La Corée du Nord de plus en plus menaçante

1- Des clefs pour comprendre la crise nucléaire
Le régime communiste nord-coréen est un allié de la Chine et de la Russie.
Il est engagé depuis août 2003 dans de laborieuses négociations à six (les deux Corées, les Etats-Unis, le Japon, la Chine et la Russie) en vue de l’arrêt de son programme nucléaire.
Malgré cela il a effectué en octobre 2006 le premier essai nucléaire de son histoire, suite auquel le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité une résolution imposant des sanctions économiques et diplomatiques.

Les négociations à six ont ensuite repris, aboutissant à l’accord de Pékin en février 2007 : par cet accord la Corée du Nord acceptait de fermer son principal réacteur nucléaire dans le cadre d’un plan visant à mettre un terme à son programme d’armes atomiques. En contrepartie, elle devait recevoir en guise d’aide un million de tonnes de pétrole, vitale pour ce pays souffrant de pénuries chroniques. Le pays espérait aussi une normalisation de ses relations avec les Etats-Unis et la communauté internationale.

En juillet 2007, la Corée du Nord ferme le principal réacteur de Yongbyon, avant d’entamer ensuite son démantèlement. En juin 2008, elle détruit symboliquement une tour de refroidissement à Yongbyon.
En octobre, les Etats-Unis retirent la Corée du Nord de la liste des Etats soutenant le terrorisme.
En revanche l’aide a tardé à arriver, Washington insistant sur la mise en place d’un strict mécanisme de contrôle du processus de dénucléarisation. Furieux, le régime communiste, qui estimait que ces inspections ne figuraient pas dans l’accord, a annoncé le 26 août 2008 l’interruption du démantèlement et menacé le 19 septembre de relancer le complexe nucléaire de Yongbyon. En décembre, Washington a annoncé la suspension de son aide énergétique.

En février 2009, la Corée du Nord a proclamé son droit au “développement spatial” et a annoncé disposer d’un nouveau type de missile balistique de moyenne portée capable d’atteindre le nord de l’Australie et l’île de Guam.
En avril elle a procédé au lancement d’une fusée, expliquant que ce lancement devait servir à placer un satellite de communication en orbite. Mais la communauté internationale y a vu un tir de missile balistique à longue portée pouvant atteindre notamment le territoire US. A ce titre cela violait la résolution adoptée par l’Onu en 2006 qui interdit tout essai de missile ou essai nucléaire.

Du coup le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité une déclaration condamnant le tir de fusée, et il et a demandé l’application des sanctions existantes (des sanctions financières et un embargo sur les importations et les exportations d’armes).
La déclaration réclamait aussi que Pyongyang reprenne les discussions à six sur le démantèlement de son programme nucléaire et s’abstienne de tout nouveau lancement.
Mais elle s’est retirée des pourparlers sur le nucléaire et a expulsé les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de son complexe nucléaire de Yongbyon, annonçant la relance de ce site stratégique, opération déjà entreprise selon la presse sud-coréenne.

Fin mai, Pyongyang a multiplié les provocations en procédant à un deuxième essai nucléaire, en tirant des missiles à moyenne portée et en menaçant sa voisine d’entrer en guerre.
L’armée nord-coréenne compte 1,2 million de personnels d’active et 7,7 millions de réservistes.
Les Etats-Unis ont menacé de réagir. Washington maintient environ 250.000 soldats dans le Pacifique, dont 28.500 stationnés en Corée du Sud.

Pyongyang, qui s’est vu infliger de nouvelles sanctions après son 2e essai nucléaire, a ensuite simultanément soufflé le chaud et le froid à l’adresse de la communauté internationale.
Elle a d’abord menacé de ne jamais abdiquer ses ambitions nucléaires et d’utiliser son plutonium à des fins militaires.
Elle a ensuite procédé en juillet à une série de tirs de missiles balistiques puis a pris en août une série de mesures d’ouverture, avant d’annoncer début septembre être parvenu au dernier stade de l’enrichissement d’uranium. Elle a aussi affirmé qu’elle allait fabriquer de nouvelles armes nucléaires avec des barres d’uranium usées.
Puis début octobre elle s’est dit prête à reprendre, sous conditions, les négociations sur son désarmement nucléaire. Elle a posé comme condition une discussion bilatérale préalable avec les Etats-Unis.

