Hong Kong : démission de cinq députés pour obtenir des réformes démocratiques

HONG KONG (AFP) – Cinq élus d’opposition de Hong Kong ont démissionné mardi pour protester contre la lenteur des réformes démocratiques et provoquer la tenue d’un référendum de facto sur le système politique dans ce territoire revenu dans le giron chinois en 1997.
« Nous redonnons à la population la possibilité de se prononcer pour une vraie démocratie », a déclaré Audrey Eu, chef du Parti civique, dont deux députés ont démissionné du Parlement local.
« Nous en appelons à la population, si vous croyez vraiment en la démocratie, il n’y a pas de raisons d’avoir peur de la volonté populaire », a-t-elle ajouté.

Au total, deux élus du Parti civique et trois de la Ligue des sociaux-démocrates ont démissionné, dans l’un des gestes les plus symboliques de contestation envers la tutelle politique de Pékin.
Ces élus souhaitent ainsi provoquer l’organisation d’élections partielles, qui deviendraient un référendum de facto sur la question des élections directes.
Le gouvernement de Hong Kong « regrette profondément » la démission des députés, a déclaré dans un communiqué le chef de l’exécutif, Donald Tsang, rappelant que leur « référendum » n’avait pas de base légale.
« En tant que chef de l’exécutif, je ne voulais pas que nous arrivions à cette situation », a-t-il ajouté.

Alors que leur démission sera effective vendredi, les cinq députés défendront leur position mercredi devant le Conseil législatif, lors d’une séance qui s’annonce orageuse.
Actuellement, seule la moitié des 60 députés du Conseil législatif de Hong Kong, le mini-Parlement, est élue au suffrage direct. Une commission pro-Pékin composée de 800 membres contrôle le choix des autres députés et nomme le chef de l’exécutif.
Pékin a fixé à 2017 les premières élections démocratiques du chef de l’exécutif de la Région administrative spéciale (SAR) et à 2020 celles du Conseil législatif.

Plusieurs milliers de personnes avaient participé le 1er janvier à une marche pour la démocratie, appelant à des élections au suffrage universel pour les prochaines élections du chef de l’exécutif et du Parlement, en 2012.
La Chine a condamné à la mi-janvier cette tentative d’organiser ce référendum de facto, estimant qu’une telle consultation serait illégale.
Le Bureau chinois des affaires de Hong Kong et Macao avait exprimé dans un communiqué sa « grave préoccupation » sur ce projet, faisant valoir qu’il n’était pas conforme à la Constitution et à la Loi fondamentale qui régit le système politique de Hong Kong.

L’action des députés démissionnaires a toutefois peu de chances d’aboutir dans la mesure où toute réforme constitutionnelle doit être approuvée par les deux tiers des 60 députés de Hong Kong.
De plus, le Parti libéral, favorable à Pékin, a annoncé qu’il ne participerait pas à des élections partielles.
Selon des analystes, un référendum de facto n’aura que peu de poids si les élections partielles sont boycottées par les autres formations politiques.
Une autre formation pro-Pékin, l’Alliance démocratique pour le progrès, qui détient 13 sièges, doit décider mardi soir si elle présente des candidats aux élections partielles.

Pour certains analystes, Pékin aurait fait pression sur plusieurs partis politiques afin de les dissuader de présenter des candidats.
Thomas Pang, secrétaire général de l’Alliance démocratique, qui à l’origine souhaitait participer aux élections partielles, a expliqué que sa formation se devait d’être plus prudente, car selon des sondages, l’électorat hongkongais soutient faiblement cette campagne pro-démocratie.
Selon un sondage réalisé en janvier par l’Université de Hong Kong, 24% des Hongkongais soutiennent la campagne en faveur du suffrage universel, contre 50% qui s’y opposent.

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