Droits de l’homme : « mauvais » bilan chinois, selon un rapport américain rejeté par Pékin

WASHINGTON (AFP) – Le bilan des droits de l’homme en Chine reste mauvais et se dégrade même par endroits, a estimé jeudi le département d’Etat américain dans son rapport annuel contesté par Pékin qui affirme que les Etats-Unis utilise cette question comme un « instrument politique ».
« Le bilan des autorités en matière de droits de l’homme est resté mauvais et s’est détérioré dans certaines zones », a estimé le ministère dans son rapport annuel sur les droits de l’homme dans le monde.

Les Etats-Unis « se sont de nouveau posés comme le juge mondial en matière de droits de l’Homme », a jugé le Conseil d’Etat (gouvernement) choinois dans un contre-rapport, cité par l’agence officielle Chine Nouvelle.
Selon Washington, Pékin a « intensifié sa répression sévère au plan culturel et religieux » des minorités ethniques au Xinjiang, théâtre à l’été 2009 de violences entre les Ouïghours, une ethnie musulmane et turcophone, et les Hans, l’ethnie majoritaire en Chine.

Dans l’ensemble du pays, « la détention et le harcèlement des militants des droits de l’homme se sont accrus », a relevé le département d’Etat. « Les avocats et les cabinets juridiques qui ont défendu des affaires qualifiées de sensibles par les autorités ont fait l’objet de harcèlement, de radiations ou de fermetures », selon le rapport.
Le texte ajoute que la Chine a imposé « un contrôle gouvernemental étroit » aux Tibétains, qui se sont vu restreindre la pratique de leur religion et ont fait l’objet de sanctions sévères s’ils tentaient de fuir au Népal.

« Les Tibétains rapatriés du Népal auraient subi des tortures, notamment sous forme de chocs électriques, d’exposition au froid et de passages à tabac, et auraient été obligés d’accomplir des travaux physiques éreintants », selon le rapport.
La Chine proteste régulièrement contre le bilan des droits de l’homme du département d’Etat, qui, selon elle, constitue une ingérence dans ses affaires intérieures et a souvent répliqué par des critiques sur la manière dont les Etats-Unis traitent leurs propres citoyens.

Le rapport du département d’Etat fait aussi référence à un sujet de tension croissant entre les deux pays, notant que Pékin a imposé des restrictions de plus en plus sévères à l’utilisation d’internet en bloquant des sites et en emprisonnant des blogueurs critiques envers le régime.
Toutefois, note le texte, « étant donné les limites techniques de la censure, l’autocensure des entreprises d’internet est restée le principal moyen pour les autorités de limiter la liberté d’expression en ligne ».

En janvier, le géant d’internet Google a annoncé qu’il envisageait de se retirer du marché chinois, pourtant en pleine expansion, en raison de la censure et de cyberattaques visant les sites de dissidents.
Le département d’Etat note par ailleurs que la Chine a continué de réprimer le mouvement spirituel Falungong, d’inspiration bouddhiste, taoïste et confucianiste.

Les autorités chinoises ont interdit le mouvement en 1999, l’accusant de perturber l’ordre social. Le rapport américain, citant des sources au sein de Falungong, affirme que 3.000 de ses pratiquants ont été torturés à mort depuis cette date.
S’appuyant sur des observateurs étrangers, il ajoute qu’environ la moitié des 250.000 personnes officiellement détenues dans des camps de travail le sont en lien avec Falungong.

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