Election présidentielle : l’Ukraine penche vers la Russie

Ukraine

 

1- Des clefs pour comprendre

Cette ex-république soviétique est partagée entre le soutien à l’Occident et le soutien à la Russie.

Les pro-occidentaux sont soutenus par l’ouest et le centre du pays, et les pro-russes par l’est et le sud russophiles.

Un régime pro-occidental avait été mis en place en 2004 lors de la « Révolution Orange », avec l’arrivée au pouvoir de Viktor Iouchtchenko comme président et de Ioulia Timochenko comme Premier ministre.

 

Ioulia Timochenko fut la pasionaria et l’image glamour du mouvement « orange », avant d’entrer en querelle perpétuelle avec Iouchtchenko.

Le parti du président Viktor Iouchtchenko, qui formait une fragile majorité pro-occidentale avec le bloc de Mme Timochenko depuis décembre 2007, l’a quittée en septembre 2008 après l’adoption d’une série de lois réduisant les pouvoirs présidentiels.

 

Faute d’une nouvelle coalition, le président Iouchtchenko a prononcé en octobre 2008 la dissolution du Parlement mais a dû repousser cette mesure sine die face à la crise économique mondiale qui a lourdement frappé l’Ukraine.

Le Parlement actuel avait été élu aux législatives anticipées de septembre 2007, remportées de justesse par les pro-occidentaux face à l’opposition pro-russe.

 

En avril 2009, une vingtaine de milliers d’opposants au président Victor Iouchtchenko et au Premier ministre Ioulia Timochenko ont manifesté à Kiev pour réclamer le départ des deux rivaux et la tenue d’élections législatives et présidentielles anticipées.

Cette manifestation, la seconde en deux semaines organisée par le Parti des régions de Viktor Ianoukovitch, était d’une ampleur sans équivalent depuis les élections législatives de 2007.

La population était notamment mécontente du gouvernement en raison de la crise économique.

 

Finalement, une élection présidentielle eut lieu dimanche et opposa 16 candidats, dont notamment :

le président sortant pro-occidental Viktor Iouchtchenko

la Premier ministre Ioulia Timochenko

le chef de file de l’opposition pro-russe Viktor Ianoukovitch

 

Ioulia Timochenko et Viktor Ianoukovitch sont adversaires depuis la « révolution orange », qui fit de la première un sauveur national et du second un leader discrédité par un scrutin frauduleux.

L’ancienne république soviétique, qui compte 46 millions d’habitants, est en quête de dirigeants capables de conforter sa place en Europe sans ajouter aux difficultés qui affectent ses relations avec la Russie, sa grande et ombrageuse voisine.

Ces relations se sont dégradées sous la présidence de Viktor Iouchtchenko.

 

Les prochains gouvernants devront aussi relancer une économie mise à mal par la crise et prendre en main des finances publiques ayant fait l’objet d’un plan de sauvetage de 16,4 milliards de dollars du Fonds monétaire international.

Ioulia Timochenko, et plus encore, le président Iouchtchenko, ont vu leur popularité fortement baisser, essentiellement en raison de leur incapacité à atténuer les effets de la crise financière internationale qui a frappé plus l’Ukraine l’an dernier que la plupart des autres pays d’Europe.

 

 

2- Timochenko et Ianoukovitch en lice pour le second tour

Le chef de l’opposition pro-russe Viktor Ianoukovitch a remporté le premier tour de l’élection présidentielle, devançant largement la Première ministre Ioulia Timochenko. La victoire finale pourrait cependant revenir à l’égérie de la révolution Orange, du fait du report des voix au second tour.

Viktor Ianoukovitch obtient 35% des voix, contre 25% à Mme Timochenko. Parmi les 16 autres candidats, le président sortant, Viktor Iouchtchenko, n’était crédité que de 5,5% des suffrages à l’issue du premier tour marqué par un taux de participation de près de 67%. Le second tour est fixé au 7 février.

