Iran : agir militairement ?

1- Des clefs pour comprendre
Les grandes puissances et Israël soupçonnent depuis 2002 l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire sous couvert d’un programme civil, ce que Téhéran nie farouchement, proclamant son droit à enrichir de l’uranium à des fins pacifiques.
Signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), l’Iran insiste sur son droit à maîtriser à des fins de production d’électricité la totalité du cycle des combustibles nucléaires, y compris l’enrichissement de l’uranium.

L’enrichissement d’uranium permet d’obtenir aussi bien le combustible pour une centrale nucléaire que la matière première d’une bombe atomique. Avec ses missiles, il deviendrait alors possible pour l’Iran d’envoyer des bombes atomiques sur des pays ennemis, notamment Israël.
En étant membre du TNP, l’Iran s’est engagé à ne pas chercher à se doter de l’arme atomique et à accepter des inspections, à la différence d’Israël, qui n’a pas rejoint ce traité.

Mais l’Iran impose beaucoup de restrictions aux inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Cela fait 6 ans qu’elle cherche à établir la véritable nature des activités nucléaires de Téhéran. Malgré des inspections régulières, elle n’est toujours pas en mesure de dire si le programme nucléaire est totalement pacifique.

Depuis des années l’Iran négocie avec le groupe “5+1” (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu plus l’Allemagne), qui tentent de le convaincre de renoncer à son programme nucléaire. La prochaine réunion aura lieu jeudi à Genève, après 14 mois d’interruption.
L’Iran a indiqué qu’il était prêt à évoquer la non-prolifération nucléaire au sens large, mais a exclu d’aborder la question de l’enrichissement, pierre d’achoppement avec les Six.
La précédente rencontre s’était achevée sur le refus par l’Iran d’aborder l’enrichissement.


2- Troisième série de tests de missiles en deux jours
L’Iran procède régulièrement à des manœuvres militaires ou teste de nouvelles armes pour montrer sa détermination à contrer toute attaque venant d’ennemis comme Israël et les Etats-Unis.
Sur fond de tensions avec les Occidentaux, il a annoncé lundi avoir procédé avec succès à une nouvelle série de tirs de missiles, la troisième en deux jours effectuée dans le cadre d’exercices destinés à démontrer la capacité de Téhéran à réagir en cas d’attaques.

Selon la télévision d’Etat, les Gardiens de la Révolution, qui contrôlent le programme de missiles iranien, ont testé lundi de nouvelles versions des missiles Shahab-3 et Sajjil d’environ 2.000 km de portée, des engins capables de frapper Israël ainsi que des bases militaires américaines au Proche-Orient et le Sud-Est de l’Europe.

Le Sajjil-2 est le missile sol-sol à deux étages le plus perfectionné dont sont dotées les forces iraniennes. Il est entièrement alimenté par du combustible solide tandis que le Shahab-3, plus ancien, utilise un mélange de combustibles solide et liquide dans sa forme la plus poussée. Le combustible solide est considéré comme une percée technologique pour tout programme balistique dans la mesure où il augmente la précision des tirs de missiles.

Avant cette troisième et dernière phase d’essais en clôture de deux jours de manœuvres, des missiles Shahab-1 et Shahab-2, d’une portée respective de 300 et 700 kilomètres, avaient été lancés dans la nuit de dimanche à lundi, selon la télévision d’Etat. Ces tirs faisaient suite à une première série de tests menés dimanche avec les missiles Fateh, Tondar et Zelzal, dont la portée atteint respectivement 193 km, 150 km et 200 km.

La dernière série connue de tests balistiques en Iran datait de mai dernier. Téhéran avait alors lancé des missiles Sajjil-2, d’une portée de 1.900 km.
Ces nouvelles manœuvres interviennent au moment où Téhéran est soumis à une intense pression internationale sur le dossier nucléaire. Mais d’après Hassan Qachqavi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, ces exercices étaient prévus de longue date et n’ont rien à voir avec les tensions actuelles.

