Italie : le gouvernement adopte un projet de loi anti-corruption

AP – Le gouvernement italien a adopté lundi un projet de loi interdisant aux hommes politiques de siéger au Parlement en cas de condamnation pour détournement de fonds, pots-de-vin et d’autres formes de corruption. Une initiative qui intervient après des scandales touchant des membres du parti et un haut collaborateur de Silvio Berlusconi.

Le président du Conseil italien, qui fait lui-même l’objet d’un procès pour corruption à Milan, avait récemment promis ce tour de vis. Selon le ministre de la Justice Angelino Alfano, le projet de loi interdirait aux hommes politiques de se présenter à un mandat électif, notamment au Parlement, pendant cinq ans après une condamnation pour corruption.

Ceux qui “mettent l’argent du contribuable dans leurs poches” sont les principales cibles du texte, a-t-il affirmé. “Ceux qui volent (…) doivent en payer le prix.” L’adoption du texte par le gouvernement intervient alors que le parti de M. Berlusconi, le Peuple de la liberté (conservateur), espère de bons résultats aux élections régionales prévues à la fin du mois.

Les dirigeants de l’opposition ont rétorqué que les efforts de Silvio Berlusconi pour limiter l’utilisation des écoutes téléphoniques dans les enquêtes empêchaient une lutte efficace contre la corruption. “La lutte contre la corruption (…) ne sera efficace que si les écoutes peuvent encore être utilisées”, a déclaré Massimo Donadi, du Parti des valeurs (centre).

Le sénateur Nicola Di Girolamo, soupçonné par la justice d’implication dans un système de blanchiment d’argent, a démissionné lundi. Représentant les Italiens de l’étranger, ce membre du Peuple de la liberté, aurait, selon des procureurs romains, été élu avec des bulletins de vote falsifiés à Stuttgart. Cette fraude présumée aurait été organisée par la ‘ndrangheta, la mafia calabraise, qui possède des ramifications en Allemagne.

Un des plus proches collaborateurs de M. Berlusconi, Guido Bertolaso, chef de la protection civile italienne, fait de son côté l’objet d’une enquête pour des contrats de construction passés avant le sommet du G-8 à L’Aquila l’an dernier. M. Bertolaso, qui avait supervisé les secours après le séisme de L’Aquila, nie toute irrégularité.

Silvio Berlusconi a déjà refusé la démission du coordinateur du Peuple de la liberté pour la région de Naples, Nicola Cosentino, accusé par des repentis d’être proche de mafieux. Le “Cavaliere” a imputé ces scandales à des “vauriens” et jugé que leur ampleur ne peut être comparée aux enquêtes anti-corruption de l’opération “Mains propres” au début des années 1990.

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