Puissance nucléaire militaire depuis octobre 2006, elle est coutumière des volte-face afin de négocier en position de force.
Le régime a ainsi reçu des dizaines de milliers de tonnes de fioul sans jamais céder sur le fond : son principal réacteur à Yongbyon a bien été mis hors service en 2007 mais les autorités ont à plusieurs reprises affirmé avoir réactivé le site.
Selon l’agence sud-coréenne Yonhap citant une source au sein du ministère de la Défense, le Nord en serait à la phase finale de réhabilitation de Yongbyon.


2- Pyongyang fait monter les enchères avant de négocier
La Corée du Nord a fait monter les enchères depuis le début de la semaine en effectuant ou annonçant plusieurs tirs de missiles à courte portée, dans l’optique de nouvelles négociations avec son voisin sud-coréen.
A Séoul, l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, citant une source gouvernementale sud-coréenne, a rapporté mardi que Pyongyang s’apprêtait à procéder à de nouveaux tirs de missiles à courte portée, au lendemain des 5 essais effectués au large de sa côte orientale.

Ces essais, les premiers depuis trois mois, interviennent alors que les autorités nord-coréennes ont laissé entendre qu’elles étaient prêtes à revenir à la table des négociations sur le démantèlement de leur programme nucléaire militaire, à condition de discuter d’abord en tête à tête avec les Etats-Unis.
“Certaines indications montrent que le Nord se prépare à tirer des missiles à partir de sa côte occidentale”, a dit une source gouvernementale citée par Yonhap.

La Corée du Nord aurait adressé un message d’alerte enjoignant aux navires croisant dans la région de rester en dehors des eaux au large de ses côtes, ont précisé les gardes-côtes japonais et Yonhap.
Les tests coïncident selon les médias avec la présence dans la région du porte-avions américain George Washington. Le bâtiment doit mouiller mardi dans le port sud-coréen de Busan et la Corée du Nord a toujours manifesté d’une manière ou d’une autre son agacement lors de telles visites.

Pour autant, la Chine, le pays le moins hostile à la Corée du Nord, ne croit pas à un regain de tension dans la région, qui viendrait à contre-courant du dégel constaté depuis quelques mois.
Une analyse partagée par les experts de la péninsule.
“Des négociations bilatérales, et peut-être multilatérales, arrivent bientôt, et la Corée du Nord joue de toutes ses cartes avant qu’elles ne débutent”, juge ainsi Koh Yu-hwan, spécialiste de la politique nord-coréenne à l’université Dongguk de Séoul.

Lundi, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait réagi avec modération aux tests coréens. “Notre objectif demeure le même. Nous avons l’intention de contribuer à une dénucléarisation de la péninsule nord-coréenne”, a-t-elle dit.
La Corée du Nord dispose de centaines de missiles de courte portée capables de frapper Séoul et son agglomération, forte de 25 millions d’habitants.
Par une résolution, le Conseil de sécurité de l’Onu a interdit à Pyongyang de procéder à des tests de missiles balistiques mais rien ne lui interdit de tester des engins de courte portée.

Cependant, mardi un porte-parole du ministère des Affaires étrangères sud-coréen a estimé que les tirs d’essai de 5 missiles de courte portée effectués lundi constituent une violation des résolutions des Nations Unies.
“Les derniers tests de missiles de la Corée du Nord violent les résolutions 1695, 1718 et 1874 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui interdisent toute activité liée aux missiles balistiques”, a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère, Moon Tae-young.

La Corée du Nord, engagée dans un bras de fer avec une partie de la communauté internationale qui l’incite à renoncer à ses ambitions atomiques, procède régulièrement à des exercices et des tirs de missiles arguant de son “droit à l’autodéfense”. Elle se sent souvent menacée lors des manœuvres militaires régulières à sa frontière entre la Corée du Sud et les Etats-Unis.
Ces dernières années, Pyongyang s’est livré à de nombreux tirs d’essai de missiles à courte portée, en plus des tirs de moyenne et longue portée condamnés par l’ONU. Jusqu’à présent, Séoul n’avait pas qualifié les tirs d’essai à courte portée de violations des résolutions de l’ONU.