 

Pour Viktor Nebojenko, directeur de l’institut sociologique du Baromètre ukrainien, « Ianoukovitch a épuisé sa base électorale. Timochenko, formidable communicante, a une chance de remporter cette élection ». En outre, en cas de victoire, Viktor Ianoukovitch devrait diriger le pays avec Ioulia Timochenko, ce qui risquerait d’aboutir à un nouveau blocage des institutions, voire à la convocation d’élections législatives anticipées.

 

Des politologues jugent par ailleurs possible que Timochenko conteste une victoire de Ianoukovitch en engageant des poursuites devant les tribunaux, ou même en allant jusqu’à tenter de faire descendre ses partisans dans les rues comme elle l’avait fait en 2004. Cependant, vu l’opportunisme politique qui prime, les analystes ne croient pas impossible une cohabitation des deux adversaires après l’élection.

En dépit des échanges de propos acrimonieux et des manifestations épisodiques, les observateurs doutent que l’on assiste à nouveau à de grands rassemblements tels que ceux qui eurent lieu en 2004.

 

 

3- Pas de fraudes

Ce sont des accusations de fraude massive qui avaient fait descendre des dizaines de milliers d’Ukrainiens dans les rues en 2004 pour demander la fin d’un régime considéré comme corrompu. A l’issue de plusieurs semaines de manifestations et d’un recomptage des voix, Viktor Iouchtchenko l’avait emporté sur Viktor Ianoukovitch.
Le vote de dimanche a été équitable et régulier, selon des responsables et observateurs électoraux ukrainiens et étrangers.

 

Cependant, selon la mission d’observation de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), « en infraction avec la loi, les candidats occupant des postes officiels ont abusé des ressources administratives » à leur disposition.
Avant le scrutin, Mme Timochenko avait accusé le camp de son adversaire de préparer des fraudes. En réponse, l’équipe de M. Ianoukovitch a dénoncé la présence dans l’est du pays de plusieurs centaines de Géorgiens qui auraient été chargés de fomenter des troubles en faveur du Premier ministre.

 

Timochenko accuse d’avance son rival de préparer des fraudes d' »ampleur monstrueuse » pour le 2e tour.

Ianoukovitch, 59 ans, est un ancien Premier ministre appuyé par de grands industriels.

Par ailleurs, Timochenko a dit récemment voir la main du Parti des Régions dans le fait qu’un nombre exceptionnellement élevé d’électeurs de la région de Donetsk, fief de Ianoukovitch, avaient choisi de voter par correspondance.

Le vote par correspondance a largement contribué aux fraudes électorales en 2004 parce qu’il a permis aux autorités de contourner le secret du scrutin et le contrôle de l’identité des électeurs.

Timochenko avait aussi accusé 8 des 14 membres du Comité électoral central d’être payés par le camp de Ianoukovitch et annoncé qu’elle comptait saisir l’OSCE qui a envoyé des observateurs en Ukraine.

 

 

4- Climat de désenchantement avant la présidentielle

Au plus offrant : ma voix lors du scrutin de dimanche. Ce type d’annonces apparues sur internet ces derniers jours traduit le climat de désenchantement en Ukraine.

Un des internautes, qui met son bulletin de vote aux enchères pour une somme de 300 à 500 hryvnias, se propose même d’assurer la coordination des électeurs qui mettent leurs voix à l’encan.

« Je ne crois pas en notre démocratie et je vends ma voix aux élections. Peut-être y aura-t-il dix autres voix à vendre. Seul un enchérissement est négociable », explique Lviv, un internaute de l’ouest de l’Ukraine.

 

La Sécurité de l’Etat n’a pas voulu faire de commentaire sur ces annonces, mais la commission électorale officielle a rappelé que le trafic de voix était illégal et passible de poursuites pénales.

Mais les « vendeurs » ne semblent pas avoir conscience des risques de poursuites, certains livrant même leur adresse e-mail, tandis que d’autres se contentent de préciser leur numéro de téléphone.

« Je me fiche complètement de qui gagnera. Il y a trois voix à vendre. Deux à Kiev et une à Bila Tserkva, à 500 hrynvia pièce », écrit un autre internaute, de la capitale ukrainienne.

