Grèce : le plan de rigueur, un succès pour les marchés financiers, un désastre pour la rue

1- Des clefs pour comprendre
La Grèce est plongée dans une profonde crise financière et économique. Ce pays de la zone euro a un déficit de 30 milliards d’euros et une dette de près de 300 milliards d’euros.
En 2009, le déficit a atteint 12,7% du PIB (produit intérieur brut), soit plus de quatre fois la limite autorisée par les critères de Maastricht. La dette publique a, elle, dépassé les 113%.

En annonçant en octobre que le déficit budgétaire en 2009 serait trois fois plus important que prévu, la Grèce a provoqué une onde de choc sur les marchés financiers.
Cette révélation de la dette publique a plongé le pays dans une très grave crise qui a même ébranlé l’euro, en le tirant vers le bas face au dollar. La zone euro comprend 16 Etats.
Le gouvernement socialiste, installé après les élections législatives d’octobre, a mis en place successivement plusieurs plans d’austérité.

Il a pris il y a quelques jours de nouvelles mesures qui durcissent la rigueur. Le nouveau plan d’austérité consiste en des économies supplémentaires de 4,8 milliards d’euros.
Il prévoit notamment un relèvement de la TVA (taxe à la valeur ajoutée), de 19% à 21%, ainsi que le gel des retraites et des réductions de salaire pouvant atteindre 8% dans la fonction publique.
Le paquet de mesures a été décidé sous la pression de la Commission européenne et des marchés financiers. Bruxelles contraint la Grèce à ramener le déficit budgétaire grec à 8,7% du produit intérieur brut (PIB) dès cette année, contre 12,7% l’année dernière.

Les autres mesures consistent en une augmentation de 20% des taxes sur l’alcool ainsi qu’une augmentation de 8 centimes par litre de l’essence et de 3 centimes par litre du diesel. Ces mesures s’ajoutent à un premier train de coupes dans les dépenses annoncées début février. Les carburants avaient déjà augmenté de près de 25 centimes par litre lors de ces premières mesures.
Les cigarettes augmenteront de 63% et le gouvernement prévoit aussi une “augmentation importante” de l’imposition sur l’immobilier.

Par ailleurs, parmi les mesures décidées en février par le gouvernement, l’âge du départ à la retraite est reculé de 2 ans, à 63 ans d’ici 2015, des coupes budgétaires et une diminution des dépenses publiques seront mises en place, ainsi que des impôts supplémentaires. Les commandes d’armement devraient aussi diminuer pour les trois prochaines années.
Le gouvernement s’affirme également déterminé à mettre fin à la fraude fiscale généralisée et chronique, qui fait perdre à l’Etat environ 12 milliards de recettes par an, selon les experts.

Les deux grands syndicats du privé et du public, GSEE et ADEDY, qui représentent environ 2,5 millions de salariés, soit la moitié de la population active, étaient dans un premier temps, à l’instar de la majorité de la population grecque, favorable aux mesures d’austérité prises par le gouvernement.
Mais la tendance vient de s’inverser, car ils rejettent les toutes dernières mesures.
Les grandes centrales syndicales sont pourtant toutes deux dirigées par des socialistes.
Une grève générale contre le plan initial avait déjà largement paralysé le pays le 24 février.

En Grèce les mécontents sont prompts à descendre dans la rue, et le pays est confronté à une montée de la violence de groupes d’extrême gauche.
L’austérité décidée par le gouvernement socialiste intervient alors qu’il mettait l’accent sur une politique complètement opposée pendant la campagne électorale. C’était au contraire le conservateur Costas Caramanlis qui prônait deux années d’austérité, au nom de la “responsabilité”.

Il avait accusé le chef du Parti socialiste (Pasok), qui promettait d’aider les plus défavorisés aux dépens des plus riches, de multiplier les fausses promesses, impossibles à financer.
“Le Pasok tente de séduire les gens en leur disant de belles choses et en promettant ciel et terre, le tout empreint de généralités et d’incohérence”, avait-il dit en septembre. “La vérité, c’est que nous avons deux années difficiles devant nous et que nous aurons des décisions difficiles à prendre, des décisions politiques qui n’ont rien d’agréable”.

