Al Qaïda menace le Yémen

Yemen1- Quelques clefs pour comprendre
Le Yémen, pays du sud de la péninsule arabique, doit surmonter de nombreux défis :
–    la guerre fait rage avec la rébellion chiite du nord.
–    un regain d’instabilité est observé depuis plusieurs mois dans le sud du pays, où les aspirations séparatistes demeurent fortes, près de 20 ans après la réunification entre le nord et le sud.
–    le pays est en proie à une forte pauvreté, qui alimente le radicalisme islamique et les rangs d’Al Qaïda, représentée dans ce pays par “Al-Qaïda dans la péninsule arabique” (AQPA), renforcée en janvier 2009 par la fusion des branches yéménite et saoudienne d’Al-Qaïda. AQPA est surtout présente dans l’est du pays et a multiplié les attentats depuis un an.


2- Le Yémen inquiète l’Occident, mais s’engage à ses côtés

La communauté internationale s’est portée mercredi au chevet du Yémen, l’un des pays les plus pauvres du monde, menacé par un radicalisme islamique qui risque de déstabiliser toute la péninsule arabique.
Une réunion a rassemblé à Londres des représentants du G8, de l’Onu, de l’Union européenne, du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que des pays de la région comme l’Egypte, la Jordanie et la Turquie.
S’adressant à la presse à l’issue de cette conférence, les ministres des Affaires étrangères yéménite, britannique et américain ont souligné la nécessité de traiter les causes de la radicalisation.

“Tous les intervenants que nous avons entendus aujourd’hui se sont accordés pour dire que le traitement des problèmes du Yémen ne se limite pas à sa sécurité et sa stratégie antiterroriste”, a déclaré le Britannique David Miliband, hôte de la conférence.
“Pour s’attaquer au terrorisme, il est essentiel de s’en prendre à ses causes profondes. Dans le cas du Yémen, elles sont nombreuses : économiques, sociales et politiques”, a-t-il poursuivi, annonçant l’ouverture prochaine de négociations entre Sanaa et le Fonds monétaire international en vue de l’élaboration d’un programme de réformes économiques.

Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, avait proposé la tenue de cette conférence après l’attentat manqué du 25 décembre à bord d’un avion de ligne US assurant la liaison Amsterdam-Detroit.
L’opération a été revendiquée par Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), dont l’activisme croissant au Yémen préoccupe le puissant voisin saoudien et les Etats occidentaux.
L’auteur de l’attaque, un Nigérian de 23 ans, aurait été entraîné et “équipé” au Yémen par AQPA.

Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Aboubakr al Kirbi, a estimé récemment à quatre milliards de dollars par an l’aide nécessaire pour faire décoller l’économie et détourner la jeunesse d’un risque de radicalisation violente.
Plus de 40% des 33 millions de Yéménites vivent avec moins de deux dollars par jour, alors que la population est appelée à doubler en l’espace de 20 ans et que le fléau du chômage pousse les jeunes, désabusés, dans les bras des islamistes radicaux.
Et le Yémen voit ses réserves pétrolières, qui représentent 75% de ses revenus, décliner.

En 2006, une réunion de donateurs, qui s’était tenue elle aussi à Londres, avait débouché sur la promesse d’une aide de cinq milliards de dollars, mais seule une petite portion a été versée, par crainte notamment de la manière dont les fonds auraient été dépensés.
En particulier, l’aide des pays du Golfe était loin d’avoir été intégralement versée.

Dans le communiqué final, les participants s’engagent cette fois à soutenir sans faille le Yémen face à des “défis croissants, qui, s’ils ne sont pas relevés, risquent de menacer la stabilité du pays et de l’ensemble de la région”.
De son côté, “le gouvernement du Yémen reconnaît le besoin urgent de s’attaquer à ces problèmes, qui demanderont un engagement soutenu et ciblé”.

Les délégations se félicitent en outre de la naissance d’une assemblée “des amis du Yémen” qui se réunira pour la première fois fin mars dans la région pour évoquer les moyens à mettre en œuvre pour concrétiser les projets de réformes, “notamment dans le cadre de deux groupes de travail consacrés, d’une part, à l’économie et à la gouvernance et, d’autre part, à la justice et au maintien de l’ordre”.
La déclaration finale annonce aussi l’organisation, les 27 et 28 février à Ryad, d’une réunion du Conseil de coopération du Golfe afin d’évaluer les obstacles à surmonter pour aider efficacement Sanaa.