Les exercices surviennent surtout lorsque le régime stalinien cherche à marquer son mécontentement ou à peser sur des discussions en cours. Les tirs de lundi surviennent alors que le Nord a accepté la semaine dernière un retour sous conditions aux négociations sur son désarmement nucléaire.
En avril, Pyongyang avait menacé de tirer un missile intercontinental à longue portée en direction d’Hawaï, Etat américain situé au milieu de l’océan Pacifique, où Washington a annoncé l’installation de systèmes antimissiles.


3- Bientôt la bombe ?
Le fait que la Corée du Nord ait réalisé le 25 mai un second essai nucléaire souterrain puis procédé aux tirs de nombreux missiles de courte portée pourrait faire penser que le régime communiste est proche de mettre au point une bombe atomique opérationnelle.
En avril, les Nord-Coréens avaient déclaré avoir lancé une fusée pour placer en orbite un satellite, mais il s’agissait en fait, de l’avis des experts asiatiques et occidentaux, d’un tir déguisé de missile de longue portée Taepodong-2, en violation des résolutions de l’Onu.
Le missile avait parcouru 3.200 km avant de s’abîmer dans le Pacifique, selon des experts en balistique.

Quant au plutonium, le réacteur de Yongbyon (100 km au nord de Pyongyang) en produisait jusqu’en 2007, date à laquelle le régime s’était engagé à le fermer. Sa remise en service a cependant été récemment annoncée en rétorsion à la condamnation par l’ONU mi-avril d’un tir de fusée balistique au dessus du Japon.

Selon Yoon Deok-min, professeur à l’Institut sud-coréen des Affaires étrangères et de la Sécurité nationale, la Corée du Nord disposerait d’environ 50kg de plutonium, de quoi fabriquer six bombes atomiques. Le retraitement de barres de combustible dans le complexe nucléaire de Yongbyon pourrait fournir de huit à dix kilos supplémentaires de plutonium, assez pour une septième bombe, a-t-il ajouté.
Les experts estiment cependant que la Corée du Nord ne maîtrise pas la miniaturisation nécessaire pour armer de bombes des missiles à longue portée.


4- Nucléaire : Pékin voit des signes d’ouverture de Pyongyang
Pékin, Séoul et Tokyo voient une fenêtre pour relancer les pourparlers sur le nucléaire nord-coréen. Pyongyang a en effet montré des “signes de flexibilité” lors de la visite du chef du gouvernement chinois début octobre, et il faut en saisir l’occasion, ont-ils estimé samedi lors d’une réunion tripartite.

Bien que la Chine soit un proche allié de la Corée du Nord, Pékin étant le premier partenaire commercial de Pyongyang, elle est hostile à une course aux armements nucléaires dans la région.
Elle a fait part de son mécontentement au printemps après le tir de missile nord-coréen. Pékin, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, s’était ensuite associé aux sanctions prises par la communauté internationale après le deuxième essai nucléaire de mai.

Wen Jiabao s’est rendu récemment en Corée du Nord pour une visite au cours de laquelle le maître de Pyongyang Kim Jong Il lui a affirmé être disposé à mettre fin à son boycott des pourparlers à Six, mais a conditionné ce retour à la table des discussions à des progrès dans les négociations bilatérales avec les Etats-Unis.
Washington n’a pas immédiatement réagi publiquement à l’ouverture nord-coréenne. Mais il a récemment évoqué la possibilité d’un dialogue direct avec Pyongyang, si cela permettait une relance des pourparlers à six.

Pyongyang aspire à envoyer Ri Gun, le No2 de l’équipe de négociateurs du dossier nucléaire, à Washington avant la fin du mois, pour un forum sur la sécurité, selon un diplomate sud-coréen.
Un projet de déplacement, encore officieux, mais qui laisse penser que Ri Gun pourrait bien en profiter pour des rencontres discrètes avec les responsables américains, afin de préparer le terrain à une éventuelle rencontre directe.
A Washington, le porte-parole du Département d’Etat Philip Crowley a expliqué que M. Ri avait été invité aux Etats-Unis par des organisations non-gouvernementales. Mais qu’aucune décision n’avait encore été prise “sur l’opportunité d’approuver ce voyage”.