 

Vadim, un ouvrier du bâtiment de 25 ans joint au téléphone par Reuters, confie avoir déjà reçu des offres après avoir diffusé son annonce sur internet, sans préciser si elles émanaient de partis ou de particuliers.

« La politique ukrainienne m’est complètement indifférente. Je ne m’intéresse pas à qui sera président. Je ne suis pas chauvin », assure-t-il.

Vadim s’affirme en mesure de réunir une dizaine de voix à vendre, entre les membres de sa famille et ses amis, la moyenne de prix pour chacune étant de 500 hryvnias. « 

 

Cinq ans après l’euphorie de la vague « orange », les 46 millions d’Ukrainiens nourrissent un fort sentiment de désenchantement à l’égard de la classe politique.

« Cette élection n’a guère laissé de place à la foi, l’espoir, l’amour, la haine, la loyauté et la passion. Cette place a été constamment occupée par l’apitoiement, l’habitude, l’inertie, la lassitude, l’indifférence et la détresse », écrivait samedi Sergueï Rakhmanine dans l’hebdomadaire Zerkalo Nedely.

 

La présidentielle de dimanche s’est déroulée dans un climat global de désenchantement face à la crise mondiale qui affecte les emplois et les budgets des foyers.

La mise aux enchères de voix d’électeurs « traduit la déception et le cynisme croissant des Ukrainiens envers la politique et les hommes politiques », estime l’analyste politique Volodimir Fessenko.

« Il n’y a aucune confiance de la part des Ukrainiens à l’égard de la majorité des candidats », dit-il.

 

 

5- Se rapprocher de l’Union européenne ou de la Russie ?

a- Se rapprocher de la Russie ?

En cas de victoire, Viktor Ianoukovitch, connu pour être un proche du Kremlin, a promis d’abandonner la candidature d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et de donner au russe le statut de deuxième langue officielle, deux grands sujets de discorde ces dernières années entre Kiev et Moscou.

 

En ces temps de récession très durement ressentie en Ukraine, l’heure est à l’apaisement des relations avec le grand voisin de l’est, premier partenaire commercial du pays et puissance militaire de la région.

Ioulia Timochenko, qui avait jusqu’à présent cherché à sortir l’Ukraine de la sphère d’influence de la Russie, a d’ailleurs lancé un appel de dernière minute aux électeurs pour dire qu’en tant que présidente, elle travaillerait de manière étroite avec Moscou.

 

Au cours de l’année écoulée, la cheffe du gouvernement a établi une relation personnelle avec son homologue russe Vladimir Poutine et conclu un accord sur l’énergie et la sécurité. Ses positions conciliantes avec la Russie lui ont valu les critiques de son ex-allié politique, le président sortant Il accuse Ianoukovitch et Timochenko d’être tous les deux soutenus par le Kremlin.

En novembre, Poutine avait eu des propos flatteurs pour Ioulia Timochenko, analysés comme un soutien à sa candidature.

 

b- Se rapprocher de l’Occident ?

Les deux candidats sortis en tête dimanche prônent par ailleurs un rapprochement avec l’UE – même si la porte de l’adhésion n’est pas pour l’heure ouverte – tout en ménageant Moscou.

Ioulia Timochenko se présente comme la seule capable de sauver l’Ukraine au chaos. Elle s’est fixé l’objectif d’intégrer son pays dans l’Union européenne dans les cinq ans.

Ianoukovitch plaide aussi pour une politique de rapprochement avec l’Occident accompagnée de bonnes relations avec Moscou.

 

Timochenko et Ianoukovitch sont d’autre part tous deux opposés à une adhésion à l’Otan, un des chevaux de bataille de M. Iouchtchenko.

Concernant une éventuelle adhésion à l’OTAN, le vice-président américain Joe Biden avait affirmé, en juillet, y être favorable. Cela même si plusieurs pays de l’Otan, dont la France et l’Allemagne, s’opposent à une entrée rapide de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’Alliance.

La Russie est de son côté hostile au souhait de l’Ukraine et de la Géorgie d’adhérer à l’Otan, et considère que l’arrivée de l’Alliance atlantique à ses frontières serait une menace militaire.