En avril 2009, à l’appel des syndicats des secteurs public et privé, des centaines de milliers de salariés avaient manifesté contre la faiblesse des salaires et la hausse du chômage.
Le gouvernement de Caramanlis avait adopté en janvier 2009 un plan de 28 milliards d’euros pour soutenir le secteur bancaire, mais la dette publique et les problèmes fiscaux n’avaient pas permis la prise de mesures significatives en faveur des plus défavorisés. Le gouvernement avait gelé les salaires dans la fonction publique et décrété un impôt exceptionnel pour les revenus supérieurs à 60.000 euros par an afin de renflouer le budget de l’Etat.


2- Les Grecs sont farouchement opposés au nouveau plan de rigueur

Les agents du fisc et les éboueurs étaient en grève ce lundi pour protester contre les mesures d’austérité draconiennes votées vendredi par la majorité socialiste au pouvoir. Plusieurs autres corporations se préparaient également à des arrêts de travail avant la grève nationale de jeudi décidée par les deux grandes centrales syndicales.

Vendredi dernier, le pays était quasiment paralysé par des grèves et des manifestations, dont l’une à Athènes marquée par de violents affrontements entre policiers et jeunes.
Le rassemblement convoqué devant le Parlement à la mi-journée par les deux grands syndicats du privé et du public, GSEE et Adedy, a rapidement dégénéré quand des jeunes d’extrême gauche ont interrompu, puis molesté le chef de la GSEE, Yannis Panagopoulos, alors qu’il entamait son discours devant une foule de plusieurs milliers de personnes, pour la plupart partisans de la gauche radicale.

Yannis Panagopoulos a échangé des coups avec ses assaillants avant d’être évacué, les vêtements déchirés et en sang.
Une fois le dirigeant syndical évacué, des dizaines de jeunes, certains cagoulés et armés de pierres et de bâtons, se sont rués vers la tombe du soldat inconnu, en contrebas du Parlement, chassant les gardiens du site. Les forces anti-émeutes ont enchaîné les charges et tiré des gaz lacrymogènes pour les faire reculer.

Les heurts se sont poursuivis pendant une dizaine de minutes, avant que le cortège ne s’éloigne vers l’université d’Athènes, à quelques centaines de mètres, où il s’est dispersé.
Des violences ont à nouveau éclaté quand des jeunes masqués ont attaqué la police dans l’enceinte du Conseil d’Etat, la plus haute instance administrative grecque, et tenté de forcer l’entrée du ministère du Travail. Ils ont aussi cassé les vitrines de deux banques, deux hôtels, d’une boutique de téléphonie mobile et d’un fast-food. La police a arrêté 5 personnes et comptait 7 blessés dans ses rangs.

Une manifestation plus tôt dans la journée s’était déroulée dans le calme, tandis que des incidents moins graves ont éclaté lors de deux rassemblements à Thessalonique (nord-est), la deuxième ville du pays.
Les hôpitaux, écoles et transports publics ont été paralysés toute la journée à l’appel de la GSSE et de la centrale des fonctionnaires ADEDY.

La contestation n’a pas empêché le Parlement d’approuver les mesures d’austérité supplémentaires annoncées mercredi, mais des grévistes du ministère de l’Intérieur ont décidé d’occuper les presses du Journal officiel pour empêcher la publication de la loi et donc son entrée en vigueur.
Environ 10.000 personnes avaient déjà manifesté jeudi soir à Athènes et Salonique.

Par ailleurs, les transports aériens et terrestres, ainsi que l’ensemble de l’activité économique, ont été fortement perturbés. Athènes a été livrée à de gigantesques embouteillages, sans aucun transport public pour toute la journée. L’ensemble du trafic aérien a été interrompu de 12H à 16H locales, et les deux compagnies aériennes grecques ont annulé 22 vols.
Les employés des chemins de fer ont observé une grève de 24 heures, tandis que les médias étatiques ne diffusaient aucune nouvelle. Les journalistes des médias privés ont observé un arrêt de travail de deux heures à la mi-journée. Les écoles étaient aussi affectées par une grève de 24 heures des enseignants.


3- Quel soutien de l’Union européenne ?