Et début juin, les autorités iraniennes ont annoncé avoir entamé la production d’un nouveau type de missile sol-air. “La portée de ce système de défense est supérieure à 40 km et il est capable de suivre et de toucher un avion ou un hélicoptère ennemi de façon intelligente à une vitesse supersonique”, a déclaré le ministre de la Défense, Mostafa Mohammad Najjar.

Par ailleurs, concernant les navires croisant dans le détroit d’Ormuz, que Téhéran a menacé de bloquer en cas d’attaque contre son territoire, l’Iran a testé en mars un nouveau missile air-mer d’une portée de 110 km, selon des médias iraniens.
L’engin pourrait être utilisé par des avions contre des objectifs navals distants de 110 km.
Près de 40% du trafic pétrolier mondial transite par ce détroit reliant le golfe arabo-persique à l’océan Indien. Le chef d’état-major de l’armée iranienne avait averti que Téhéran pourrait fermer ce détroit en cas de menace. De plus, cela ferait flamber les cours du pétrole.

Enfin en février l’Iran a annoncé avoir construit un avion de surveillance sans pilote disposant d’un rayon d’action de plus de 1.000 kilomètres, ce qui lui permettrait d’atteindre Israël.
L’Iran avait déjà annoncé il y a deux ans avoir construit un drone, mais ces déclarations sont les premières d’un haut responsable iranien à révéler son rayon d’action. Cet appareil sans pilote a été conçu pour prendre des photos et collecter des données sur des positions ennemies.

L’Iran cherche également à développer un drone avec des capacités d’attaque. En décembre, le général Hasan Shah Safi, commandant de l’armée de l’air iranienne, a affirmé que des experts iraniens avaient conçu un drone capable d’attaquer une cible ennemie sans se faire repérer. Il a précisé que l’armée iranienne travaillait à la construction d’un prototype.
Depuis 2005, l’Iran accuse les Etats-Unis de faire voler des drones de surveillance dans son espace aérien pour espionner ses installations nucléaires et militaires.


3- Construction d’une installation secrète d’enrichissement d’uranium
Il y a 2 jours les Occidentaux ont révélé la construction en Iran d’une installation secrète d’enrichissement d’uranium. On estimait jusqu’alors que la République islamique ne possédait qu’un seul site d’enrichissement, à Natanz, qui est ouvert à la surveillance quotidienne des inspecteurs de l’AIEA (surveillance de toute façon restreinte par Téhéran).
Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont réclamé vendredi à Téhéran l’ouverture aux inspections de l’AIEA de cette 2e usine de production de combustible nucléaire, proche de la ville sainte de Qom, au sud-ouest de Téhéran.

L’Iran a fini par annoncer samedi qu’il autoriserait les inspecteurs de l’AIEA à se rendre sur le site.

Ce nouveau site d’enrichissement serait situé à l’intérieur d’une installation souterraine très bien gardée, appartenant aux Gardiens de la révolution. Ce site est destiné à accueillir au maximum 3.000 centrifugeuses, soit beaucoup moins que les 8.000 centrifugeuses de Natanz. Toutefois, les centrifugeuses de Qom doivent produire du combustible nucléaire, qui pourrait servir à la fabrication d’ogives nucléaires.
Cette 2e usine d’enrichissement a “la bonne taille” pour produire assez d’uranium pour une arme nucléaire, a estimé un haut responsable américain sous couvert d’anonymat.

Sur la télévision iranienne, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique Ali Akbar Salehi a affirmé que ce site n’avait rien de secret et que l’Iran s’était plié aux règlements de l’ONU qui lui demandent d’informer l’AIEA six mois avant que le centre d’enrichissement ne devienne opérationnel.
Il a affirmé que l’Iran devrait être félicité, et non condamné, pour avoir révélé volontairement l’existence d’un site nucléaire.

Téhéran affirme que ce nouveau site ne sera pas opérationnel avant 18 mois et que les règlements de l’AIEA n’ont donc pas été enfreints.