 

 

6- Les problèmes sont nombreux avec la Russie

a- La « guerre du gaz »

Certains observateurs estiment que l’élection à la présidence ukrainienne d’un dirigeant pro-russe pourrait conduire Moscou à assouplir sa position sur les dossiers touchant à l’énergie.

Ce sont les difficultés financières de Kiev à payer le gaz en provenance de Russie qui ont plongé les deux pays dans une guerre des tarifs, Gazprom accusant Kiev de voler le gaz destiné à ses clients occidentaux.

 

Pendant toute l’année 2009, l’Ukraine, durement touchée par la crise économique mondiale, a peiné à régler ses factures de gaz à la Russie, entraînant plusieurs conflits sur ce sujet.

Kiev et Moscou ont notamment été en proie à un grave conflit gazier en janvier 2009, qui s’est traduit par deux semaines d’interruption des livraisons gazières russes aux clients européens.

La Russie fournit environ un quart du gaz de l’UE dont la majeure partie transite par l’Ukraine.

 

La Russie avait cessé ses livraisons de gaz à l’Ukraine le jour de l’An 2009 faute d’un accord sur les prix et en raison d’une facture non réglée, puis avait interrompu le transit du gaz destiné à l’Europe le 7 janvier accusant l’Ukraine de « voler » ces approvisionnements. Les deux parties se rejetaient depuis la responsabilité de la crise, provoquant l’exaspération des Européens.

 

La situation semble actuellement réglée, car fin décembre 2009, Moscou et Kiev se sont entendus sur les frais de transit du gaz vers l’Europe : la Russie a accepté une augmentation d’un tiers des frais de transit par l’Ukraine de son gaz à destination de l’Europe, selon un porte-parole de la compagnie ukrainienne Naftogaz. Cet accord permet d’éviter une rupture des livraisons comme celle du début de l’année.

Selon ce porte-parole, la Russie a également accepté de passer du dollar à l’euro dans ses versements.

 

La Russie avait averti l’Union européenne de possibles perturbations de l’approvisionnement en gaz de la Slovaquie, la République tchèque et la Hongrie, expliquant que la compagnie d’Etat Naftogaz demandait des tarifs plus élevés.

Le directeur général de Gazprom (compagnie de gaz russe), Alexeï Miller, a déclaré s’attendre à ce que l’Ukraine règle intégralement sa facture de gaz de décembre et il a ajouté ne pas envisager de nouveau conflit sur le gaz.

 

b- Des ventes d’armes à la Géorgie ?

Fin août, la Russie a affirmé que des soldats et des volontaires ukrainiens ont combattu en 2008 aux côtés des troupes géorgiennes lors du conflit ayant opposé Tbilissi à Moscou à propos de l’Ossétie du Sud. La Russie avait déjà accusé l’Ukraine d’avoir fourni des armes à la Géorgie durant la guerre éclair d’août 2008, des allégations formellement démenties par Kiev.

Le président ukrainien Victor Iouchtchenko avait ouvertement soutenu son homologue géorgien après le conflit mais les autorités ukrainiennes ont toujours démenti avoir fourni des armes à la Géorgie.

 

c- La Crimée

Située au sud de l’Ukraine en bordure de la mer Noire, la presqu’île de Crimée, essentiellement russophone, a fait partie de l’empire soviétique, avant d’être rattachée à l’Ukraine en 1954, cadeau du président Nikita Khrouchtchev qui y avait longtemps vécu. Après l’effondrement de l’URSS en 1991, elle est restée dans le giron de l’Ukraine indépendante.

La Crimée, qui abrite la Flotte russe de la mer Noire dans le sud de l’Ukraine, reste une pomme de discorde entre Moscou et Kiev, toujours susceptible de déboucher sur une crise.

 

En plein conflit armé de la Russie avec la Géorgie, l’Ukraine avait avertit en août la Russie qu’elle pourrait empêcher les navires de la marine russe de rejoindre leur base de Crimée en raison de leur déploiement devant les côtes géorgiennes. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères avait déclaré que ce déploiement pourrait entraîner l’Ukraine dans le conflit et que dans une telle situation, Kiev se réserverait le droit d’empêcher les navires de regagner leur base « jusqu’au règlement du conflit ».