Les nouvelles mesures ont été décidées sous la pression de l’Union européenne, qui avait jugé un premier plan insuffisant pour atteindre l’objectif d’Athènes de réduire son déficit de quatre points dès cette année et de le ramener à 8,7% du produit intérieur brut (PIB) afin de retrouver la confiance des marchés financiers. La révélation de l’ampleur de la dette publique grecque avait en effet plongé le pays dans une très grave crise qui a ébranlé l’euro.

M. Papandréou est soumis à une très forte pression de l’Union européenne, qui lui a donné jusqu’au 16 mars pour montrer que son plan commence à produire ses effets. Athènes s’est engagée à ramener son déficit budgétaire sous la barre des 3% d’ici à 2012, conformément aux engagements pris par les pays utilisant la monnaie unique.

Les mesures supplémentaires ont été bien accueillies par l’Europe et les marchés, qui ont massivement souscrit à l’emprunt d’Etat annoncé jeudi par la Grèce, apparemment rassurés sur sa solvabilité.
Jeudi, Athènes a en effet réussi le placement d’un large emprunt obligataire, qui éloigne le spectre d’une faillite du pays. L’opération était vue comme un test de la capacité du pays à rassurer les marchés et à emprunter seul.

Cela fait, le Premier ministre grec a entamé une nouvelle tournée à l’étranger pour demander le soutien de ses partenaires européens. La Grèce estime avoir fait sa part d’efforts pour remettre ses finances en ordre et espère des déclarations solides de ses partenaires en Europe.
Cette tournée de M. Papandréou a pour but de “répéter que la Grèce a fait sa part et que c’est maintenant au tour de l’Europe de faire la sienne” pour aider le pays à surmonter sa débâcle financière, a indiqué à l’AFP une source officielle grecque.

Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé samedi à propos de la Grèce, qu’on ne pouvait “pas laisser tomber un pays qui est dans la zone euro, sinon, l’euro n’a pas de sens”.
De son côté, Angela Merkel s’est efforcée vendredi de détendre l’atmosphère, félicitant Athènes pour ses efforts et jugeant que les Grecs n’avaient nul besoin d’une aide financière.
Selon Mme Merkel, “la stabilité de la zone euro est assurée”.

M. Papandréou a ainsi décroché le satisfecit qu’il espérait de la première puissance économique européenne pour aider à restaurer la confiance en son pays. Il a “remercié l’Allemagne pour ce soutien”, en insistant une nouvelle fois sur le fait que la Grèce n’avait appelé personne à la rescousse.
Un message destiné aussi au peuple allemand rétif à une aide financière à Athènes – une option pourtant envisagée en coulisses en Europe – et à la presse d’Allemagne qui se déchaîne contre la Grèce, en l’accusant d’être gaspilleuse, corrompue et non compétitive.

M. Papandréou avait vertement répliqué vendredi matin : “Les Grecs n’ont pas la corruption dans les gènes, tout comme les Allemands n’ont pas le nazisme dans les leurs”.
Le ministre allemand de l’Economie Rainer Brüderle avait pour sa part prévenu que l’Allemagne ne donnerait “pas un cent” à la Grèce. Pour faire oublier cette atmosphère lourde, Mme Merkel et son hôte ont abondamment évoqué devant la presse “l’amitié très étroite” entre leurs deux pays, et notamment les milliers de touristes allemands se rendant en Grèce.

Avant Berlin, M. Papandréou avait rencontré au Luxembourg le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, qui a lui aussi estimé qu’un plan d’aide financière à la Grèce ne devrait pas être “nécessaire”.
Mme Merkel a néanmoins souligné que la Grèce allait devoir “faire davantage qu’assainir son déficit” : il faut qu’elle modernise son économie et l’Allemagne va l’aider, a-t-elle dit. En outre l’UE et le G20 doivent “réussir à empêcher que les spéculateurs profitent de la situation difficile” grecque, a dit Mme Merkel.

“Nous allons aller ensemble voir la Commission européenne et inclure dans le processus de réforme des marchés financiers du G20 que les titres spéculatifs, en particulier les produits dérivés, soient contrecarrés lorsqu’ils servent à spéculer contre les Etats”.
Pour le président de la Banque européenne d’investissement (BEI), Philippe Maystadt, une “action coordonnée” des Etats de la zone euro pourrait encore être nécessaire pour aider la Grèce à faire face à la “spéculation”, malgré son retour réussi sur les marchés pour se financer.

