La Chine veut réduire l’écart entre ville et campagne

AP – La Chine va accroître la représentation parlementaire de sa population rurale en déclin, dans une volonté de réduire l’écart de développement entre villes et campagnes chinoises.
La société chinoise, jadis majoritairement rurale, connaît une urbanisation à vitesse grand V. Aujourd’hui, 43% de la population, soit 560 millions de personnes, vivent dans les villes, selon les statistiques officielles. La population urbaine a ainsi augmenté de 7% au cours des cinq dernières années.

Le corps législatif, réuni au sein du Congrès national du peuple, comprend quelque 3.000 parlementaires. Pour être élus, les membres des zones urbaines ont besoin de quatre fois moins d’électeurs que leurs homologues des zones rurales. Cette distinction avait été à l’origine prévue pour protéger les intérêts d’une population urbaine largement minoritaire face à des centaines de millions de paysans.
Cette inégalité de représentation devrait être supprimée avec l’adoption prévue d’un amendement de loi avant la clôture de la session annuelle du Congrès dimanche.

“Ce changement répond à la nécessité de droits en faveur d’un développement équitable”, a déclaré lundi Miao Zhi, délégué de la région majoritairement rurale du Xinjiang (ouest du pays). “C’est un pas en avant pour la cause des droits de l’Homme.”
Cette réforme ne devrait cependant pas aller dans le sens d’élections plus ouvertes: les délégués du Congrès seront toujours choisis par les assemblées provinciales, elles-mêmes choisies par les assemblées locales. Le Parti communiste dispose d’un droit de regard sur les candidats, notamment aux plus hauts échelons.

La réforme s’inscrit dans les promesses faites par le président chinois Hu Jintao en faveur de l’amélioration des conditions de vie de la population rurale, qui gagne l’équivalent de 5.153 yuan (550 euros) par an et par habitant, soit un tiers environ des revenus des citadins.
Le système des “hukous”, qui établit deux statuts officiels distincts entre ruraux et citadins, empêche les migrants ruraux, de plus en plus nombreux à s’installer en ville, d’obtenir des logements subventionnés et des avantages sociaux. Nombreux sont ceux qui considèrent désormais ce système comme une forme d’apartheid.

Il avait été conçu à l’origine pour contrôler l’immigration interne et répartir les ressources, sous le strict contrôle des communistes de Mao Zedong, arrivés au pouvoir en 1949. Face aux critiques, des représentants du pouvoir ont dit vouloir une réforme du système des hukous, sans toutefois annoncer son abrogation.

Zhang Zuoha, vice-gouverneur de la province du Sichuan (sud-ouest), a annoncé que sa province avait éliminé certaines conditions relatives au “hukou” et espérait que les autres provinces logeraient les 20 millions de Sichuanais ayant migré pour travailler.
“Pour ceux qui ont des logements et des emplois relativement stables, leur lieu de vie doit les accepter et régler la question de leur hukou”, a-t-il estimé.

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