L’Iran en Syrie, à la frontière d’Israël : panique à Jérusalem

 

AUDIO – le 15 mai

 

 

 

ARTICLE – le 15 mai

Pourquoi les Etats-Unis ont-ils décidé de transférer leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem ?

Ce symbole a pourtant des conséquences catastrophiques, en provoquant la colère des Gazaouis et des Palestiniens en général.

Pour les Palestiniens, Jérusalem-Est doit en effet devenir la capitale de leur futur État.

 

Cependant la nouvelle ambassade des Etats-Unis ne se situe pas dans Jérusalem-Est, donc n’est pas dans un territoire annexé par Israël.

Il n’empêche, pour les Palestiniens c’est la perspective d’un État indépendant qui s’éloigne encore un peu plus.

Surtout que la colonisation israélienne se poursuit à grande échelle dans les territoires occupés, donc à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

 

La colère des Palestiniens s’est traduite par d’immenses manifestations. Des dizaines de Gazaouis se sont faits abattre par l’armée israélienne à la frontière. Sans compter les centaines de blessés.

 

Si Israël est accusée de crimes de guerre, il faut aussi rappeler que le Hamas donne des sommes importantes aux familles des Palestiniens tués ou blessés.

Le mouvement islamiste contrôle sévèrement la bande de Gaza.

Il galvanise la résistance à Israël et encourage les jeunes à mourir en martyr, leur promettant le paradis.

 

Mais surtout, la population de Gaza n’a pas grand-chose à perdre, car la vie y est extrêmement difficile : les 2 millions d’habitants manquent de tout, notamment d’eau potable, à cause des blocus imposés par l’Égypte et Israël.

 

La raison des blocus ?

Le Hamas menace la sécurité d’Israël, en appelant à sa destruction.

Ce mouvement islamiste est reconnu comme terroriste par la communauté internationale.

Or, il est soutenu par l’Iran.

 

Si Israël a déjà mené plusieurs guerres contre le Hamas, le contexte international n’est pas le même qu’avant : avec Donald Trump, les Etats-Unis soutiennent désormais fermement Israël envers et contre tout.

 

Les USA ont donc perdu toute crédibilité en tant que médiateurs pour la paix entre Palestiniens et Israéliens.

Ils sont aussi accusés de complicité dans le carnage commis par l’armée israélienne à la frontière de Gaza.

 

Enfin, les tensions avec l’Iran sont bien plus vives qu’avant, car les Etats-Unis se sont alignés sur la ligne dure du Premier ministre israélien.

Celui-ci pense que l’Iran est tout proche de se doter de l’arme nucléaire. Il appelle donc à la défiance contre ce pays.

 

Dans ce contexte, les Etats-Unis se sont retirés de l’accord historique signé en 2015 avec l’Iran. Plusieurs pays importants avaient âprement négocié et abouti à une solution avec la République islamique.

Il était convenu que l’Iran s’engageait à ne pas se doter de l’arme nucléaire.

En échange de quoi les sanctions visant l’Iran étaient levées.

 

Le retrait des Etats-Unis de l’accord entraîne de facto le rétablissement des sanctions américaines contre l’Iran.

D’où une vive colère de la République islamique, qui y voit une trahison manifeste et menace par conséquent de se doter de l’arme nucléaire.

 

Ajoutons à ce nouveau contexte la présence de l’Iran en Syrie. Le régime de Bachar el Assad, plongé dans une guerre civile sans issue, est militairement soutenu par l’Iran, la Russie et la Turquie.

Or, la Syrie est à la frontière israélienne. Jérusalem est très inquiet, car l’Iran ne s’est jamais caché de la volonté de détruire Israël.

 

Même si Israël détient l’arme nucléaire, elle craint la puissance militaire de l’Iran.

Ajoutons à cela un autre motif d’inquiétude : le Hezbollah a remporté les élections au Liban, qui est aussi un voisin d’Israël.

Ce mouvement chiite, tout comme ses alliés du Hamas et de l’Iran, est un ennemi d’Israël.

 

Israël a donc beaucoup de raisons de s’alarmer. Quels alliés puissants lui reste-t-il ? Juste les Etats-Unis pour le moment.

Israël demande donc la fin de la présence iranienne en Syrie. Sans résultat bien sûr.

 

On ne sait toujours pas qui a commandité l’attaque chimique d’avril sur des civils à Douma, en Syrie.

Mais cela avait entraîné en tout cas une riposte occidentale aussi rapide que brève, contre des sites syriens supposés abriter les armes chimiques de Bachar el Assad.

 

Mais cette réplique occidentale en Syrie s’est arrêté là, au grand dam d’Israël, qui se retrouve avec l’Iran à ses portes, et ne sait pas comment s’en dépêtrer.

Et si Etats-Unis et Israël avaient trouvé la solution contre l’Iran ? Le provoquer, afin de trouver un prétexte à une guerre contre ce pays chiite ? Et ainsi essayer de l’empêcher d’acquérir l’arme nucléaire…

 

En tout cas, si Israël a frappé à plusieurs reprises les positions iraniennes en Syrie depuis quelques mois, la tension va crescendo depuis quelques jours.

Hier, le chef du Hezbollah libanais a annoncé avoir tiré 55 missiles depuis la Syrie en direction du plateau du Golan occupé par les Israéliens.

 

Cela en réponse aux frappes israéliennes contre les positions militaires iraniennes en Syrie.

Israël elle-même aurait ainsi riposté à des tirs de roquettes venant de Syrie et dirigés contre le plateau du Golan.

A l’origine de ces supposés tirs ? Israël a accusé l’Iran.

Ces roquettes auraient été interceptées par le système de défense antimissile israélien “Dôme de fer”.

 

Pour résumer la situation, l’Iran et Israël s’affronte d’ores et déjà : l’Iran attaque le plateau du Golan, qui est un territoire syrien mais annexé par Israël. Et Israël attaque les positions iraniennes en Syrie.

 

Dans le cas d’une guerre franche entre l’Iran et Israël, l’Arabie Saoudite pourrait rejoindre la coalition Etats-Unis-Israël, puisque ce pays sunnite affronte déjà les rebelles chiites du Yémen, qui eux sont soutenus par l’Iran.

 

Dans ce jeu des alliances, on se demande si la Russie soutiendrait encore l’Iran. N’oublions pas que l’Iran est un pays qui suscite les convoitises : pétrole, gaz, et un gros potentiel commercial avec 80 millions d’habitants.

 

Mais un changement de régime en Iran serait certainement plus avantageux pour tout le monde.

Un régime plus favorable à l’Occident, ce serait aussi la fin du soutien apporté au Hamas.

 

Suite à quoi on pourrait même imaginer un changement de régime dans la bande de Gaza. Et ensuite la fin des blocus, côté israélien et côté égyptien.

La population gazaouie pourrait enfin vivre dans des conditions décentes.

 

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https://infosplanetaires.com/moyen-orient/gaza-la-frontiere-israelo-palestinienne-sur-le-fil-du-rasoir.html

 

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