S'abonner par email

Hong Kong : la Chine renforce son emprise

28 avril 2019

 

Rappel du contexte

 

Hong Kong est une ancienne colonie britannique restituée à la Chine par la Grande-Bretagne en 1997.

En vertu du principe “un pays, deux systèmes” ayant présidé à sa rétrocession, Hong Kong bénéficie actuellement d’un système juridique distinct de celui de la Chine.

 

 

Manifestation contre une loi sur l’extradition

 

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dimanche dans le centre de Hong Kong pour réclamer l’abandon d’un projet de loi qui autoriserait des extraditions vers la Chine continentale pour y être jugé par la justice chinoise.

Les manifestants redoutent que cette mesure vienne limiter les droits et les libertés publiques.

 

Nombre des protestataires ont défilé dans le calme pendant plus de trois heures à travers des quartiers commerçants avant que plusieurs milliers d’entre eux passent la soirée devant les locaux du Conseil législatif et ceux du gouvernement de la région.

 

Selon la police, cette manifestation a rassemblé 22.800 personnes mais selon les organisateurs, les participants étaient plus de 130.000, ce qui en ferait l’une des plus grandes manifestations dans la ville depuis plusieurs années.

 

“Les habitants de Hong Kong et les visiteurs qui viennent à Hong Kong perdraient leur droit à ne pas être extradés vers la Chine continentale. Ils seraient soumis à un système légal injuste sur le continent”, a déclaré le militant et ancien député Leung Kwok-hung.

 

Certains jeunes manifestants ont expliqué qu’ils s’inquiétaient de se rendre sur le continent alors que le gouvernement chinois tente d’encourager la jeunesse hong-kongaise à renforcer ses liens avec la Chine méridionale.

 

La différence de critères en matière de droits de l’homme entre Hong Kong et le continent est trop importante pour être comblée, a estimé un manifestant, auxiliaire juridique.

“S’ils vous accusent d’un délit, vous êtes foutu”, a-t-il précisé.

 

Les manifestants ont également demandé la démission de Carrie Lam, la gouverneure de la région administrative spéciale, qu’ils accusent d’avoir “trahi” Hong Kong.

Certains ont ouvert des parapluies jaunes en souvenir du mouvement prodémocratique Occupy qui avait mobilisé une partie de la jeunesse pendant onze semaines en 2014.

 

 

Un libraire de Hong Kong fuit à Taïwan pour échapper à la Chine

 

Un libraire de Hong Kong, “disparu” fin 2015 alors qu’il était détenu en Chine continentale, a annoncé vendredi s’être enfui à Taïwan pour éviter d’être livré à Pékin alors que le territoire étudie un changement de ses règles d’extradition.

 

Lam Wing-kee était l’un des cinq libraires de Hong Kong “disparus” fin 2015 après avoir vendu des ouvrages critiques envers Pékin. Ils avaient été emprisonnés en Chine où ils avaient fait des “aveux” télévisés.

 

Tous travaillaient pour Mighty Current, une maison d’édition spécialisée dans les titres salaces sur la vie privée des dirigeants chinois et les intrigues politiques au sommet du pouvoir. Leurs disparitions avaient été vivement condamnées par la communauté internationale.

 

Après huit mois d’emprisonnement, M. Lam avait été autorisé à revenir en juin 2016 à Hong Kong à condition de récupérer un disque dur contenant la liste des clients de la librairie et de rentrer en Chine continentale.

 

Au lieu de quoi il avait convoqué une conférence de presse pour livrer des révélations explosives sur ce qui lui était arrivé quand il s’était rendu en Chine, comment les policiers chinois lui avaient bandé les yeux et l’avaient interrogé pendant des mois.

 

Lam, âgé de 64 ans, a expliqué vendredi avoir précipité son projet de partir à Taïwan, qui n’a pas d’accord d’extradition avec la Chine, après l’annonce cette année par le gouvernement de Hong Kong d’un projet permettant de livrer des personnes à la Chine continentale.

 

Lam ayant contrevenu aux conditions de sa libération sous caution, il est techniquement recherché par la Chine.

Les autorités taïwanaises ont indiqué aux médias locaux que M. Lam s’était vu accorder un visa d’affaires d’un mois et devra présenter une demande adéquate s’il souhaite rester plus longtemps.

 

 

“Parapluies de Hong Kong” : 16 mois de prison pour des figures de la démocratie

 

Quatre figures de proue du mouvement prodémocratie de Hong Kong ont été condamnées la semaine dernière à des peines de prison ferme pour leur responsabilité dans les manifestations monstres qui avaient paralysé en 2014 l’ex-colonie britannique et suscité l’ire de Pékin.

Leur procès a été dénoncé par les défenseurs des droits de l’homme.

 

Il s’agit des peines les plus lourdes prononcées en lien avec le “mouvement des parapluies”, qui avait illustré pendant 79 jours le ressentiment d’une partie des Hongkongais. L’idée du mouvement était d’occuper le quartier d’affaires si un suffrage universel libre n’était pas instauré pour élire le président du gouvernement local, lequel est désigné par un comité pro-Pékin.

 

Mais les anciens furent débordés par la jeunesse, la situation explosant à l’automne 2014 quand les policiers tirèrent du gaz lacrymogène sur les protestataires. “Ces longues peines adressent un avertissement glaçant à tous pour dire que le combat pour la démocratie aura des conséquences graves”, a déclaré Maya Wang, de l’ONG Human Rights Watch.

 

Le départ des quatre dans des véhicules de l’administration pénitentiaire a été un moment particulièrement émouvant, alors qu’une foule de leurs partisans scandait un slogan en cantonais pour les encourager.

 

La “révolte des parapluies” avait paralysé des quartiers entiers de l’une des capitales mondiales de la finance pendant plus de deux mois. Au final, Pékin n’avait fait aucune concession.

Depuis 2014, plusieurs militants ont été poursuivis par le ministère de la Justice, certains purgeant des peines de prison.

 

Certains ont également été interdits de se présenter à une élection, d’autres disqualifiés au Parlement.

Au procès à l’automne, l’accusation avait argué que les manifestations de masse avaient “causé du tort aux habitants” touchés par le blocage des voies de circulation.

 

Sources : Reuters, AFP

Poster un Commentaire

avatar

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S'abonner aux commentaires  
Me notifier des