Les Iraniens affirment qu’ils se sont retirés d’un accord avec l’AIEA leur demandant de signaler à l’agence toute intention de construire de nouvelles installations nucléaires, et qu’ils ne sont plus tenus qu’à une notification de six mois avant qu’un site devienne opérationnel. Mais selon l’AIEA, Téhéran ne peut pas se retirer unilatéralement d’un accord bilatéral et aurait dû annoncer son intention de construire le site.

Si Washington, Paris et Londres ont accusé l’Iran d’avoir dissimulé pendant des années la construction de cette 2e usine d’enrichissement d’uranium, on déclare, de source française, que les révélations iraniennes interviennent au moment où ces 3 pays, qui ont uni leurs efforts dans cette affaire, s’apprêtaient à remettre un rapport à l’AIEA sur ce site dont leurs services secrets avaient appris l’existence depuis “un certain temps”. Construit sous une montagne, il pouvait échapper à une surveillance par satellite, a-t-on ajouté.

En son temps, le site de Natanz avait lui aussi été passé sous silence par les autorités iraniennes. Son existence avait été dévoilée par un groupe d’opposants en exil, le Conseil national de la résistance, durant l’été 2002.
Selon un responsable français, le projet de Qom a été lancé il y a plus de 4 ans, donc avant l’élection du président ultra-conservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad. A en croire une autre source française, la construction elle-même a commencé il y a 2 ans.

D’autre part l’Iran disposerait de deux sites secrets à Téhéran et dans ses environs, participant à la fabrication d’ogives nucléaires, ont indiqué jeudi à Paris les Moudjahidine du peuple, mouvement d’opposition qui avait été le premier en 2002 à révéler le programme nucléaire iranien. Un responsable des Moudjahidine a précisé que son mouvement avait informé l’AIEA de cette découverte faite “tout récemment”.
Les Moudjahidine du peuple sont considérés comme le principal mouvement d’opposition à l’extérieur du régime islamique, et n’ont pas de lien avec l’opposition interne qui s’est développée depuis l’élection présidentielle du 12 juin.


4- L’Iran aurait les moyens de fabriquer une bombe nucléaire
L’Iran a la capacité de fabriquer une bombe atomique et est sur le point de développer un vecteur capable de transporter une tête nucléaire, selon un rapport confidentiel obtenu par l’Associated Press et rédigé par des experts de l’AIEA.
Selon le document, ce pays dispose de “suffisamment d’informations” pour fabriquer une bombe et devrait “surmonter les problèmes” concernant le développement d’un missile transportant une tête nucléaire.

Cette étude semble être la fameuse “annexe secrète” (terme employé par l’AIEA elle-même), à laquelle les Etats-Unis, la France, Israël et d’autres membres de l’AIEA avaient déjà fait référence.
L’existence du rapport n’avait jamais été reconnue par le directeur de l’AIEA, Mohamed el-Baradeï. Mais le 17 septembre, le porte-parole de l’AIEA, Marc Vidricaire, n’a pas nié son existence, tout en le qualifiant de “désinformation” ou de “mauvaise interprétation”, “sans fondement”.

Début septembre, Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, avait demandé à Mohamed el-Baradeï de révéler les informations confidentielles dont l’AIEA dispose. De même côté israélien, selon le quotidien “Haaretz”.
Mais Mohamed el-Baradeï s’est vivement défendu de ces accusations de dissimulation de preuves.
M. ElBaradei, qui quitte son poste le 30 novembre prochain, a été souvent accusé, notamment par Washington, de ne pas être assez sévère avec l’Iran.

L’Iran, de son côté, a à nouveau accusé les services secrets américains d’avoir produit des documents falsifiés.
Rédigé par de hauts responsables de l’agence onusienne, le texte semble confirmer les craintes de Washington, qui soupçonne l’Iran de vouloir développer un programme d’armement nucléaire, alors que Mohamed el-Baradeï avait affirmé en 2007 n’avoir aucune “preuve concrète” de telles intentions.
Le rapport de 67 pages date de 2007 et n’a cessé d’être réactualisé depuis, sa dernière version du 28 août compte plus de 80 pages. Ses informations sont soit nouvelles, soit plus détaillées, soit plus explicites.