La fenêtre d’opportunité pour le développement du Yémen est en train de se fermer, a souligné Ginny Hill, experte du centre de recherches en relations internationales Chatham House à Londres.
L’instabilité au Yémen risque de créer “une zone de non droit depuis le nord du Kenya, à travers la Somalie, le golfe d’Aden, jusqu’à l’Arabie saoudite”. Avec des implications “pour le transport maritime, le transit de pétrole vers le canal de Suez et la sécurité des pays voisins du Yémen”, prévient-elle dans une note d’analyse.


3- Al Qaïda est bien implantée car le gouvernement contrôle mal le pays

Le gouvernement yéménite a été affaibli par les guerres, la pauvreté, une mauvaise gouvernance et une corruption omniprésente. L’autorité centrale s’étend à peine au-delà de la capitale, et des tribus souvent fortement armées contrôlent de vastes régions. Bon nombre de ces tribus sont en froid avec les autorités de Sanaa, et certaines donnent refuge à des combattants d’Al-Qaïda.

Le ministre yéménite des Affaires étrangères avait estimé en décembre que le pays pourrait abriter jusqu’à 300 activistes liés à Al Qaïda. Plusieurs dizaines auraient été tuées depuis.
Les autorités yéménites ont envoyé ces dernières semaines des renforts dans l’est du pays pour rechercher des éléments présumés d’Al-Qaïda, bien implantés dans cette région.

Elles avaient annoncé le 13 janvier avoir tué le chef d’Al-Qaïda dans la province de Chabwa, Abdallah Mehdar. D’autres membres de la cellule d’Al-Qaïda qui se trouvaient en compagnie de Mehdar avaient fui vers les montagnes proches, selon des sources de sécurité.
Et le 20 janvier, l’aviation a bombardé la maison d’un chef présumé du réseau, Ayed al-Chabwani, faisant un nombre indéterminé de victimes, selon des sources militaire et tribales.

Mi-janvier, le Yémen a affirmé que sa proposition de dialogue avec Al-Qaïda se limitait à parler aux repentis du réseau “dans le cadre d’un programme de réhabilitation”, dans une mise au point au lendemain de déclarations de son ministre des Affaires étrangères, Abou Bakr Al-Kourbi.
Le ministre avait affirmé que le dialogue était “le meilleur moyen de résoudre les divergences” avec les Houthis (rebelles chiites) et Al-Qaïda s’ils déposent les armes et renoncent à la violence et au terrorisme”, reprenant l’idée du dialogue avec Al-Qaïda avancée par le président Saleh.

Aujourd’hui, certains craignent qu’Al-Qaïda ne réussisse à séduire les sécessionnistes du sud. En mai, le chef de la branche locale du mouvement terroriste, Naser Abdel-Karim al-Wahishi, s’était adressé aux sudistes, disant soutenir leur cause contre “l’oppression et la tyrannie” exercée par Sanaa.

Les provinces du Sud ont été indépendantes pendant des décennies, dirigées par un régime socialiste. La République populaire démocratique du Yémen s’est réunifiée en 1990 avec le Nord-Yémen, et quatre ans plus tard, Sanaa réprima une nouvelle tentative de sécession à l’issue de trois mois de guerre civile.
Depuis, nombreux au Sud-Yémen accusent les nordistes aux commandes à Sanaa de prendre revenus du pétrole et terres, et d’écarter les sudistes du gouvernement et de l’armée.
Le mouvement sécessionniste a repris de plus belle en 2008 et 2009.


4- Un soutien US dans la lutte contre Al Qaïda au Yémen ?

Selon le Washington Post mercredi, des militaires et agents du renseignement américains seraient profondément impliqués dans des opérations secrètes menées avec les forces yéménites contre Al-Qaïda dans la région.
Et selon AQPA, il y aurait des navires de guerre étrangers dans le golfe d’Aden, la mer d’Arabie et la mer Rouge.