Pour pousser l’UE à s’engager à ses côtés, M. Papandréou avait menacé de se tourner vers le Fonds monétaire international (FMI). Jean-Claude Juncker s’est opposé vendredi à un recours au FMI, estimant qu’il fallait “aborder le problème dans le cadre de la zone euro”.
Un recours au FMI constituerait en effet une humiliation pour l’UE, révélant son incapacité à se prendre en charge seule.


4- L’extrême-gauche en Grèce, une tradition de violence

Les grèves et manifestations sont nombreuses en Grèce et souvent émaillées de violences.
Avant les affrontements de vendredi dernier à Athènes, des violences éclatèrent le 24 février : le pays était presque totalement paralysé par une grève nationale à l’appel des syndicats, qui avaient réuni à Athènes près de 30.000 manifestants contre les mesures de rigueur décidées par le gouvernement. Alors que la manifestation prenait fin, quelque 300 jeunes ont attaqué les forces anti-émeutes, qui ont répondu en lançant des gaz lacrymogènes.

Les activistes d’extrême gauche ou anarchistes commettent aussi régulièrement des attentats à l’explosif, ne faisant pas de victimes et visant des intérêts économiques et des bureaux de personnalités politiques.
Ils existent depuis des années mais se sont multipliés depuis la mort, le 6 décembre 2008, d’un adolescent tué par un policier à Athènes, dont le décès a provoqué de graves émeutes de rue, alimentées par le mécontentement social et la crise économique.

Cette bavure, alors que la police est régulièrement accusée d’abus de pouvoir et de recours à la force par les ONG grecques et internationales, a déclenché une flambée de violences urbaines sans précédent dans le pays. La crise sociale, le chômage et la colère contre les affaires de corruption touchant le gouvernement ont attisé les tensions.

Début décembre 2009, à l’occasion du premier anniversaire de la mort de l’adolescent, pendant 2 jours les policiers ont affronté des centaines de jeunes émeutiers dans le centre d’Athènes. Les heurts ont eu lieu en marge d’une marche de quelque 5.000 étudiants, travailleurs et militants de gauche sur le Parlement. Ecoles, ministères et perceptions avaient été fermés et les transports publics suspendus.
A Salonique, dans le nord, la police a également affronté des dizaines d’étudiants qui s’étaient détachés d’un cortège de 2.500 personnes.

Quelque 400 interpellations avaient été effectuées. Soucieux d’éviter la répétition des violences de l’année précédente, 6.000 policiers étaient sur le pied de guerre.
Contrairement à ce qui s’est passé en 2008, où émeutiers et pillards avaient sévi à l’envi durant plusieurs semaines, cette fois la police affirme que les arrestations de masse ont empêché les choses de dégénérer.

Depuis la bavure policière de décembre 2008, les extrémistes de gauche et les anarchistes s’en prennent aussi régulièrement à des policiers.
Mi-novembre, 13 policiers avaient été blessés dans des affrontements avec des centaines de jeunes manifestants à Athènes, et plus de 200 manifestants interpellés.
Les heurts avaient éclaté à l’issue d’une manifestation pour le 36e anniversaire du soulèvement étudiant de 1973, durement réprimé par la junte militaire alors au pouvoir.

Fin 2008, selon les estimations la mouvance anarchiste comptait en Grèce 2.000 à 3.000 personnes.
L’activisme anarchiste ou d’extrême-gauche est tenu pour responsable depuis des années de fréquents petits attentats incendiaires contre des cibles publiques, diplomatiques et économiques.
En dépit du démantèlement en 2002 et 2003 des deux groupes historiques, actifs depuis le retour de la démocratie, le terrorisme d’extrême-gauche reste d’actualité dans le pays.

Les experts mettent souvent en cause un manque d’efficacité policière. Les forces de l’ordre se sont ainsi vu refuser le droit d’utiliser quelque 300 caméras de surveillance mises en place pour les jeux Olympiques d’Athènes en 2004, mais dédiées depuis au seul contrôle de la circulation automobile.
Par ailleurs, le droit d’asile universitaire, qui ne permet aux forces de l’ordre de franchir l’entrée d’une faculté qu’à l’issue d’une procédure exceptionnelle, offre aussi des sanctuaires aux fauteurs de troubles, à Athènes et Salonique, en plein centre-ville.


