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Corée du Nord : situation bloquée et menaces nord-coréennes

Corée du Nord : situation bloquée et menaces nord-coréennes

11 janvier 2020

 

Rappel du contexte

 

Actuellement, les discussions entre Washington et Pyongyang, relancées de manière spectaculaire en 2018, sont dans l’impasse depuis l’échec en février 2019 d’un sommet à Hanoï entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

 

Les Etats-Unis exigent que la Corée du Nord renonce d’emblée à tout son arsenal atomique, alors que cette dernière réclame une levée rapide d’au moins une partie des sanctions internationales qui étranglent son économie.

 

Quelque 28.500 soldats américains demeurent déployés en Corée du Sud pour la protéger de son voisin du Nord armé de la bombe atomique.

Kim reproche aux Etats-Unis de conduire des dizaines d’exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud que le président Donald Trump avait promis d’arrêter.

 

 

La situation est bloquée, menaces de la Corée du Nord

 

Kim Jong-un a annoncé le 1er janvier la fin du moratoire sur les essais nucléaires et de missiles balistiques intercontinentaux et promis une action « sidérante » contre les Etats-Unis.

Dans les années précédentes, la Corée du Nord a effectué six essais nucléaires et lancé des missiles capables d’atteindre l’intégralité du territoire continental des Etats-Unis.

 

Récemment, M. Kim a reconnu que la situation économique de son pays était “grave”.

Mais il a réaffirmé que son pays était prêt à continuer à vivre sous un régime de sanctions internationales pour préserver sa capacité nucléaire.

 

Depuis la seconde moitié de l’année 2019, les Nord-Coréens multiplient les essais balistiques de courte et moyenne portée. En novembre, ils promettaient aux États-Unis que sans allégement des sanctions, le régime amplifiera ses essais balistiques.

 

Ce samedi 11 janvier, la Corée du Nord a averti qu’elle ne reprendrait les négociations sur son programme nucléaire avec Washington que si les États-Unis donnaient leur « accord total » à ses exigences.

 

 

Sommet tripartite : Chine, Japon et Corée du Sud demandent à Pyongyang de s’abstenir de “provocations”

 

Pékin, Tokyo et Séoul ont appelé fin décembre la Corée du Nord à s’abstenir de “provocations”, au cours d’un sommet tripartite en Chine. La Corée du Nord a récemment procédé à une série d’essais sur sa base de tir de fusées de Sohae, après une succession de tirs de projectiles les semaines précédentes en dépit de plusieurs résolutions de l’ONU.

 

Le Japon, allié des Etats-Unis, est en première ligne, constituant une des cibles favorites des essais de missiles du régime de Pyongyang, dont les engins tendent à s’abîmer en mer du Japon, voire à survoler cet archipel.

 

 

Chine et Russie appellent l’ONU à alléger les sanctions

 

La Chine a appelé mi-décembre le Conseil de sécurité de l’ONU à soutenir une proposition sino-russe de réduction des sanctions visant la Corée du Nord, sous réserve qu’elle avance vers la dénucléarisation. Le projet réclame, pour améliorer le niveau de vie des Nord-Coréens, l’arrêt de plusieurs dispositions clés datant de 2016 et 2017 :

 

  • Abandonner les interdictions faites aux pays membres de l’ONU d’importer charbon, fer, textiles venant de Corée du Nord

  • Fin de la mesure qui impose aux Etats de l’ONU de renvoyer les travailleurs nord-coréens

  • Le texte est accompagné d’une liste de produits qui ne devraient plus être concernés par les sanctions, des bulldozers aux aspirateurs en passant par les petits tracteurs

 

Le texte appelle par ailleurs “à une reprise rapide des pourparlers à six” (Chine, les deux Corées, les Etats-Unis, la Russie et le Japon), lancés en 2003 mais dont Pyongyang s’est retiré en 2009.

L’avenir de ce projet de résolution reste toutefois incertain au Conseil de sécurité de l’ONU.

 

 

Les travailleurs expatriés nord-coréens sont une manne financière pour le régime

 

Voilà des décennies que Pyongyang tire des recettes non négligeables des salaires de son armée de travailleurs expatriés. La majorité est en Chine et en Russie, mais on en trouve aussi en Europe, au Proche-Orient ou en Afrique.

 

On estimait fin 2017 que 50.000 Nord-Coréens travaillaient en Chine. Diverses sources affirment que des Nord-Coréens continuent d’affluer dans des usines chinoises.

Fin 2017, ils étaient plus de 30.000 en Russie.

 

Les travailleurs expatriés, pour beaucoup employés dans les secteurs industriels et forestiers, rapportent plus d’un demi-milliard de dollars par an.

Ils ne peuvent garder qu’une fraction de leur salaire, selon des dissidents : Pyongyang ponctionne environ 70 % de leurs salaires. Leur travail est assimilé à du travail forcé.

 

 

La fin toute théorique de la main d’œuvre expatriée nord-coréenne

 

L’ONU avait donné jusqu’au 22 décembre pour renvoyer chez eux les Nord-Coréens travaillant à l’étranger.

Adoptée le 22 décembre 2017, la résolution 2397 du Conseil de sécurité des Nations unies donnait deux ans à tous les pays pour renvoyer chez eux les travailleurs nord-coréens.

 

Mais les experts sont sceptiques quant à sa mise en œuvre, convaincus que Pékin et Moscou n’entendent pas se priver d’une source de main d’œuvre très bon marché.

Et Chine et Russie viennent d’ailleurs de proposer d’”ajuster les sanctions” de l’ONU, notamment de renoncer à l’interdiction de l’emploi de Nord-Coréens.

 

Sources : RFI, AFP

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