Les Etats-Unis ont en tout cas récemment accru leur aide apportée au gouvernement yéménite pour lutter contre le terrorisme dans ce pays qui compte une importante présence d’Al-Qaïda.
Washington envisageait de plus doubler son aide économique au Yémen cette année, à au moins 150 millions de dollars. L’aide britannique devrait de son côté être portée à 56,4 millions d’euros en 2011 contre 22,5 millions d’euros cette année, selon le site internet du Foreign Office.
D’autre part, c’est à la demande US que le Yémen lance des raids contre Al Qaïda depuis fin décembre. Auparavant, ce pays était pendant longtemps taxé de laxisme contre Al-Qaïda.

Mais, au vue de l’impopularité de la politique américaine au Proche-Orient, le ministre yéménite des Affaires étrangères, Abou Bakr Abdallah al-Kourbi, a souligné qu’une base américaine au Yémen était “inconcevable”, dans une interview à la BBC télévision cette semaine.
Et le Pentagone a assuré que le rôle des Etats-Unis au Yémen se limitait à la formation et au renseignement. Les USA fournissent aussi un soutien logistique.

Mi-janvier, un groupe d’influents imams yéménites a menacé d’appeler au djihad, la guerre sainte, si les Etats-Unis envoyaient des troupes au Yémen.
La menace lancée par ce groupe d’imams illustre le dilemme du gouvernement yéménite, qui s’est engagé à collaborer avec Washington contre le terrorisme, mais qui a besoin de l’appui de figures radicales pour rester en place.
Cheikh Abdelmajid Zendani, un influent chef islamiste yéménite soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme, figure parmi les signataires du communiqué.

Au Yémen, le président Ali Abdoullah Saleh et son gouvernement sont taxés d’autoritarisme, manquent de légitimité et restent suspectés de malversations financières, soulignent les diplomates.
“Un engagement sécuritaire accru des Américains provoquera une poussée de recrutement en faveur d’Al Qaïda”, estime l’analyste yéménite Abdoul-Ghani Al Iryani.
Agé de 67 ans, Ali Abdoullah Saleh a réussi à garder le pouvoir depuis trente ans, en maintenant un subtil équilibre entre factions tribales et militaires et en s’appuyant sur le clientélisme.

Par ailleurs, le 19 janvier, les Etats-Unis ont placé AQAP parmi les “organisations terroristes étrangères”, ouvrant la voie à des mesures juridiques et financières contre ce groupe.
La désignation des organisations terroristes étrangères “est un moyen efficace d’entraver le soutien aux activités terroristes et de faire pression sur les groupes pour qu’ils abandonnent l’activité terroriste”, déclare le porte-parole du département d’Etat, Philip Crowley. Cette mesure permet d’interdire “la fourniture de soutien matériel ou de ressources”, notamment des armes.

Elle aboutit également au “gel des propriétés et des intérêts détenus par l’organisation visée aux Etats-Unis”. Elle permet enfin des interdictions de voyager.
Les mesures visent à la fois AQAP et deux de ses principaux dirigeants, Nasir al-Wahishi, le chef autoproclamé de l’organisation, et Saïd al-Shihri, son adjoint présumé. Elles donnent également une base juridique à la poursuite de ces personnes et de tout membre d’AQAP par la justice américaine.

“Ces désignations ne représentent qu’un volet de la réponse du gouvernement des Etats-Unis à la menace que constituent AQAP et ses principaux chefs”, assure le communiqué.
Washington précise avoir proposé des mesures identiques aux Nations Unies. En cas de succès de cette démarche, tous les pays membres de l’organisation seraient liés par les sanctions contre AQAP.
Le communiqué de la diplomatie américaine rappelle qu’AQAP a revendiqué des opérations depuis janvier 2009 contre des cibles saoudiennes, sud-coréennes, yéménites et américaines.


5- Des citoyens américains exilés au Yémen suscitent l’inquiétude

Plusieurs dizaines de citoyens américains soupçonnés de s’entraîner dans des camps d’Al Qaïda au Yémen pourraient représenter une menace sérieuse pour la sécurité des Etats-Unis, selon un rapport d’une commission du Sénat américain.
D’après ce rapport de la commission des Affaires étrangères, deux groupes distincts d’Américains exilés au Yémen inquiètent les services antiterroristes dans le Golfe.

Le groupe le plus inquiétant est composé d’une trentaine d’anciens détenus qui se sont convertis à l’islam en prison et qui sont arrivés au Yémen dans l’année écoulée, officiellement pour apprendre l’arabe, souligne le rapport.
Certains membres du groupe se sont volatilisés et les autorités craignent qu’ils ne se soient en réalité radicalisés en prison et qu’ils se soient rendus au Yémen pour y suivre des entraînements dans des camps d’Al Qaïda.

