Attaque chimique en Syrie : ce n’est pas logique !

 

AUDIO

 

ARTICLE

Ces dernières semaines, le régime de Bachar el Assad, aidé par son allié russe, était en passe de récupérer toute la Ghouta orientale, région située aux portes de la capitale.

De nombreux accords ont été signés avec les rebelles qui occupaient encore la principale ville, Douma.

 

Même le plus réticent des groupes rebelles, Djaïch al Islam, a accepté fin mars de négocier avec le régime syrien.

En quoi consistent ces accords entre le régime et les rebelles ?

Bachar el-Assad et son allié russe évacuent pacifiquement les rebelles en échange de libérations d’otages et d’échanges de prisonniers.

Avant ces accords pacifiques, en février et mars, l’enclave rebelle a été la cible de bombardements intenses qui ont tué plus de 1.700 civils, selon l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme.

 

Ainsi, la Ghouta orientale se vide de ses rebelles, et les civils peuvent retrouver leurs familles.

Le régime syrien était donc à 2 doigts de récupérer entièrement cette région lorsqu’il y a été accusé d’atrocité par ce fameux groupe, Djaïch al Islam. Samedi, des bombes chimiques seraient tombées sur Douma, faisant plus de 40 morts et plus de mille blessés parmi les civils, notamment des femmes et des enfants.

 

Ce n’est pas logique que le régime syrien utilise une arme chimique alors qu’il était en train de remporter la victoire. Surtout que jusque-là, c’était des bombardements aériens classiques sur Douma.

L’arme chimique c’est la ligne rouge à ne pas franchir pour les Occidentaux. La riposte militaire des Occidentaux en Syrie est tout à fait envisageable désormais.

 

Une attaque chimique sur Douma, ce n’est pas non plus logique de la part du régime syrien, car s’il y a bien une région préoccupante, c’est celle d’Idlib, au nord-ouest du pays.

C’est la zone la plus importante encore tenue par les opposants au régime de Bachar el Assad.

Grâce à l’appui militaire de Moscou, le pouvoir syrien a réussi à reprendre plus de la moitié du pays, et des centaines de milliers de combattants et de civils ont afflué dans la région d’Idlib ces dernières années.

 

La preuve que la situation est loin d’être calme, hier, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une explosion y a fait 11 morts et plus de 80 blessés.

L’ONG, qui est basée à Londres et qui s’appuie sur un réseau d’informateurs en Syrie n’a pu préciser la cause de l’explosion.

 

Qui est à l’origine de l’attaque chimique samedi à Douma alors ?

Le régime syrien et ses alliés accusent les rebelles d’avoir fait une mise en scène.

Il faut noter que par rapport aux précédentes attaques chimiques sur des civils, il y a une différence : un médecin a déclaré que certaines victimes ont craché du sang, ce qui n’avait jamais été constaté lors de précédentes attaques chimiques en Syrie.

 

Cette différence laisse songeur. Si beaucoup d’éléments permettent de croire à la réalité d’une attaque chimique samedi, ce n’est pas du tout dans l’intérêt du régime syrien ni de ses alliés.

Bachar el Assad, l’Iran, le Hezbollah libanais, la Russie et la Turquie ne souhaitent sûrement pas une intervention armée de l’Occident.

 

Inversement, en prétextant protéger les civils, l’Occident aurait un intérêt à intervenir en Syrie.

Rappelons-nous que la Syrie est riche de gaz et de pétrole.

De plus, cela aurait l’avantage de rassurer Israël face à l’Iran. Ce pays est son ennemi juré et est en train de s’installer paisiblement en Syrie, donc à sa frontière.

 

Quant à l’attaque d’une base aérienne syrienne par Israël lundi, que faut-il en penser ?

Israël a utilisé l’espace aérien libanais, ce qui est condamné par le Liban et fait parler. Ainsi, l’on voit qu’Israël riposte face à l’atrocité de l’attaque chimique. Israël réagit vite, contrairement aux pays occidentaux, qui pour l’instant en parlent avec l’ONU.

Bien sûr, on ne peut pas imaginer que la bombe chimique puisse provenir d’un autre pays que la Syrie.

 

On ne sait pas qui a lancé une bombe chimique sur les civils syriens, mais il faut réfléchir aux aspects stratégiques. Un pays en guerre a évidemment du mal à protéger ses frontières et à empêcher des agents extérieurs de faire passer une bombe chimique. Ajoutons à cela la corruption qui facilite forcément l’entrée dans le pays.

Il est aussi tout à fait envisageable qu’un acte de corruption ait facilité l’accès aux armes chimiques syriennes.

 

L’enquête de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques aura certainement bien du mal à déterminer l’origine de l’arme chimique.

Il n’est en effet pas prévu que les inspecteurs de l’OIAC se rendent sur place. Ils doivent interroger à distance des témoins et se procurer, en vue d’analyse, des échantillons sanguins de survivants de l’attaque.

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1b/Carte_de_la_Syrie_FR.png

1
Poster un Commentaire

avatar
1 Comment threads
0 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
1 Comment authors
Tristan Recent comment authors

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S'abonner aux commentaires  
plus récents plus anciens plus de votes
Me notifier des