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La Corée du Nord, alliée de la Chine, se rapproche aussi de la Russie

26 avril 2019

 

Rappel du contexte

 

Avant le 2e sommet raté en février entre Corée du Nord et USA, MM. Kim et Trump avaient auparavant opéré une spectaculaire détente de leurs relations.

Le 2e sommet fut un échec car la Corée du Nord avait cherché à obtenir un allègement immédiat des sanctions internationales décidées pour la contraindre de renoncer à ses armes atomiques.

 

Mais les discussions avaient été écourtées en raison de désaccords profonds avec Washington, notamment sur les concessions que Pyongyang était prêt à faire. Ensuite, Pyongyang avait haussé le ton en se livrant à une attaque d’une rare violence contre Mike Pompeo, exigeant que le secrétaire d’Etat américain ne participe plus aux discussions sur la dénucléarisation.

 

 

Trump dément que de l’argent a été versé pour libérer Otto Warmbier

 

Donald Trump a affirmé vendredi que les Etats-Unis n’avaient pas versé d’argent à la Corée du Nord pour obtenir la libération de l’étudiant américain Otto Warmbier détenu pendant 17 mois dans une prison nord-coréenne.

 

Le Washington Post rapportait que Trump avait approuvé le versement à la Corée du Nord de deux millions de dollars pour payer la prise en charge de l’étudiant emprisonné par les autorités nord-coréennes. Otto Warmbier est mort le 19 juin 2017, six jours après son retour aux Etats-Unis. Le jeune homme âgé de 22 ans avait été rapatrié alors qu’il se trouvait dans le coma.

 

 

Kim se plaint des Américains à Poutine

 

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a confié au président russe Vladimir Poutine, jeudi à Vladivostok, que les Etats-Unis avaient été “de mauvaise foi” lors du sommet Kim-Trump de Hanoï en février, rapporte vendredi l’agence nord-coréenne KCNA.

 

Cette toute première rencontre Poutine-Kim dans l’Extrême-Orient russe était l’occasion pour le leader nord-coréen, en quête de soutien, de pouvoir raviver “les liens historiques” avec Moscou pour arriver à une “relation plus stable et plus solide”.

 

Kim a dit à M. Poutine que la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne dépendent entièrement de l’attitude des Etats-Unis et que son pays “se préparera à toutes les situations possibles”, toujours selon KCNA.

 

Kim a aussi averti dans le même texte que la situation “pourrait retrouver son état initial, les Etats-Unis ayant adopté une attitude unilatérale de mauvaise foi lors du second sommet Corée du Nord-Etats-Unis récemment”.

 

Entre MM. Kim et Poutine, c’était plus simple jeudi. “Je suis content du résultat : Kim Jong Un est quelqu’un d’assez ouvert, prêt à parler de tout”, s’est félicité M. Poutine devant la presse à la fin de la rencontre. “C’est quelqu’un d’assez intéressant, un interlocuteur dense”.

 

Le leader nord-coréen, qui a qualifiée d'”ouverte et amicale” la rencontre de Vladivostok, a invité M. Poutine à lui rendre visite dans son pays “au moment opportun”, et cette offre a été “promptement acceptée”, selon KCNA.

 

Malgré ses invitations répétées à M. Kim, la Russie était restée jusqu’à présent à l’écart de la détente observée sur la péninsule coréenne depuis début 2018.

Mais le dirigeant nord-coréen cherche des soutiens dans son bras de fer avec Washington.

 

En fin de rencontre, le président russe s’est dit favorable comme les Etats-Unis à une “dénucléarisation totale” et jugé un règlement “possible”, à condition de faire “des premiers pas” et d’offrir à Pyongyang des “garanties de sécurité et de souveraineté” de la communauté internationale.

 

Moscou prône un dialogue avec Pyongyang sur la base d’une feuille de route définie par la Chine et la Russie. Cette dernière a déjà demandé la levée des sanctions internationales, tandis que les Etats-Unis l’ont accusée d’aider Pyongyang à les contourner.

 

Après des années de montée des tensions, la péninsule connaît cependant une détente spectaculaire et M. Kim a rencontré depuis mars 2018 quatre fois le président chinois Xi Jinping, trois fois le président sud-coréen Moon Jae-in et deux fois M. Trump.

 

 

La main d’œuvre nord-coréenne, enjeu crucial entre Moscou et Pyongyang

 

Outre le dossier nucléaire, les deux dirigeants devraient évoquer le renforcement de leur coopération économique et plus particulière la question de la main-d’œuvre nord-coréenne. Environ 10.000 travailleurs sont employés en Russie, représentant une source précieuse de devises pour Pyongyang.

 

Une des premiers “produits d’exportation” de Pyongyang est sa main d’œuvre qu’elle fournit volontiers à moindre coût à ses voisins, en échange de l’essentiel de leurs revenus, selon les organisations de défense des droits de l’homme.

 

Human Rights Watch dénonçait en 2017 pléthore de violations des droits de ces travailleurs.

Pour autant, ces contrats d’expatriés seraient très prisés des Nord-Coréens parce qu’ils leur permettent de mettre un peu de côté.

Moscou est le deuxième “importateur” de cette main d’oeuvre après Pékin, selon l’ONU.

 

Or, la résolution 2397 du Conseil de sécurité de l’ONU de décembre 2017 demande à tous les pays employant des Nord-Coréens de les renvoyer chez eux sous deux ans.

Kim et Poutine ont à cet égard un intérêt commun à l’allègement des sanctions internationales pesant sur la Corée du Nord.

 

Des responsables nord-coréens ont demandé à Moscou de continuer à employer des ouvriers du Nord après la date limite fixée par l’ONU, selon le site spécialisé NK News.

La Russie a déjà plaidé pour l’allègement des sanctions et, pour le chercheur Ahn Chan-il, lui-même un transfuge du Nord, “Moscou a probablement des objectifs à long terme”.

 

“Le plus important sera l’accès à la main d’œuvre nord-coréenne bon marché, avant même celui à ses ressources naturelles, si les sanctions sont un jour levées et si le Nord réduit un jour la taille de son armée”, dit-il. Par ailleurs, Moscou ambitionne d’emprunter la péninsule coréenne pour envoyer ses hydrocarbures vers d’autres pays comme le Japon, la Corée du Sud ou Taïwan.

 

Sources : Reuters, AFP

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