Paradoxalement, la Corée du Nord, qui ne cesse de vitupérer contre “l’hostilité” des “impérialistes américains”, est obsédée par des pourparlers directs avec Washington.
Pyongyang juge en effet que les Etats-Unis sont les seuls à pouvoir offrir au régime un pacte de non agression, voire un traité de paix. La guerre de Corée s’est terminée par un simple armistice, laissant techniquement la péninsule coréenne en état de guerre.

Pour Cho Min, analyste à l’Institut national coréen de l’unification, les deux pays ont un intérêt à dialoguer: la Corée du Nord, démunie, a besoin de sortir de son statut d’Etat paria et Washington veut s’assurer qu’elle ne vend pas d’armements nucléaires à des pays tiers.
“La Corée du Nord veut la levée des sanctions (…) Ce que les Etats-Unis veulent, ce sont des assurances sur la prolifération, parce que les Etats-Unis ne soucient guère de la remise en route d’une centrale nucléaire obsolète ou de savoir de combien de matière nucléaire le Nord dispose”, explique-t-il.
Pyongyang cherche depuis longtemps à ouvrir des négociations directes avec Washington sur son programme nucléaire et d’autres dossiers, dans l’espoir de rehausser son image sur le plan international.


5- Des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU
Au cœur d’un éventuel retour de Pyongyang à la table des discussions, il y a les sanctions de l’ONU imposées après les nouveaux regains de tension du mois de mai : vendredi, le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama et le président sud-coréen Lee Myung-bak ont réaffirmé leur volonté de geler tout aide à Pyongyang tant que le Nord n’aura pas commencé à démanteler son programme d’armes nucléaires.
Même la Russie et surtout la Chine, alliées de Pyongyang et d’habitude opposées aux sanctions, ont voté la résolution du Conseil de sécurité renforçant les sanctions contre la Corée du Nord.

Jusque-là, Pyongyang était sous le coup de sanctions prévues par la résolution 1718 du Conseil, adoptée en octobre 2006 après son premier essai nucléaire.
Adoptée le 12 juin dernier à l’unanimité, la résolution 1874 du Conseil de sécurité de l’ONU alourdit les sanctions déjà en vigueur : elle prévoit un système renforcé d’inspection des cargaisons aériennes, maritimes et terrestres à destination ou en provenance de Corée du Nord, y compris en haute mer, et un élargissement de l’embargo sur les armes. Elle interdit de fournir tout service financier susceptible de bénéficier au programme d’armement nord-coréen.

La résolution décrète également un gel des avoirs et une interdiction de voyager contre les individus et entités accusés d’implication dans le programme nucléaire de Pyongyang.
Ainsi ont été ajoutés à la liste noire des firmes qui aident Pyongyang à poursuivre ses programmes d’armement 5 sociétés et 5 individus liés à l’essai nucléaire du mois de mai, parmi lesquels la Namchongang Trading Corporation, impliquée dans l’achat de pompes à vide fabriquées au Japon et identifiées dans une installation nucléaire nord-coréenne, et le General Bureau of Atomic Energy (GBAE) responsable du programme nucléaire nord-coréen.
L’ONU a aussi placé deux produits sur la liste des biens à écarter : le graphite industriel et la fibre para-aramide.

Début septembre les Etats-Unis ont gelé les avoirs de deux organisations nord-coréennes impliquées dans son programme nucléaire : le Bureau général de l’énergie atomique, qui supervise une grande partie du programme nucléaire du Nord, et la Korea Tangun Trading Corporation, soupçonnée d’apporter un soutien à son programme balistique.
Les Etats-Unis ont en outre exhorté la communauté internationale à mettre en œuvre les nouvelles sanctions, faisant valoir qu’il s’agit du seul moyen de la ramener sur la voie du désarmement nucléaire.

Cet appel traduit la crainte de voir les pays voisins, surtout la Chine et la Corée du Sud, hésiter à appliquer ces sanctions avec rigueur, par crainte de provoquer un effondrement intérieur susceptibles d’entraîner un exode, voire d’un conflit armé.
La Chine est peu disposée à accentuer des sanctions susceptibles de déstabiliser Pyongyang et de semer l’anarchie à sa frontière. La Chine avait notamment ignoré les directives contenues dans la résolution 1718 adoptée en octobre 2006.