Le document établit que l’Iran travaille bien sur un missile balistique, capable de transporter une ogive, “qui a de grandes chances d’être nucléaire”. L’Iran est aussi “probablement” en train de “tester” des explosifs, communément utilisés pour faire exploser une ogive nucléaire. Et l’Iran cherche à développer un système qui peut “faire exploser une forte charge hémisphérique”, du type de celles utilisées pour déclencher une explosion nucléaire.
Le contenu s’appuie sur des enquêtes menées en Iran par les services secrets de plusieurs des Etats membres de l’AIEA, par les membres de l’AIEA eux-mêmes et par des experts indépendants, pour le compte de l’AIEA.

Cependant, si l’Iran a désormais les moyens de fabriquer une bombe nucléaire, il ne prend pas le chemin de réaliser les tests, ne souhaitant apparemment pas une confrontation directe avec l’Occident, accompagnée d’une probable frappe israélienne.
Même si l’Iran y met beaucoup d’obstacles, la présence des inspecteurs de l’AIEA sur le site d’enrichissement de Natanz empêche l’Iran de réaliser des essais comparables à ceux de la Corée du Nord en 2006.


5- Encore des sanctions ?
Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé que des sanctions devraient être prises contre Téhéran “si d’ici au mois de décembre, il n’y a pas un changement profond de politique de la part des dirigeants iraniens” sur la question du nucléaire.
Vendredi, le président américain Barack Obama a solennellement prévenu la République islamique qu’elle ferait l’objet de “sanctions qui font mal” en cas d’échec du dialogue.
Le président américain a cependant réaffirmé son offre de dialogue avec l’Iran. “Mon offre d’un dialogue sérieux et significatif pour résoudre cette question reste ouverte. Mais l’Iran doit maintenant coopérer pleinement avec l’AIEA et prouver ses intentions pacifiques”.

Le secrétaire US à la Défense Robert Gates a estimé dimanche que de nouvelles sanctions économiques contre l’Iran pourraient être plus efficaces qu’une intervention militaire du fait des profondes divisions sociales et politiques du pays.
Selon Robert Gates, de nouvelles sanctions pourraient convaincre Téhéran de revenir sur ses choix nucléaires car le pays est déjà confronté à des difficultés économiques. Les tensions politiques nées de la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad sont toujours “latentes”, et le chômage des jeunes tourne autour de 40%, a-t-il noté.

“Il est clair qu’à la suite des élections il existe des fissures relativement profondes dans la société et la classe politique iraniennes, et probablement même au sein du pouvoir”, a affirmé Robert Gates.

La Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité, donc disposant du droit de veto, s’opposent à des mesures dures. La Chine est un important partenaire commercial de l’Iran. La Russie lui est très liée, puisqu’elle lui livre de l’uranium, donc du combustible nucléaire, destiné à la centrale électrique dans le port de Bushehr (sud).

Mais la Russie a manifesté une détermination nouvelle en faveur de mesures punitives. Le président russe vient en effet de bénéficier de la décision d’Obama de ne plus déployer en Europe le système antimissiles américain visant l’Iran, auquel la Russie s’opposait car pouvant aussi la viser elle.
A la mi-septembre cependant, la Russie excluait quasiment des sanctions pétrolières contre Téhéran.
Cinquième producteur mondial de pétrole, l’Iran est jugé vulnérable à ce type de sanctions parce qu’il importe 40% de son essence, faute de moyens de raffinement suffisants.

Quant à la Chine, très rétive à l’idée de sanctions, elle a réaffirmé sa préférence pour une approche à double voie associant pressions et dialogue.
L’Iran ne semble cependant pas vouloir faire marche arrière.
Téhéran fait déjà l’objet de cinq résolutions de l’ONU dont trois assorties de sanctions.
Malgré cela il refuse toujours de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium.

