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La Corée du Nord reste insaisissable

18 avril 2019

 

Kim et Poutine tiendront leur premier sommet en Russie fin avril

 

Le Kremlin a annoncé jeudi la préparation d’un sommet inédit entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président Vladimir Poutine, prévu pour fin avril en Russie, signe du rôle accru que Moscou souhaite avoir dans ce dossier brûlant.

 

Cette annonce intervient dans un contexte de tensions entre Pyongyang et Washington après un sommet raté en février, la Corée du Nord exigeant désormais le retrait du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo des discussions sur ses arsenaux nucléaires, quelques heures après avoir annoncé l’essai d’un nouveau type d’arme.

 

La rencontre entre Kim Jong Un et Vladimir Poutine sera la première du genre. Le dirigeant nord-coréen aurait dû se rendre à Moscou en mai 2015 pour les 70 ans de la victoire des Alliés lors de la Seconde guerre mondiale, mais il y avait renoncé quelques jours avant.

 

Ces dernières années, des responsables russes se sont rendus à plusieurs reprises en Corée du Nord, et des responsables nord-coréens en Russie. Les deux pays entretiennent des relations amicales.

 

L’émissaire américain pour la Corée du nord, Stephen Biegun, et la conseillère de Donald Trump Fiona Hill se trouvent actuellement à Moscou pour des pourparlers avec les responsables russes.

 

 

Le leader nord-coréen ne veut plus coopérer avec Mike Pompeo

 

La Corée du nord a accusé jeudi Mike Pompeo de manquer de prudence et de maturité, demandant la désignation d’un nouvel interlocuteur américain et faisant monter les enchères en pleine impasse diplomatique.

 

Après une année 2018 marquée par un spectaculaire rapprochement sur la péninsule coréenne et un sommet historique entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump, la détente apparaît de plus en plus fragile, dans la foulée du fiasco de la seconde rencontre entre les deux hommes en février à Hanoi.

 

Depuis le début du processus diplomatique l’an passé, Pyongyang a toujours préféré traiter directement avec M. Trump, qui présente M. Kim comme son “ami” et n’évoque quasiment plus jamais les violations massives des droits humains imputées au régime nord-coréen.

Alors que Mike Pompeo a estimé début avril que Kim Jong Un est bien un “tyran”.

 

Pyongyang a récemment accusé le secrétaire d’Etat américain, ainsi que le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche John Bolton, d’être responsables du fiasco pour avoir “créé une atmosphère d’hostilité et de défiance”. L’été dernier, les autorités nord-coréennes avaient dénoncé ses “méthodes de gangster” durant les négociations.

 

Aux Etats-Unis, Mike Pompeo risque aussi d’apporter de l’eau au moulin des détracteurs de Donald Trump, qui accusent le président de bien s’entendre avec les “dictateurs” — parfois mieux qu’avec les alliés occidentaux de Washington.

 

 

La puissance nucléaire nord-coréenne semble s’accroître

 

La charge de Pyongyang contre M. Pompeo est intervenue quelques heures après que l’agence nord-coréenne KCNA eut rapporté que M. Kim avait supervisé l’essai d’une nouvelle “arme tactique guidée” avec une “puissante ogive”, contribuant aux doutes quant au processus diplomatique.

 

Kim Jong Un a qualifié ce test d'”événement d’une très grande importance pour accroître la puissance de combat de l’Armée populaire” nord-coréenne, selon la même source.

La Corée du Sud n’a rien détecté sur ses radars, a indiqué à l’AFP un responsable militaire, jugeant improbable qu’un missile ait été tiré.

 

Le Centre des études stratégiques et internationales (CSIS), basé à Washington, a de son côté fait état mercredi de signes d’activité sur le complexe de Yongbyon, principal site nucléaire nord-coréen, laissant penser que Pyongyang pourrait avoir repris des opérations de retraitement de matières radioactives à des fins militaires.

 

 

Kim Jong Un se dit ouvert à l’idée d’un 3e sommet avec le président américain

 

Lors d’un discours devant l’Assemblée suprême du peuple, Kim Jong Un s’est cependant dit ouvert à l’idée d’un troisième sommet avec le président américain Donald Trump si Washington arrivait à la table des négociations avec “la bonne attitude”.

 

Le premier sommet historique, en juin 2018 à Singapour, entre les deux hommes s’était terminé avec une déclaration commune très vague sur la “dénucléarisation complète de la péninsule coréenne”.

 

Le deuxième, en février, s’est soldé par un fiasco, sans la moindre avancée concrète sur ce dossier, et même pas de déclaration.

Cette déconvenue a soulevé des questions quant à l’avenir du processus.

 

Pyongyang a expliqué qu’il voulait la levée des seules sanctions pesant sur les conditions de vie des Nord-Coréens. Mais les Etats-Unis avaient considéré que Pyongyang exigeait de fait la disparition des principales sanctions sans proposer grand-chose de précis en retour.

 

Lors de ce 2e sommet, Trump avait remis à Kim une feuille de papier lui enjoignant de transférer aux Etats-Unis les armes nucléaires et le combustible nord-coréens, selon ce document que Reuters a pu consulter.

 

Les Etats-Unis ont émis des propositions “totalement irréalisables” et n’étaient “pas vraiment prêts à discuter avec nous en face à face pour résoudre le problème”, a déclaré Kim Jong-un, selon les propos rapportés par KCNA.

 

Une représentante de Pyongyang a prévenu le mois dernier que Kim Jong-un envisageait de ne plus respecter le gel des tests de missiles décidé fin 2017.

Kim Jong-un a estimé que la politique des sanctions américaines était aussi “idiote et dangereuse que d’essayer d’éteindre un incendie avec de l’essence”.

 

 

Jour du Soleil à Pyongyang : les Nord-Coréens rendent hommage à Kim Il Sung

 

Des dizaines de milliers de Nord-Coréens ont rendu hommage lundi à leurs dirigeants à l’occasion du Jour du Soleil commémorant la naissance du fondateur du régime, journée la plus importante du calendrier rituel de ce pays isolé en proie aux sanctions internationales.

 

Les Nord-Coréens sont élevés depuis leur naissance dans le culte de la dynastie et toutes les commémorations relatives à la famille des Kim sont pour le régime une occasion d’asseoir son pouvoir. Les Nord-Coréens interrogés dans la rue expriment toujours leur dévouement et un soutien sans borne envers le régime.

 

Sources : AFP, Reuters

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