Début septembre, dans une lettre, Pyongyang dit qu’il ne sera jamais lié par la résolution 1874.
Pyongyang poursuit en avertissant que si des membres du Conseil de sécurité persistaient à privilégier les sanctions au détriment du dialogue, il serait forcé “de prendre des contre-mesures auto-défensives plus fortes”, une référence apparente à un 3e test nucléaire ou à un nouveau tir d’essai de missile longue-portée.


6- La Corée du Nord aurait des armes bactériologiques
La Corée du Sud a affirmé début octobre que Pyongyang a des capacités bactériologiques militaires et détient un arsenal allant jusqu’à 5.000 tonnes d’armes chimiques.
Les allégations selon lesquelles le nord disposerait, en sus de son programme nucléaire, d’un arsenal chimique et biologique ne sont pas nouvelles mais les informations du ministère sont cette fois plus détaillées : le choléra, la fièvre jaune, la fièvre typhoïde, le typhus ou la dysenterie pourraient êtres utilisés par l’Etat nord-coréen dans le cadre d’une guerre bactériologique, indique le ministère.
La Corée du Nord disposerait de 13 sortes de virus et de bactéries.

Déjà en juin, l’International Crisis Group (ICG) avait averti que la Corée du Nord présentait non seulement un danger nucléaire mais possédait également un important stock d’armes chimiques et bactériologiques.
Le centre de réflexion basé à Bruxelles estimait aussi que ces armes pouvaient être adaptées à un missile.
Selon l’ICG, l’arsenal du Nord inclut aussi des gaz sarin et moutarde, du phosgène, du gaz tabun et d’autre agents neurotoxiques pouvant être projetés par avion, missile ou tirs d’artillerie.


7- L’arsenal de missiles nord-coréen
Voici un aperçu de l’arsenal de missiles nord-coréen :
TAEPODONG-2 AVANCE : en développement. Portée potentielle d’environ 8.000 kilomètres, mettant la côte ouest des Etats-Unis, Hawaï, l’Australie et l’est de l’Europe à distance de tir. La Corée du Nord dit que ces missiles, ainsi que tous les missiles Taepodong, sont des lanceurs spatiaux (SLV) de satellites, mais la technologie pour les satellites et les missiles est considérée comme interchangeable.

TAEPODONG-2 : roquette à trois étages ayant une portée potentielle de plus de 6.700 kilomètres, ce qui met l’Alaska à distance de tir. Selon Séoul, le lancement d’une roquette de ce type a échoué peu après son décollage en juillet 2006. Les deux premiers étages sont alimentés par du carburant liquide, alors que le troisième serait alimenté par du carburant solide.
Similaire au SLV Safir-Omid d’Iran, ce qui laisse penser qu’il y a eu une coopération importante entre les deux nations. D’ailleurs, d’après la presse, des experts iraniens étaient en Corée du Nord en mars pour aider au lancement de la fameuse fusée où la communauté internationale a vu un tir de missile balistique à longue portée.

TAEPODONG-1 : portée estimée à 2.500 kilomètres. Lors d’un essai en août 1998, une roquette a survolé le Japon et a choqué la communauté internationale parce qu’elle a été bien au-delà de la capacité connue de la Corée du Nord à l’époque. Les deux premiers étages sont alimentés par du combustible liquide, avec un troisième étage potentiellement alimenté par du combustible solide. La charge utile serait d’environ 500 kilogrammes. Elle ne serait pas précise.

NOUVEAU MISSILE : la Corée du Nord a mis au point un nouveau missile balistique à portée intermédiaire, selon le ministère sud-coréen de la Défense. Avec une portée de 3.000 kilomètres, il pourrait atteindre Guam (où il y a des installations US), le nord de l’Australie, une grande partie de la Russie et certaines régions de l’Inde. La Corée du Nord aurait utilisé de la technologie de missile balistique russe SS-N-6 lancé depuis un sous-marin pour ce missile mobile, basé au sol. Il serait alimenté par du combustible liquide, avec un ou deux étages. La Corée du Nord aurait présenté ce nouveau missile lors d’un défilé militaire en 2007. On ignore quelle est sa précision.