 

Et le 11 septembre, la diplomatie russe a sorti l’artillerie lourde contre l’Ukraine, l’accusant de « monter constamment en épingle la question de la durée de la présence de la Flotte » russe en Crimée et de « porter, par ses livraisons d’armes lourdes à l’armée géorgienne, une part de responsabilité dans le sang versé » en août.

 

Après l’intervention militaire russe en Géorgie, les Occidentaux s’inquiètaient à haute voix d’un risque de scénario similaire en Crimée d’où les Ukrainiens veulent voir partir la marine russe après 2017, date limite de la location de la base : le président ukrainien demande en effet de préparer la « cessation dès 2017 des accords internationaux » qui font de Sébastopol le port d’attache de la marine russe en mer Noire.

Beaucoup, y compris en Occident, craignaient que la Crimée ne soit la prochaine cible de Moscou après la Géorgie. Victor Iouchtchenko avait accusé la Russie de chercher à déstabiliser l’Ukraine en encourageant les séparatistes dans la péninsule de Crimée.

 

La Russie entend en effet conserver sa base navale de Sébastopol quand arrivera à expiration, en 2017, l’accord conclu il y a 11 ans avec Kiev. Aux termes de l’accord, le bail accordé par l’Ukraine à la flotte russe de Sébastopol, pour 100 millions de dollars par an, peut être prolongé de 5 ans, jusqu’en 2022, avec l’aval des deux parties.

En revanche, pour le Premier ministre ukrainien, aucune décision « radicale » ne doit être prise concernant la flotte russe de la mer Noire basée dans le port de Sébastopol.

Selon les analystes, une guerre est hautement improbable.

 

 

7- La crise financière internationale a eu des effets désastreux en Ukraine

Mardi, pendant que se tenait le conseil des ministres, plusieurs milliers de partisans du Parti des Régions de Ianoukovitch avaient manifesté devant le siège du gouvernement et réclamé un relèvement des salaires et des retraites au son de chants datant de la Seconde Guerre mondiale.

La crise économique mondiale a très lourdement touché le pays. L’économie du pays a été victime de la contraction des marchés de l’acier et de la chimie, qui a entraîné une forte baisse de la production.

 

Le prochain président devra se concentrer sur la consolidation du pouvoir et le redressement de l’économie.

L’Ukraine à connu une récession de 15% en 2009, selon la Banque mondiale, qui table sur une croissance faible cette année. La devise et l’économie ukrainienne se sont effondrées en 2008, obligeant le Fonds monétaire international (FMI) à accorder un prêt de 11,41 milliards d’euros, après la faillite de plusieurs banques et la chute de la monnaie. Mais les tensions politiques ont mis en péril le plan de sauvetage du FMI. Il a, en raison des disputes au sommet de l’Etat, retardé le versement du prêt.

 

Ioulia Timochenko a promis jeudi de mettre au pas les « oligarques », les puissants hommes d’affaires ukrainiens qui ont émergé à la faveur des privatisations et qu’elle accuse de s’enrichir au détriment d’une population très démunie.

« Nous allons remettre l’oligarchie à sa place », a lancé Mme Timochenko, ajoutant qu’il s’agissait là de sa « première priorité ».

 

« Il y a deux voies de développement pour le pays, celui du renforcement de l’oligarchie, dont Ianoukovitch est la créature » et celui d’un Etat « indépendant et démocratique », a-t-elle martelé.

« Les oligarques ne vont plus diriger le pays, je le garantis en tant que future présidente », a ajouté la chef du gouvernement, elle-même ancien patron d’un puissant groupe énergétique et qui compte plusieurs d’hommes d’affaires richissimes dans son entourage.

Lors de son premier passage à la tête du gouvernement en 2005, ses projets de remettre en question les privatisations réalisées au profit des oligarques avaient déjà rebuté bon nombre d’investisseurs.

 

Sources : AFP, Reuters, AP

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