Italie : victoire de Berlusconi et de la Ligue du Nord aux régionales

AP – Alessandra Rizzo
Silvio Berlusconi a retourné la situation et passé le test haut la main. Le chef du gouvernement italien et ses alliés, dont la Ligue du Nord, à l’extrême droite, se sont emparés de quatre nouvelles régions, portant leur score total à six, contre sept à la gauche, selon les derniers résultats publiés mardi.

Les élections de dimanche et lundi faisaient figure de référendum pour ou contre “Il Cavaliere” qui, à 73 ans et après deux ans d’un mandat marqué par la crise mais aussi des scandales et accusations de corruption, voyait sa cote de popularité dégringoler dans les sondages. Treize régions sur un total de vingt étaient en jeu.
“Ce résultat est la meilleure reconnaissance du travail accompli par le gouvernement”, s’est réjoui “Il Cavaliere”, se disant encouragé “pour mener, dans cette deuxième moitié de législature, les réformes nécessaires à la modernisation du pays”.

Dans un message, il a remercié les électeurs de l’avoir soutenu “malgré la terrible campagne de calomnie et de diffamation” de ces deux derniers mois. “Une fois de plus, l’amour l’a emporté sur la jalousie et la haine”, ajoute-t-il.
La coalition de centre-droit du Peuple de la Liberté (PdL) s’est notamment emparée du Latium, qui comprend la capitale, Rome, et du Piémont (Turin), dans le Nord industriel, ainsi que de la Campanie, la région de Naples, où le gouvernement est intervenu pour mettre fin à la crise des poubelles. En Vénétie (Venise), la Ligue du Nord remporte une large victoire.

Dans le Latium, la gauche était confrontée à ses propres scandales: le gouverneur a démissionné l’année dernière, empêtré dans une affaire de cocaïne et de prostituées transexuelles.
A l’issue d’un suspense qui aura duré toute la nuit, Renata Polverini, syndicaliste de droite peu connue, l’a emporté sur l’ancienne commissaire européenne, la radicale Emma Bonino, qui s’est attiré les foudres du Vatican, et peut-être des électeurs catholiques, pour ses positions sur l’avortement et l’euthanasie. “Les miracles arrivent”, a déclaré à Rome une Renata Polverini en larmes.

La participation a ces régionales été élevée à l’aune des pays européens mais elle recule de huit points par rapport au scrutin de 2005, à 64% des 41 millions d’électeurs inscrits, sur une population totale de 60 millions d’habitants. Une forte abstention aurait été considérée comme une critique tacite du gouvernement en place.

Au final, le centre-droit conserve la Lombardie (Milan) et la Vénétie (Venise), et y ajoute le Latium (Rome), le Piémont (Turin), la Campanie (Naples) et la Calabre (Reggio), tandis que l’opposition en garde sept: Toscane (Florence), Ombrie (Pérouse), ses bastions traditionnels, Emilie-Romagne (Bologne), Marches (Ancône), Pouilles (Bari), Basilicate (Potenza), Ligurie (Gênes).

“Personne n’aurait été surpris que Berlusconi perde les élections régionales, mais Berlusconi a manoeuvré avec son habileté coutumière dans une campagne électorale mesquine et il a même réussi à éviter le piège d’un record d’abstention”, constate l’un des journalistes politiques italiens les plus réputés, Stefano Folli, dans le quotidien économique “Il Sole 24 Ore”.

S’il est une bonne nouvelle pour Berlusconi, ce résultat l’est aussi pour la Ligue du Nord, son message anti-immigrés et son chef, Umberto Bossi, qui se voit en successeur du “Cavaliere”. Alliée de Berlusconi, la Ligue devrait désormais réclamer une plus grande place au gouvernement: elle a réuni près de 13% des voix au niveau national et double quasiment la mise par rapport aux régionales précédentes.
Selon les analystes, la Ligue aurait volé des voix au parti de Berlusconi, qui passe de 31% des voix au dernier scrutin régional à 26,7% aujourd’hui.

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