RODONG : le Japon est la cible probable de ce missile à courte portée. Il est presque identique au Shahab-3 iranien et au Ghauri II (Hatf V) pakistanais, ce qui laisse penser à une collaboration avec ces pays, en échange d’une vente de technologie et d’équipement de missile de la Corée du Nord. Les trois pays continuent à en affiner la conception. Il aurait une portée comprise entre 1.000 et 1.500 kilomètres et une charge utile maximum de 1.000 kilos. Ils ont un seul étage et auraient une faible précision.

SCUD : un seul étage, avec une portée maximum de 800 kilomètres. Connus en Corée du Nord sous le nom de Hwasong, le Scud B et le Scud C ne peuvent atteindre que la Corée du Sud, mais le Scud D peut atteindre le Japon. La précision est très faible. Les programmes de missiles balistiques au Pakistan et en Iran ont été construits avec de la technologie Scud.
Sources: renseignements internationaux STRATFOR, ministère de la Défense de Corée du Sud.


8- D’importants problèmes économiques pourraient expliquer l’apaisement
Si la Corée du Nord a fait montre d’une certaine ouverture, c’est en partie pour des raisons économiques.
L’économie du pays, très affaiblie par des années de mauvaise gestion et de sanctions internationales, a encore été frappée cette année par des pluies torrentielles qui ont pesé sur le secteur agricole.

Le régime communiste ne bénéficie plus, en outre, de l’aide du Sud, équivalente à 5% de son produit intérieur brut, estimé à 17 milliards de dollars par an, et de nouvelles sanctions ont été prises par les Nations unies à la suite de son essai nucléaire de mai dernier et de ses tirs de missiles.
La Corée du Nord a besoin de devises étrangères pour acheter des pièces à l’étranger pour ses programmes nucléaire et militaire, ou des biens pour son élite au pouvoir.

Pyongyang a autorisé fin août la reprise d’activités touristiques sur le mont Kumgang, géré par une filiale du groupe sud-coréen Hyundai, dont il peut attendre plusieurs dizaines de millions de dollars d’ici la fin de l’année. La Corée du Nord accordera aussi un nouvel accès au Mont Paekdu, situé près de la frontière avec la Chine.
Le Nord s’efforce également d’obtenir une augmentation des salaires et loyers dans le parc industriel commun avec le Sud situé dans la ville-frontière nord-coréenne de Kaesong et géré par la même filiale de Hyundai. Dans la zone industrielle de Kaesong, près de la frontière, quelque 110 entreprises sous contrôle sud-coréen emploient environ 40.000 Nord-Coréens. Ce parc industriel génère chaque mois des millions de dollars en biens manufacturés (habits, chaussures, sacs, ustensiles de cuisine etc.).

En améliorant ses liens avec Séoul, le Nord pourrait espérer une nouvelle aide économique. Avant son arrêt en février 2008, à l’arrivée au pouvoir du président sud-coréen Lee Myung-bak, l’aide sud-coréenne se montait à 400-500.000 tonnes de riz et 300.000 tonnes d’engrais chaque année.
Kim Jong-il a reçu en août la présidente du conglomérat Hyundai, grand investisseur en Corée du Nord pendant dix ans. Les deux parties ont décidé de rouvrir des liens d’affaires.

Pyongyang a décidé de lever les contrôles aux frontières pour les hommes d’affaire et les touristes.
En 2008 suite à de fortes tensions la Corée du Nord avait limité l’accès des hommes d’affaire sud-coréens à un site industriel financé par des investissements sud-coréens.
Or ces suspensions avaient représenté pour la Corée du Nord, appauvrie, et frappée par des sanctions internationales après ses tirs de missiles, des pertes de millions de dollars.

Sources : AFP, Reuters, AP, ONU

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Alas
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That thing doesn’t even scratch the sfacrue of North Korean Looniness:A cliff face has a 1300-foot tall prayer for Kim Il-Sung’s good health (he had an army of doctors caring for him until his demise–wonder what happened to them).All up and down the border with South Korea are “Propaganda Villages,” empty, uniform hamlets that were built to convey the illusion of North Korean propsperity. They are perfectly identical: a block or two of flats, a factory, a row of shops and three or four houses. All are painted–you guessed it–beige.There is no glass in the windows, no interior walls in… Lire la suite »