5- Les jeunes Grecs sont les plus touchés par le chômage

En Grèce, c’est la “Génération 700” (pour 700 euros), en Espagne les “mileuristas” (pour 1.000 euros), en Allemagne la “Generation Praktikum” (stage) et en France la “génération précaire”.
Les termes diffèrent mais recouvrent un même malaise, celui de jeunes Européens qui, au travers notamment des violences urbaines qui ont touché la Grèce, expriment leur inquiétude de l’avenir et leur frustration du présent.

La colère des jeunes Grecs est le signe d’un profond malaise et d’une radicalisation de la jeunesse minée par l’insécurité économique et le chômage. Pour la génération des 18-30, voire 35 ans, monde du travail rime avec chômage, bas salaires et mauvaise couverture sociale.
Les premiers touchés par le ralentissement de l’économie sont les jeunes. En 2008, le taux de chômage des 18-25 ans atteignait 23% en Grèce. La colère s’étend aussi à ceux, surdiplômés, qui travaillent pour un salaire largement inférieur à leur qualification.

“Les jeunes Grecs, et cela peut aller jusqu’aux 35 ans, représentent une majorité silencieuse de citoyens sous-payés, surchargés de travail, endettés et fragilisés”, soulignait fin 2008 Génération 700, une organisation porte-parole des 56% de Grecs de moins de 30 ans dont le salaire mensuel ne dépasse pas 700 euros.
Le discours est de plus actuellement pessimiste sur une prochaine montée du chômage.

“Si toutes les mesures sont appliquées, le chômage montera en flèche” pour atteindre un “record” à l’échelle européenne, a estimé fin février Stathis Anestis, porte-parole de GSEE, principal syndicat du privé. “Notre pays entrera dans une récession massive”, “ce sera tragique parce que cela provoquera une (agitation) sociale et des affrontements”.
Le taux de chômage en Grèce a atteint 10,6% en novembre 2009, son plus haut niveau en cinq ans, contre 9,8% en octobre.

L’aile gauche de l’opposition avait aussi prévenu, fin décembre, que la réduction des dépenses pourrait entraîner une hausse du chômage et encourager la création de postes à bas salaires, dans un pays où le revenu mensuel minimum est de 740 euros.
Par ailleurs, mi-décembre, un haut responsable socialiste prévoyait, sous couvert d’anonymat, que le chômage va continuer à croître et pourrait atteindre plus de 20%.


6- Le gouvernement veut lutter contre la guérilla urbaine et la corruption

La Grèce est rongée par le crime organisé et considéré comme le pays plus corrompu de l’Union européenne.
A son arrivée au pouvoir en 2004, le conservateur Costas Caramanlis promettait de tirer un trait sur une ère socialiste de plusieurs dizaines d’années émaillée de nombreux scandales. Mais de nouvelles affaires de corruption, auxquelles la crise mondiale est venue s’ajouter, ont eu raison de l’enthousiasme soulevé par les Jeux olympiques d’Athènes.

Puis, à l’issue des élections du 4 octobre, le gouvernement conservateur a été remplacé par un gouvernement socialiste. Le nouveau ministre de la Protection civile, Mihalis Chrysohoidis, a fait de la lutte contre la guérilla urbaine sa priorité.
Le gouvernement a aussi promis plus de transparence, moins de gaspillages, de corruption et de favoritisme. Il prévoit également de se battre contre les évasions fiscales.

Mi-février, un porte-parole des députés du parti socialiste a annoncé que le parti comptait demander au Parlement d’enquêter sur la transmission de données fiscales erronées à l’Union européenne par le précédent gouvernement conservateur.
Christos Papoutsis n’a pas donné d’autres détails sur l’enquête parlementaire qui pourrait éventuellement déboucher des poursuites judiciaires si des responsables politiques étaient soupçonnés d’infractions.

Le nouveau gouvernement socialiste a profondément révisé les chiffres du déficit budgétaire 2009, à 12,7% du Produit intérieur brut, alors qu’il était estimé à 3,7% quelques mois plus tôt.
Les chiffres du déficit grec ont souvent dû être corrigés brutalement à la hausse ces dernières années, jetant le doute sur la fiabilité des statistiques nationales.

Sources : Reuters, AP, AFP

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