Quelles sont les sanctions actuelles ?
–          un embargo commercial ; l’inspection de marchandises à destination et en provenance de l’Iran
–          surveillance de deux banques soupçonnées d’être liées à des activités de prolifération, Bank Melli et Bank Saderat
–          Gel des avoirs d’entreprises et de personnes
–          interdiction totale de déplacement de 5 Iraniens liés au programme nucléaire de Téhéran


6- L’Iran pris en tenaille
a- Des troupes en Afghanistan et en Irak
Rappelons que du fait des guerres en Afghanistan et en Irak les Etats-Unis diposent de troupes importantes aux frontières de l’Iran. Cependant le président irakien Jalal Talabani a mis en garde samedi sur le fait que son pays n’autoriserait jamais Israël ou tout autre pays à survoler son espace aérien pour accéder aux installations nucléaires iraniennes.

b- Israël pourrait attaquer
Certains experts estiment que l’Iran pourrait n’être qu’à quelques mois de la capacité de fabriquer une bombe et Israël a prévenu qu’il empêcherait cela, au besoin militairement.
Ni Israël ni les Etats-Unis n’ont exclu la possibilité d’une action militaire en cas d’échec des négociations diplomatiques sur le programme nucléaire. Israël considère la République islamique comme son pire ennemi, le président iranien ayant à plusieurs reprises annoncé sa disparition prochaine.

Bien que non dépourvue de risques, l’hypothèse d’une action militaire d’Israël pour s’opposer au programme nucléaire iranien est prise au sérieux par de nombreux experts. Bien que les installations nucléaires de la République islamique soient éloignées, nombreuses et fortifiées, certains experts croient Israël capable de les frapper.
L’armée de l’air israélienne dispose de chasseurs tactiques F-15I et chasseur multirôle F-16I, d’origines américaines, ainsi que d’appareils de ravitaillement en vol mettant l’Iran à leur portée. Israël est aussi réputé avoir reçu des Américains des bombes conçues pour frapper des installations protégées sous des blockhaus.

Le Guardian a affirmé en septembre 2008 que les autorités israéliennes ont sérieusement envisagé en 2008 de procéder à une opération militaire contre des sites nucléaires iraniens mais ont été informées par le président américain George Bush qu’il ne les soutiendrait pas.
Deux facteurs auraient expliqué la position de Bush :
– la crainte de représailles iraniennes sur les forces américaines déployées en Irak et en Afghanistan ou sur le trafic maritime dans le Golfe ;
– l’incertitude autour de l’efficacité d’une seule vague de bombardements israéliens et du risque de voir l’opération se prolonger pendant plusieurs jours et déclencher une guerre ouverte.

c- Israël a le soutien de l’Egypte
Début juillet un sous-marin israélien a transité par le canal de Suez pour participer à des manœuvres navales en mer Rouge. Cette annonce a ressemblé à un double avertissement en direction de l’Iran. D’une part, l’Etat hébreu et l’Egypte coopèrent. D’autre part, un sous-marin israélien est capable d’atteindre le golfe Persique en quelques jours et n’est nullement obligé de contourner l’Afrique, ce qui prendrait des semaines.
Israël dispose d’au moins trois sous-marins capables de transporter des têtes nucléaires.
D’après le quotidien “Jerusalem Post”, c’était la première fois depuis 2005 que des navires israéliens empruntaient le canal de Suez, qui relie la Méditerranée à la mer Rouge.

d- Le Golfe arabo-persique
Le 14 septembre, le chef du nucléaire iranien Ali Akhbar Salehi a accusé les Etats-Unis d’accumuler “un stock d’armement épouvantable et terrifiant dans le Golfe persique”.
La Marine américaine dispose d’une trentaine de navires de guerre et de vaisseaux auxiliaires dans le secteur. Un porte-avions opère aussi dans le Golfe arabo-persique.

D’autre part, fin mai a été inaugurée à Abou Dhabi la première base militaire française dans le golfe arabo-persique, marquant la volonté de Paris de s’impliquer pour la stabilité de la région secouée par les ambitions iraniennes.
Cette base, essentiellement navale, est la première base permanente installée par la France hors d’Afrique et la première ouverte depuis cinquante ans. Elle sera installée à quelques encablures des côtes iraniennes et constitue un signal envoyé à Téhéran, qui persiste à ne pas renoncer à son programme nucléaire.

