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Rhétorique guerrière de l’Iran

18 avril 2019

 

L’Iran appelle ses voisins à s’unir pour “refouler le sionisme”

 

L’Iran a appelé jeudi ses voisins à s’unir pour “refouler le sionisme” et “débarrasser” le Moyen-Orient et l’Asie centrale des “agresseurs”, que sont à ses yeux Israël et les Etats-Unis.

“Les nations de la région ont vécu côte-à-côte pendant des siècles sans jamais avoir de problème”, a affirmé le président iranien Hassan Rohani dans un discours à Téhéran.

 

“Les forces armées de l’Iran ne seront jamais contre vous ou vos intérêts nationaux. Nos forces armées sont dressées contre les agresseurs”, a lancé le président en s’adressant aux “peuples de la région, aux pays voisins et aux nations musulmanes”.

 

La République islamique d’Iran, est l’ennemi public numéro un du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Elle est également la bête noire du gouvernement américain du président Donald Trump, qui accuse Téhéran d’être un Etat “parrain du terrorisme”.

 

Trump a retiré unilatéralement les Etats-Unis en 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien, qui avait permis à Téhéran de sortir de son isolement international, et a réimposé toute une série de sanctions économiques à Téhéran.

 

L’hostilité affichée de l’Iran contre Israël est une constante de la politique iranienne depuis la révolution islamique de 1979, et Téhéran soutient ouvertement des groupes armés palestiniens comme le Hamas ou le Jihad islamique, ainsi que le Hezbollah libanais, ennemi d’Israël à sa frontière nord.

 

En juin 2018, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait réaffirmé la “position” ancienne de Téhéran selon laquelle Israël est pour le Moyen-Orient “une tumeur cancéreuse maligne qui doit être enlevée et éradiquée”.

 

Zarif, chef de la diplomatie iranienne, se rendra dans quelques jours en Turquie, qui est aussi un pays hostile à Israël.

Cette puissance militaire est actuellement en plein course aux armements.

 

 

Se renforcer militairement

 

La télévision d’Etat a diffusé en direct des images du premier vol public du “Kowsar”, le premier avion de chasse conçu et fabriqué en Iran, qui avait été dévoilé en août.

L’armée a présenté également ses missiles antiaériens S-200 ainsi que des Zelzal, missiles de courte portée (400 km).

 

Les missiles balistiques iraniens de longue portée, qui inquiètent Israël, les Occidentaux et les alliés des Etats-Unis dans la région, comme l’Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis, n’étaient pas de sortie ce jeudi.

 

Ces fusées sont développées par les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, fonctionnant comme un corps parallèle à l’armée nationale, qui était seule à défiler.

 

Présents en Syrie et en Irak, à l’invitation des autorités de ces deux pays, au nom de la “lutte contre le terrorisme” jihadiste, les Gardiens figurent depuis le 8 avril sur la « liste des organisations terroristes étrangères » américaine.

 

Leur présence en Syrie, pays voisin d’Israël, est perçue par M. Netanyahu comme une menace existentielle pour l’Etat hébreu. Israël a annoncé avoir mené des centaines de frappes en Syrie contre les forces iraniennes et les milices chiites pro-iraniennes comme le Hezbollah libanais. Il jure qu’il ne permettra jamais leur implantation durable dans ce pays.

 

La semaine dernière encore, les systèmes de défense antiaérienne syriens ont intercepté et abattu plusieurs missiles tirés par des avions israéliens contre une position militaire de la province de Hama, située dans le nord-ouest de la Syrie.

 

 

Le président iranien annonce l’installation de 20 centrifugeuses à Natanz

 

L’ayatollah Khamenei, le leader de la Révolution islamique a fustigé la décision américaine de placer les Gardiens de la révolution, l’armée d’élite iranienne, sur la liste des organisations terroristes.

 

Le président iranien Hassan Rohani a aussitôt annoncé un plan sur l’enrichissement d’uranium qui suppose l’installation de centrifugeuses plus performantes.

Une chaîne de 20 centrifugeuses IR-6 dix fois plus rapides que les actuelles centrifugeuses iraniennes a été installée sur le site nucléaire de Natanz.

 

Ces centrifugeuses permettent à l’Iran d’accélérer son programme d’enrichissement d’uranium alors que les États-Unis ont imposé des sanctions très dures contre l’Iran en demandant qu’il abandonne son programme nucléaire.

 

Par ailleurs l’Iran a riposté en affirmant que désormais tous les militaires américains dans le golfe Persique, au Moyen-Orient, mais aussi en Afghanistan et en Asie centrale seront considérés comme des éléments terroristes. Ce qui pourrait augmenter les risques de confrontations directes entre l’Iran et les États-Unis en particulier dans le golfe Persique.

 

Sources : AFP, Reuters, RFI

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