L’autre groupe comprend une dizaine d’Américains qui se sont convertis à l’islam, sont devenus fondamentalistes et se sont mariés à des femmes yéménites afin de pouvoir rester dans le pays.
Les membres de ce groupe, dont la plupart vivent dans la capitale Sanaa, “correspondent au profil d’Américains qu’Al Qaïda cherche à recruter depuis des années”.

Le rapport précise néanmoins que les autorités ne disposent d’aucune preuve sur le possible enrôlement de citoyens américains dans des camps de la mouvance islamiste.
Les autorités américaines “sont en état d’alerte maximale en raison de la menace potentielle représentée par des extrémistes détenteurs de passeports américains” et de la difficulté à “repérer et à stopper des agents ayant grandi au pays”, lit-on dans le rapport.

En tout cas, le 21 janvier, le Yémen a annoncé la suspension de l’octroi de visas d’entrée aux étrangers dans ses aéroports afin d’empêcher une infiltration d’extrémistes dans le pays.
“A partir d’aujourd’hui, les visas seront uniquement délivrés dans les ambassades yéménites après consultation avec les responsables de la sécurité pour une vérification de l’identité des voyageurs”, a indiqué de son côté un responsable militaire non identifié.

Et fin décembre, le gouvernement a durci les mesures pour l’accueil des étudiants étrangers.
Des milliers de ressortissants étrangers viennent au Yémen pour y suivre des cours de langue arabe et de religion. Certains de ces établissements sont soupçonnés dans les milieux diplomatiques de prêcher un extrémisme religieux.


6- Le Yémen réclame à Washington ses ressortissants détenus à Guantanamo

Le gouvernement yéménite a appelé le 18 janvier Washington à lui remettre ses ressortissants détenus à Guantanamo, dont la libération a été bloquée à la suite de l’attentat raté de Noël, affirmant qu’il est en mesure de les réhabiliter pour qu’ils ne renouent pas avec l’extrémisme.
Le Pentagone avait indiqué qu’un nombre croissant d’ex-détenus de la prison américaine rejoignent des groupes extrémistes après leur libération. Et M. Obama a assuré que son administration ne renverrait plus de Yéménites dans leur pays, dans l’attente que celui-ci sorte de la “situation confuse” dans laquelle il est plongé, en référence aux violences attribuées à la branche d’Al-Qaïda dans la région.

“Des discussions sont en cours entre les gouvernements yéménite et américain pour l’accueil de nos ressortissants détenus à Guantanamo”, a déclaré Hammoud al-Hattar, ministre des Waqfs (Biens religieux), dans un entretien avec l’AFP.
“Garder des détenus à Guantanamo est une honte pour l’administration américaine”, a-t-il encore dit, indiquant “attendre de cette administration d’honorer la promesse du président Barack Obama de fermer la prison de Guantanamo”.

Le président américain avait promis en arrivant au pouvoir de fermer en janvier 2010 le centre, qui compte aujourd’hui 198 détenus dont 91 Yéménites. Mais à quelques jours de la date butoir fixée initialement pour sa fermeture, le centre de détention de Guantanamo est encore bien ouvert et l’arrêt des rapatriements vers le Yémen risque de ralentir encore davantage le processus.
Steven Emerson, chercheur spécialisé dans le terrorisme, explique qu'”avoir été détenu à Guantanamo est devenu très prisé parmi les terroristes d’Al-Qaïda. Ceux qui en sortent décrochent des jobs à haut niveau au sein de l’organisation une fois qu’ils regagnent le Yémen”.

La fermeture de Guantanamo, voulue par Barack Obama, passe par un véritable casse-tête, à savoir quoi faire des détenus : les emprisonner sur le sol américain, les renvoyer dans leur pays d’origine ou dans un pays tiers. La décision se fait au cas par cas, et un site a été choisi dans l’Illinois où pourraient être enfermés une centaine de ces détenus impossibles à renvoyer où que ce soit.
Le ministre des Waqfs a en tout cas rejeté un transfert de ses compatriotes en Arabie saoudite, pays voisin du Yémen, une option évoquée dans les milieux diplomatiques dans la perspective d’une fermeture rapide de la prison.


