolie ou des pays d’Asie du Sud-Est frontaliers avec la Chine comme le Vietnam et le Laos, où ils se réfugient dans des ambassades de pays tiers dans l’espoir d’être ensuite recueillis par la Corée du Sud.


5- Vive le parti unique
Dénoncés comme autant de provocations par la communauté internationale, l’essai nucléaire de mai et les tirs de missiles se sont aussi inscrits dans une “bataille de 150 jours” lancée par Pyongyang pour stimuler le sentiment de fierté nationale parmi la population. Avec, d’après les observateurs, pour but ultime de préparer la succession prochaine du leader vieillissant du régime, Kim Jong Il.

Entamée début mai, cette campagne de cinq mois a visé officiellement à augmenter le rendement économique du pays et s’est appuyée notamment sur des affiches placardées un peu partout dans la capitale Pyongyang vantant les mérites des travailleurs nord-coréens.
Cette “bataille des 150 jours” a culminé début octobre, avec le 64e anniversaire de la fondation du parti unique par des appels à l’unité autour de Kim.

Fin juin le régime a organisé la réunion de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Pyongyang afin de dénoncer les sanctions internationales votées contre elle en raison de son programme nucléaire.
Environ 100.000 personnes se sont massées sur la place centrale de la capitale nord-coréenne à l’occasion de l’anniversaire du déclenchement de la guerre de Corée en 1950. Les manifestants ont protesté contre les sanctions votées aux Nations unies et celles décidées par les Etats-Unis.

Le régime de Kim Jong Il organise fréquemment de tels rassemblements populaires en périodes de tensions avec la communauté internationale.
Les journaux d’Etat ont, eux, publié de longs éditoriaux accusant les Etats-Unis d’avoir envahi la Corée du Nord en 1950 et de chercher un prétexte pour attaquer de nouveau le pays. Le régime communiste “n’abandonnera jamais sa dissuasion nucléaire (…) et va la renforcer”, a affirmé le “Rodong Sinmun”, principal quotidien nord-coréen.

Début mars, de fausses élections avaient été organisées dans le pays : le leader nord-coréen Kim Jong Il a été réélu à l’unanimité député de la 12e Assemblée populaire suprême.
Les élections législatives relèvent de la simple formalité dans ce pays de 24 millions d’habitants, où le taux de participation a atteint 99,98% selon KCNA. Le vote est en effet obligatoire. Officiellement, le vote est secret. En fait, non. Pour voter contre le candidat unique, les électeurs doivent passer dans un isoloir spécial pour rayer le nom du candidat, ce qui indique leur choix. S’opposer au candidat du parti est impensable, d’après les dissidents.

Le vote a lieu tous les cinq ans, avec un seul candidat par siège, désigné par le Parti des Travailleurs au pouvoir. Le scrutin était prévu pour août 2008, plus ou moins à l’époque de l’attaque cérébrale présumée de Kim. Le scrutin avait alors été reporté, sans explication aucune. Des officiels nord-coréens ont cependant démenti que Kim Jong Il a été victime d’une attaque, assurant que le leader nord-coréen, au pouvoir depuis 1994, n’a jamais été malade.


6- La contrebande des films sud-coréens fleurit malgré les risques
Grands amateurs de feuilletons télévisés et de films sud-coréens, les Nord-Coréens se procurent les enregistrements à leurs risques et périls grâce à une contrebande en pleine expansion. Selon un groupe de réflexion à Séoul, les habitants de ce pays parmi les plus fermés au monde n’hésitent pas à braver les dangers d’une exécution publique pour visionner les vidéos.

Le régime de Pyongyang a mobilisé des équipes d’inspection afin de “purger” les villes frontalières des individus acheminant en toute clandestinité des films étrangers illégaux et a même procédé à des exécutions publiques dans le but de dissuader ses concitoyens de recourir au marché noir des vidéos sud-coréennes, soulignait en juillet l’Institut coréen pour l’Unification nationale dans son dernier rapport sur les droits de l’Homme dans le Nord.
Reste que les menaces de sanctions semblent avoir peu d’impact : un grand nombre de Nord-Coréens regardent en secret des vidéos de contrebande.

Des Philippines au Japon, les produits culturels sud-coréens, des séries télévisées aux films d’horreur en passant par la musique K-pop enregistrent un grand succès dans la majeure partie de l’Asie.
Même Kim Jong Il, un passionné de cinéma qui posséderait plus de 20.000 films, apprécierait le Septième art sud-coréen. En 2007, le président sud-coréen de l’époque, Roh Moo-hyun, a fait cadeau au numéro un nord-coréen de films populaires sud-coréens en DVD au cours de leur sommet, selon l’ancien porte-parole de M. Roh, Chun Ho-seon.

Depuis longtemps, les dirigeants nord-coréens tentent néanmoins d’empêcher toute influence extérieure de s’exercer dans leur pays reclus, particulièrement en provenance de Corée du Sud, de peur qu’elle ne sape le pouvoir de Kim sur cet Etat de 24 millions d’habitants. Peu de Nord-Coréens sont autorisés à quitter le pays, voire à échanger des appels téléphoniques, des lettres ou des courriers électroniques avec des ressortissants étrangers.

La Corée du Nord reste un pays en guerre avec la Corée du Sud, leur conflit de trois ans s’étant achevé en 1953 sur une trêve, et non un traité de paix. Près de six décennies plus tard, la Corée du Nord compte parmi les Etats les plus pauvres de la planète, tandis que l’économie sud-coréenne pointe au 13e rang mondial.
Les postes de radio et de télévision des Nord-Coréens sont réglés sur des stations d’Etat, et “si on découvre que des ‘scellés’ ont été rompus, la personne impliquée est traitée comme un criminel politique”, selon l’Institut.

Les Nord-Coréens reconnus coupables de crimes politiques encourent de lourdes peines : des milliers sont détenus dans des camps tandis que des exécutions publiques, bien qu’en baisse ces dernières années, sont encore réservées à certains des auteurs des infractions les plus graves. La circulation de vidéos étrangères compte au nombre des infractions passibles de la peine de mort.
Mais ces risques n’ont pas eu d’effets sur la demande de vidéos sud-coréennes, qui a engendré un véritable marché noir. Et du fait même de leur popularité, les réparateurs de magnétoscopes sont bien payés en Corée du Nord, précise l’institut dans son rapport.


7- La drogue est très répandue
D’autre part, la drogue est très répandue dans le pays et les toxicomanes particulièrement nombreux. Il s’agit le plus souvent d’ecstasy ou de métamphétamines, fabriquées à partir de matières premières provenant de Chine. Certains fermiers cultivent aussi le pavot, et produisent de l’opium. Le trafic est très actif malgré la répression. De plus, le gouvernement a lui-même donné l’exemple en se procurant des devises étrangères grâce à l’exportation de ces substances. La Corée du Nord est un trafiquant international notoire.

Sources : AFP, Reuters, AP, ONU

1 comment to Corée du Nord : la détresse de la population

  • i think you can have a vivtory wthitout make war, with the possibility of see the coreen said “sos, please we have need eat, yes yes help ” , and after we can speak with him, yes my poor gay but stop with your experience of missilie stop, peace please

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