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Nord-ouest de la Syrie : la Russie intensifie ses raids, désastre humanitaire

Nord-ouest de la Syrie : la Russie intensifie ses raids, désastre humanitaire

21 janvier 2020

 

Rappel du contexte

 

La région d’Idleb, au nord-ouest, échappe toujours au régime de Bachar el-Assad. Elle reste majoritairement dominée par les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, tout comme des secteurs adjacents des provinces d’Alep, de Hama et de Lattaquié.

 

Depuis fin avril, les bombardements des forces syriennes et de l’allié russe ont tué plus d’un millier de civils dans la région. Et plus de 400.000 personnes ont été déplacées.

Plus de 1.700 combattants rebelles et jihadistes ont également péri dans les raids et les combats, contre plus de 1.400 membres des forces du régime.

 

Moscou est allié du régime syrien, tandis qu’Ankara est parrain de certains groupes rebelles.

D’où la demande turque d’arrêt des raids aériens.

Les attaques contre les établissements de santé et d’éducation se poursuivent.

 

Selon le Comité international de Secours, “quelque 650.000 personnes supplémentaires, dont une majorité de femmes et d’enfants, pourraient être forcées de fuir leur foyer si les violences persistent” dans cette région où vivent environ trois millions de personnes.

 

Le pouvoir syrien, qui contrôle désormais plus de 70% du pays, a maintes fois exprimé sa détermination à reconquérir cette région. Le conflit en Syrie, déclenché en mars 2011 avec la répression de manifestations prodémocratie par Damas, a fait plus de 380.000 morts dont plus de 115.000 civils, et des millions de déplacés et réfugiés.

 

 

Les raids sont massifs ces derniers jours

 

Au moins 23 civils, dont 13 enfants, ont été tués mardi dans des raids menés par la Russie.

Les violences font craindre une aggravation de la crise humanitaire.

Ce bilan s’ajoute aux dizaines de civils tués depuis que la région d’Idleb et ses environs ont connu en décembre un regain de violence.

 

Depuis début décembre, plus de 310.000 personnes ont été déplacées, et des dizaines de civils tués. L’intensification de l’offensive à Idleb a suscité la condamnation d’autres pays.

Le président américain Donald Trump a appelé le régime syrien et ses alliés russe et iranien à cesser le “carnage” de civils dans la province d’Idleb.

 

 

À l’ONU, la Russie fait fortement réduire l’aide humanitaire vers la Syrie

 

Les habitants de la région d’Idleb éprouvent un soulagement en demi-teinte après le vote à l’ONU d’une aide transfrontalière profitant à des millions de personnes, les ONG s’émouvant de sa réduction drastique.

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté en faveur d’une extension de l’aide pour une durée de six mois, au terme de semaines de tractations, Moscou imposant néanmoins une baisse conséquente de cette aide.

 

En vigueur depuis 2014, cette aide profite principalement aux régions échappant au contrôle de Damas, notamment Idleb.

L’aide provenait jusqu’ici de Jordanie, d’Irak et de Turquie, et était acheminée en Syrie à travers quatre points de passage désignés par l’ONU, sans l’autorisation officielle du régime de Damas.

 

Habituellement renouvelée pour une année, elle a été prolongée cette fois de seulement six mois, en raison des pressions de Moscou, qui a aussi exigé que seuls deux points de passage soient désormais ouverts, à la frontière turque uniquement.

 

Conséquence : dès le 11 janvier, ce sont 1,3 million de personnes du nord-est du pays qui n’auront plus accès à des médicaments, du matériel ou du personnel médical.

Le Conseil a demandé au secrétariat général de l’ONU de proposer des alternatives à l’acheminement des médicaments d’ici la fin février.

 

Sources : RFI, AFP

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