7- La lutte contre le terrorisme efficace en 2009 selon le président US

L’année dernière, Washington a débloqué 67 millions de dollars pour le Yémen, montant qui n’inclut pas les missions secrètes confiées aux forces spéciales américaines et à la CIA. Seul le Pakistan, premier pays de la ligne de front anti-terroriste et limitrophe de l’Afghanistan, aura reçu une enveloppe plus importante.
Et selon Barack Obama, cet argent aura été bien dépensé au Yémen. “Des camps d’entraînement ont été frappés, des chefs éliminés, des complots déjoués”.

Cependant, c’est en 2009 qu’Al Qaïda, chassée d’Arabie Saoudite par une vigoureuse lutte anti-terroriste, a choisi de s’installer au Yémen, où le contrôle du pouvoir central est faible et où les frustrations de la population offrent un terrain propice au radicalisme islamique. De plus, la terre natale du père d’Oussama ben Laden compte 23 millions d’habitants dont deux-tiers de moins de 24 ans.
La frontière de 1.300 kilomètres qui traverse étendues désertiques et montagnes entre les deux pays est extrêmement poreuse, et Al-Qaïda essaie aussi de convaincre de jeunes Saoudiens de se rendre au Yémen pour y recevoir une formation de militant.

AQPA est dirigé par un Yéménite, Nasser al Wahayshi, mais a nommé comme commandants deux Saoudiens libérés du camp de détention américain de Guantanamo et passés par le programme de réhabilitation des anciens islamistes en Arabie Saoudite. Cela a constitué un revers considérable pour ce programme souvent cité en exemple.

Depuis un an et demi, les militants d’Al-Qaïda ont été montrés du doigt pour une série d’attaques au Yémen.
Le Yémen est depuis longtemps une terre de prédilection pour Al-Qaïda. Le groupe terroriste y mena une de ses actions les plus spectaculaires avant le 11-Septembre : l’attentat contre le destroyer américain USS Cole, dans lequel 17 marins américains furent tués en 2000.
Désormais, une nouvelle génération de militants semble vouloir s’établir de manière durable dans le pays. Ils déclarent ouvertement vouloir renverser le président Saleh, à qui ils reprochent d’avoir collaboré à la guerre contre le terrorisme menée par les Etats-Unis.


8- Le pays reçoit une aide humanitaire

Mi-décembre, les agences humanitaires ont réclamé 177 millions de dollars aux bailleurs de fonds pour répondre aux besoins en 2010 de quelque 1,6 million de personnes au Yémen dans le cadre d’un programme couvrant l’ensemble du pays.

Ce programme permettra aux agences des Nations Unies, aux organisations non gouvernementales nationales et internationales et aux homologues du gouvernement yéménite de fournir une assistance aux populations les plus vulnérables en matière d’alimentation, de santé, d’abris, d’eau et d’assainissement, a précisé dans un communiqué le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
« Les besoins humanitaires sont sérieux et en augmentation, et nous craignons que les gains en matière de développement ne soient perdus », a expliqué la Résidente Coordonnatrice des Nations Unies pour le Yémen, Pratibha Mehta.

Le Yémen souffre de sous-développement chronique. Ce pays où les revenus sont faibles souffre de déficit alimentaire, d’infrastructures limitées, d’une pauvreté et d’un chômage massifs, d’une croissance démographique forte, de faibles niveaux d’éducation et de grandes disparités entre hommes et femmes.
Selon OCHA, les familles yéménites qui avaient déjà des moyens limités sont d’autant plus touchées par la hausse des prix alimentaires, la récession économique et le changement climatique. Les besoins ont également été exacerbés par le conflit armé dans le nord du pays.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) et ses partenaires locaux qui assurent la logistique distribuent chaque année depuis 5 ans au Yémen des repas à 24.000 enfants frappés de malnutrition, femmes enceintes ou allaitant ainsi que des tuberculeux et lépreux.
En avril 2008, le PAM avait ouvert un programme de 4 ans doté de 47,8 millions de dollars visant à aider quelque 1,6 million de Yéménites, en particulier les enfants de moins de 5 ans, les filles en âge scolaire, les femmes enceintes et allaitantes et les malades de la tuberculose et de la lèpre.

Sources : Reuters, AFP, AP, ONU, IRIN

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>