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Inde : la Cour suprême dénonce les restrictions d’accès à internet au Cachemire

Inde : la Cour suprême dénonce les restrictions d’accès à internet au Cachemire

12 janvier 2020

 

Rappel du contexte

 

L’Inde et le Pakistan se sont partagés le Cachemire, région himalayenne et à majorité musulmane, au moment de l’indépendance en 1947, et se sont notamment deux fois fait la guerre pour son contrôle.

 

Début août, l’Inde avait révoqué l’autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu’elle contrôle (7 millions de personnes), puis instauré un couvre-feu. Cela faisait 70 ans que le Cachemire indien était autonome.

 

Elle avait aussi imposé un intense déploiement sécuritaire, coupé les communications et restreint les déplacements, tout en arrêtant ou en plaçant en résidence surveillée de nombreuses personnes.

 

En octobre, les téléphones mobiles ont ensuite été rétablis au Cachemire. Mais pas encore internet. Le gouvernement dit vouloir éviter, entre autres, la propagation de rumeurs via la messagerie WhatsApp.

 

Les restrictions avaient été décidées afin d’éviter une flambée de violence, car la majorité des habitants de cette région musulmane est en effet opposée à l’abrogation de l’autonomie, et les groupes militants ou terroristes auraient pu profiter de cette colère pour lancer d’importantes manifestations, voire des attaques meurtrières.

 

 

Internet n’est toujours pas rétabli

 

Cinq mois après la révocation de l’autonomie du Cachemire, internet demeure complètement coupé. La Cour suprême indienne vient d’ordonner au gouvernement de revoir ces restrictions. Une mesure en demi-teinte qui porte au moins l’espoir d’un début de retour à la normale au Cachemire.

 

Sans Internet, les étudiants, hommes d’affaires ou ceux qui veulent remplir des papiers urgents en ligne parcourent 130 km dans la journée, pour se rendre dans l’État voisin de Jammu, et revenir. Les médias du Cachemire n’ont pas internet, mais peuvent se connecter dans un centre dédié.

 

Les commerces, eux, ont peu de recours. Selon une étude de la chambre de commerce et d’industrie du Cachemire, les restrictions depuis début août ont déjà coûté 1,5 milliard d’euros à l’économie locale et entraîné la perte de 100.000 emplois, pour moitié dans le secteur vital du tourisme.

 

 

Visite autorisée de diplomates étrangers au Cachemire

 

Cinq mois après la révocation du statut d’autonomie, des dizaines de militants et politiciens sont toujours emprisonnés et les communications toujours restreintes. Mais New Delhi essaie de montrer à la communauté internationale que la situation est normale.

 

Ainsi, le gouvernement indien y a emmené une première délégation d’ambassadeurs installés dans le pays.

Guidés par des fonctionnaires indiens, ils ont rencontré des membres de l’armée, des politiciens et des journalistes locaux.

 

Une visite très encadrée, donc, et qui ne comprend pas de rencontre avec des opposants, dont beaucoup sont encore en prison. Ces conditions particulières ont poussé les diplomates de l’Union européenne à refuser d’y prendre part.

 

Sources : RFI, AFP

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