Le président-élu croate veut s’attaquer à la corruption

 

Reuters – Zoran Radosavljevic

La corruption est endémique en Croatie mais les autorités sont résolues à la combattre à tous les niveaux, a assuré le président-élu Ivo Josipovic.

“C’est un état d’esprit qui s’est imposé, au point que même l’homme le plus honnête pense qu’il ne pourra rien obtenir sans ‘graisser la patte’ d’un individu, de l’échelon le plus bas aux rangs les plus élevés”, a déploré le vainqueur de l’élection du 10 janvier dans une interview accordée à Reuters.

 

Cet expert en droit, candidat social-démocrate, prendra ses fonctions le 18 février et pilotera la dernière phase du processus d’adhésion à l’Union européenne, que l’ancienne république yougoslave espère rejoindre en 2012.

Ivo Josipovic constate que la corruption est ancrée dans les milieux politiques, à en juger par le nombre d’enquêtes ouvertes pour détournements de fonds dans les entreprises publiques par le Premier ministre de centre droit Jadranka Kosor à son arrivée à la tête du gouvernement en juillet.

 

“Il n’y a pas de magie. La corruption ne disparaîtra pas du jour au lendemain mais nous faisons de gros efforts. L’UE le sait et j’espère qu’elle nous en saura gré”, a-t-il déclaré.

“Le cours des événements suggère qu’il n’y aura pas d’intouchables. Nous avons des ministres qui font l’objet d’investigations. Que pouvons-nous demander de plus?”

 

Ivo Josipovic, qui compose de la musique classique et se détend entre deux réunions en jouant sur le piano à queue installé au siège de son parti, compte notamment mobiliser les services de renseignement, placés sous contrôle civil, pour récolter des informations sur les “grandes transactions et activités qui peuvent concerner la sécurité nationale”.

Le futur président croate a par ailleurs estimé que la coopération avec le Tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie ne devrait plus être un sujet de discussion.

 

La Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont bloqué l’ouverture du chapitre “justice” des négociations d’adhésion tant que le procureur en chef du TPIY, Serge Brammertz, qui réclame des documents sur la guerre d’indépendance de 1991-95, ne se déclarera pas satisfait par le travail avec Zagreb.

“Nous avons déclaré que ces documents n’existaient pas, alors qu’ils existaient. Cela nous a pas rendus crédibles, mais je pense que c’était plus un problème de maladresse que de non-coopération”, a-t-il dit.

 

“Je suis convaincu que le gouvernement a fait tout ce qui était en son pouvoir. Nous avons retrouvé certains documents et cette question ne devrait bientôt plus être d’actualité.”

Ivo Josipovic a ajouté qu’une de ses priorités sera d’améliorer les relations avec les pays voisins, en particulier avec la Serbie. Il n’a pas exclu l’idée que Belgrade et Zagreb puissent convenir mutuellement d’abandonner les poursuites pour crimes de guerre déposées par les deux pays devant le TPIY.

Version française Jean-Stéphane Brosse

 

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

avatar
  S'abonner aux commentaires  
Me notifier des