Dans cette région stratégique transitent 40% des exportations mondiales de pétrole.
L’ouverture de cette base à la demande des Emirats sera accompagnée du renouvellement de l’accord de défense entre les deux pays. “Soyez assurés que la France sera à vos côtés si votre sécurité devait être menacée”, a affirmé Nicolas Sarkozy à l’agence officielle WAM.
La base navale est complétée par l’installation, à une quarantaine de kilomètres de là, d’avions de combats français, dont des Rafale, sur une base aérienne de l’armée émiratie, très bonne cliente des fabricants d’armes français.


7- La centrale nucléaire de Bouchehr en service d’ici fin 2009
En mars, le ministre iranien de l’Energie Parviz Fattah a confirmé que la centrale nucléaire de Bouchehr (sud) entrerait en service d’ici fin 2009. Cette première centrale nucléaire iranienne a été construite par la Russie.
Sa construction avait été retardée plusieurs fois sur fond de tensions autour du programme nucléaire iranien, les Occidentaux craignant qu’il ne dissimule un projet militaire. Ce que Téhéran a toujours démenti.
L’Iran justifie ses activités d’enrichissement d’uranium par sa volonté d’alimenter lui-même ses futures centrales en combustible.

Le réacteur, qui utilisera de l’uranium enrichi importé de Russie, suscite depuis longtemps l’inquiétude des Occidentaux, qui craignent que son combustible usagé soit ultérieurement transformé en plutonium, matériau potentiel pour la fabrication d’armes nucléaires. Ces craintes ont toutefois baissé après que l’Iran a accepté de restituer le combustible usagé à la Russie pour garantir qu’il ne sera pas retraité en plutonium sur son sol.
La Russie a commencé ses livraisons d’uranium à l’Iran en 2007.
L’Iran prévoit de construire une seconde centrale nucléaire à Darkhovin, dans la province du Khuzestan (sud-ouest), qui fonctionnerait avec de l’uranium enrichi produit dans le pays, ce qui justement pose problème à la communauté internationale.


8- L’Iran contournerait les sanctions de l’Onu
Le cargo russe Arctic Sea a été victime d’un rocambolesque détournement cet été entre la Finlande et l’Algérie. Moscou a utilisé les grands moyens pour retrouver le vraquier, mobilisant toute sa flotte de guerre croisant dans l’Atlantique, y compris des sous-marins. Des articles de presse en Russie et en Grande-Bretagne, citant des sources militaires russes et israéliennes, ont affirmé que le cargo, officiellement chargé de bois pour le port algérien de Bejaïa, transportait des missiles antiaériens russes S-300 destinés à l’Iran – à l’insu de Moscou.
Ces allégations ont été réfutées par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Ce n’étaient pas les premiers soupçons : en décembre, les Etats-Unis exigeaient de la Russie des éclaircissements sur ses ventes supposées de missiles air-sol S-300 à l’Iran. Une agence russe avait rapporté que l’Etat russe était en train d’exporter des armes vers l’Iran, dont des systèmes antiaériens à longue portée, les S-300.

Par ailleurs, des responsables américains de la sécurité ont dit disposer de nouvelles preuves des efforts déployés par l’Iran pour contourner les sanctions des Nations unies et acheter à la Chine des métaux entrant dans la fabrication d’armes sophistiquées, rapportait en janvier le Wall Street Journal.
Le procureur de Manhattan Robert Morgenthau a dit que les autorités enquêtaient sur 9 banques européennes qui pourraient avoir aidé l’Iran à acheter des matériaux.

Le département américain de la Justice s’est dit convaincu que l’Iran disposait de réseaux dans le monde entier pour acheter du matériel sensible.

Les Emirats arabes unis ont aussi informé les Etats-Unis de ce qu’ils avaient intercepté en septembre 2008 une cargaison chinoise de feuilles d’aluminium pouvant être utilisées pour fabriquer des missiles balistiques. Un mois auparavant, les EAU avaient intercepté une cargaison de feuilles de titane susceptibles de servir pour des missiles à longue portée. Mais tous ces métaux ont aussi des utilisations industrielles civiles.

Sources : Reuters, AP, AFP

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