Sri Lanka : le chef de l’Etat écarte une grâce de son opposant Fonseka

SINGAPOUR (AFP) – Le président du Sri Lanka, Mahinda Rajapaske, a écarté toute grâce rapide de son principal opposant politique et ancien chef des armées, Sarath Fonseka, actuellement en détention, dans un entretien publié jeudi dans le quotidien Straits Time de Singapour.
Le président a également estimé que l’ancien général était “un idiot” qui n’était pas préparé à une carrière politique.

“Si je lui accorde une grâce, qu’en est-il de la discipline militaire ? Quid des autres officiers qui vont comparaître en cour martiale ? Que puis-je faire ? C’est la loi britannique. Ils (les britanniques) l’ont léguée à l’Inde et à nous”, a déclaré le président Rajapaske.
“Fonseka lui-même a traduit des milliers de soldats en cour martiale. Jusqu’à 8.500 à un moment. J’ai protesté et j’ai dû les libérer”, a-t-il ajouté.

L’ancien général quatre étoiles Fonseka, qui doit être jugé en cour martiale, est d’une part soupçonné de s’être engagé en politique avant même qu’il ne démissionne de l’armée en novembre dernier et d’autre part de passation de marché illégale.
Une première audience devant la cour martiale s’est tenue mardi et la prochaine a été fixée au 6 avril.
“C’est un idiot. Le 16 novembre (…) je lui ai demandé s’il était intéressé par une candidature et il m’a dit: +Non, je n’ai pas pris ma décision+. Même le jour de sa dernière visite, il ne me l’a pas dit”, a déclaré le président, en faisant référence à la candidature surprise de Fonseka contre lui à l’élection présidentielle le 26 janvier dernier.

Après son échec à la présidentielle, Fonseka a été arrêté et placé en détention sur des soupçons de coup d’Etat. Aucun chef d’inculpation de cet ordre n’a cependant été retenu contre lui.
Sarath Fonseka et Mahinda Rajapakse sont considérés au Sri Lanka comme les principaux artisans de la victoire militaire contre la rébellion séparatiste tamoule en mai 2009, qui a mis fin à trois décennies d’un sanglant conflit.
Fonseka, 59 ans, est le premier chef de l’armée du Sri Lanka a être traduit devant une cour martiale. Même après la tentative de coup d’Etat contre le gouvernement en 1962, les onze suspects avaient été jugés par un tribunal civil.

Lire aussi : Sri Lanka : les élections font craindre des violences

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>