S'abonner par email

Inde : nouveaux heurts lors de manifestations pour soutenir les musulmans

Inde : nouveaux heurts lors de manifestations pour soutenir les musulmans

20 décembre 2019

 

En Inde les musulmans représentent 14% de la population.

Votée la semaine dernière, une loi contestée facilite l’attribution de la citoyenneté indienne aux réfugiés d’Afghanistan, du Pakistan et du Bangladesh, à la condition qu’ils ne soient pas musulmans. Ses opposants la jugent discriminatoire et contraire à la Constitution indienne.

 

De nouveaux affrontements ont éclaté vendredi entre la police et des manifestants protestant contre la nouvelle loi du pouvoir nationaliste hindou, qu’ils jugent discriminatoire envers les musulmans.

 

Après le décès de 5 manifestants tués par balle jeudi, la mobilisation a fait 14 morts au total depuis son début la semaine dernière. Elle constitue l’un des plus grands défis au Premier ministre Narendra Modi, fraîchement réélu, depuis son arrivée au pouvoir en 2014.

 

Des interdictions de rassemblements et coupures d’internet mobile touchent une grande partie de ce pays de 1,3 milliard d’habitants.

D’importants dispositifs sécuritaires sont déployés aux abords de nombreuses mosquées, par crainte de troubles à la sortie de la grande prière musulmane du vendredi.

 

La nouvelle loi ne concerne pas directement les Indiens de confession musulmane mais a cristallisé les peurs et colères de cette minorité après cinq ans de gouvernement Modi.

Dans la capitale, la situation était tendue dans le quartier à majorité musulmane d’Old Delhi, selon des journalistes de l’AFP sur place.

 

Autre décision de justice concernant les musulmans, en novembre, la Cour suprême indienne a autorisé la construction d’un temple hindou sur le site disputé d’Ayodhya, un dossier politico-religieux explosif qui oppose depuis des décennies hindous et musulmans.

 

C’était une victoire importante pour le Premier ministre Narendra Modi.

Des groupes hindous affirmaient que cette terre de 1,1 hectare située dans l’État d’Uttar Pradesh, dans le nord de l’Inde, où se dressait jusqu’en 1992 une mosquée du XVIe siècle, est le lieu de naissance du dieu Ram.

 

D’après eux, l’empereur musulman Babur y a bâti la mosquée Babri en rasant un temple ancien dédié à Ram. Les parties civiles musulmanes soutenaient qu’aucun temple n’a été détruit pour édifier la mosquée.

 

Mais la Cour a estimé que des preuves archéologiques montraient qu’une structure “d’origine hindoue” avait été construite sur le site avant la mosquée. Elle ordonne donc que le site soit confié à un trust qui y construira, sous certaines conditions, un temple hindou, tandis qu’un autre terrain sera remis à des groupes musulmans pour y bâtir une nouvelle mosquée.

 

Ce jugement n’avait pas entraîné de violences, mais la sécurité avait été renforcée à Ayodhya, où des milliers de membres des forces de sécurité avaient été déployés, dont des policiers anti-émeutes, et tout rassemblement avait été interdit.

 

Sources : RFI, AFP

 

Poster un Commentaire

avatar

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S'abonner aux commentaires  
Me notifier des