UE : la nouvelle Commission européenne enfin sur les rails

BRUXELLES (AFP) – La nouvelle Commission européenne doit enfin entrer en fonction la semaine prochaine avec un feu vert attendu du Parlement, mettant fin à une période de flottement et de léthargie d’un peu plus de trois mois alors que l’UE traverse la pire crise économique de son histoire.

Le mandat de l’actuel exécutif européen a pris fin le 31 octobre 2009 mais l’accouchement de la nouvelle équipe, présidée comme la précédente par José Manuel Barroso, s’est fait dans la douleur, contraignant l’équipe emmenée par l’ex-Premier ministre portugais à gérer les affaires courantes.
Le Parlement européen doit mettre fin à cette période mardi en votant en bloc sur la future Commission « Barroso II ». L’issue positive ne fait guère de doute, même si une minorité d’élus continuent à faire la fine bouche.

Pour en arriver là, les commissaires désignés ont dû subir des examens de passage parfois difficiles en janvier devant les parlementaires.
Ce fut le cas de Catherine Ashton, Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, mais aussi vice-présidente de la Commission. Nombre d’élus attendent encore d’être convaincus dans les mois à venir que la Britannique est à la hauteur de la fonction. La baronne fut très critiquée pour ne pas s’être rendue à Haïti après le séisme. Un profil bas qui n’a pas contribué à rehausser l’image de celle qui est censée être la voix de l’Europe dans le monde.

M. Barroso a subi un revers avec la démission de la candidate de la Bulgarie. Proposée pour piloter l’aide humanitaire, Roumiana Jeleva a renoncé sous la pression d’élus la jugeant incompétente et estimant ses affaires financières personnelles trop opaques.
Avec l’entrée en fonction prévue mercredi de sa nouvelle équipe, le Portugais entend se replacer sur le devant de la scène, après être resté en retrait forcé au sein du nouveau quatuor censé diriger l’UE: outre lui-même, Mme Ashton, le président de l’UE, Herman Van Rompuy, et la présidence tournante, qui revient jusqu’en juillet à l’Espagne.

C’est surtout avec l’ancien Premier ministre belge qu’il devra jouer des coudes. Car M. Van Rompuy veut commencer à sortir de l’ombre jeudi à l’occasion d’un sommet des dirigeants européens sur la crise économique.
Relancer la croissance est aussi la principale tâche assignée par José Manuel Barroso à son exécutif, dominé dans ce domaine par un trio composé de l’Espagnol Joaquin Almunia (Concurrence), du Finlandais Olli Rehn (Affaires économiques) et du Français Michel Barnier (Marché intérieur et Services financiers).

Parmi les autres commissaires en vue figurent le Belge Karel De Gucht, au Commerce, et le Roumain Dacian Ciolos, à l’Agriculture.
« Dans cinq ans, je veux que cette Commission ait joué un rôle clé pour faire passer l’Europe de la crise à une économie compétitive qui fournisse croissance durable et prospérité à tous nos citoyens », a promis M. Barroso.
Jugé par ses détracteurs trop libéral et trop timide face aux grands Etats de l’UE durant son premier mandat, le Portugais assure en privé vouloir donner tort à ses critiques lors du deuxième, qui sera notamment marqué à partir de l’année prochaine par une grande bataille sur le futur budget européen.
La tendance de fond est toutefois à un net retour du balancier du pouvoir européen vers les Etats, au détriment de la Commission, qui a l’initiative législative et est censée incarner l’intérêt général européen.

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