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Irak : situation explosive face à un pouvoir complètement bloqué

Irak : situation explosive face à un pouvoir complètement bloqué

24 janvier 2020

 

Rappel du contexte

 

La contestation réclame depuis le 1er octobre des réformes politiques profondes.

Depuis octobre, la répression a fait environ 460 personnes morts et 25.000 blessés, selon un décompte de l’AFP. En outre, une vaste campagne d’intimidation, d’assassinats et d’enlèvements de militants a fortement asséché les rangs des manifestations.

 

Sous la pression de la rue, le Premier ministre Adel Abdel Mahdi a démissionné en décembre mais continue de gérer les affaires courantes, les partis politiques ne parvenant pas à s’entendre sur un successeur.

 

Ce retard a été dénoncé vendredi par le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite en Irak. Dans son sermon, il a souligné le droit des Irakiens à manifester “pacifiquement” pour la souveraineté du pays.  Les manifestants antigouvernementaux ont relancé leur mouvement ces derniers jours en bloquant de nombreuses routes à Bagdad et dans le sud.

 

La fermeture des routes a empêché des centaines de camions-citernes du sud pétrolier de parvenir à Bagdad. Elle a également provoqué l’arrêt de la production dans le principal champ pétrolier au nord-ouest de Nassiriya. Le champ produit 100.000 barils par jour.

En Irak, pays membre de l’Opep, les revenus du pétrole assurent 90% du budget de l’Etat.

 

 

Les revendications des manifestants contre le pouvoir irakien

 

Afin de ne pas être éclipsés par la marche antiaméricaine, qui s’est tenue sans incident en début de journée, des milliers de manifestants antigouvernementaux ont afflué vendredi après-midi sur la place Tahrir, épicentre de la contestation qui réclame depuis le 1er octobre des réformes politiques profondes.

 

Leurs revendications :

  • Des élections anticipées

  • Un Premier ministre indépendant et la fin de la corruption, du clientélisme

  • Des emplois, l’amélioration des services de base dans le 2e pays producteur de pétrole de l’Opep, où 1 jeune sur 4 est au chômage et 1 habitant sur 5 sous le seuil de pauvreté

  • Que les responsables de la répression rendent des comptes

  • Une réforme de la loi électorale et la fin du système politique de répartition des postes en fonction des ethnies et des confessions

 

 

La répression est forte contre les manifestants

 

2 manifestants ont été tués vendredi à Bagdad lors d’affrontements avec les forces de sécurité. L’ONG française SOS Chrétiens d’Orient a par ailleurs annoncé que 4 de ses collaborateurs étaient portés disparus depuis lundi. Les violences depuis le début octobre ont fait plus de 470 morts, en majorité des protestataires, selon des sources sécuritaires et médicales.

 

 

Les revendications des manifestants contre les forces étrangères présentes en Irak

 

Vendredi à Bagdad, un rassemblement de partisans du puissant leader chiite Moqtada Sadr a réclamé l’expulsion des troupes américaines d’Irak.

Moqtada Sadr appelle aussi à l’annulation des accords sécuritaires entre Bagdad et Washington et à la fermeture de l’espace aérien irakien aux avions militaires américains. 

 

Le sentiment antiaméricain est à son comble en Irak depuis la mort, le 3 janvier, du général charismatique Qassem Soleimani, émissaire iranien, dans un raid de drone américain à Bagdad, qui a entraîné une escalade des tensions entre Téhéran et Washington, puissances agissantes en Irak.

 

Deux jours après la mort de Qassem Soleimani, le Parlement irakien a voté en faveur du départ des troupes étrangères, dont 5.200 militaires américains déployés pour aider les Irakiens dans la lutte antijihadiste.

 

Et 5 jours après la mort de Qassem Soleimani, l’Iran a riposté par des tirs de missiles sur deux bases irakiennes abritant des militaires américains.

L’Irak a protesté contre la violation de sa souveraineté.

 

Les manifestants rejettent eux aussi toute influence étrangère, iranienne comme américaine, dans les affaires de leur pays.

Le 10 janvier, des milliers de manifestants anti-pouvoir conspuaient l’Iran et les Etats-Unis.

 

Depuis fin octobre, des dizaines de roquettes ont visé des soldats et des diplomates américains en Irak, notamment dans la Zone verte de Bagdad.

Ces attaques n’ont jamais été revendiquées mais elles ont été attribuées pour plusieurs d’entre elles aux factions pro-Iran par Washington.

 

Les tensions entre les Etats-Unis et l’Irak sont montées d’un cran au sujet du retrait des troupes américaines, réclamé par Bagdad mais dont Washington refuse même de discuter.

Un retrait des troupes américaines “serait la pire chose qui puisse arriver à l’Irak”, a dit le milliardaire républicain, évoquant le danger que représente pour l’Irak l’imposant voisin iranien.

 

Source : AFP

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