S'abonner par email

Syrie : remplacement de population au nord

Syrie : remplacement de population au nord

19 décembre 2019

 

Suite à l’opération turque dans le nord-est de la Syrie, de nombreux habitants de cette zone en ont été chassés et se retrouvent maintenant réfugiés dans des camps de déplacés.

Il y a deux mois, les Turcs lançaient l’opération « Source de paix » dans le nord-est de la Syrie. Leur but était de chasser les soldats kurdes de la zone frontalière.

 

Depuis, les combats entre les forces du Kurdistan syrien et les milices soutenues par l’armée turque sont à l’arrêt ou presque. Désormais, 4 000 kilomètres carrés de territoire syrien sont occupés par les milices d’Ankara. La majorité des habitants qui peuplaient cette zone frontalière ont dû quitter leurs terres et trouver refuge dans des camps de déplacés, sans espoir de retour.

 

Selon les autorités kurdes, l’offensive turque sur le nord-est syrien a provoqué près de 200 000 déplacés en deux mois. Ce sont des civils kurdes, arabes et chrétiens qui ont fui les combats, et qui refusent désormais de retourner vivre dans une région où Ankara fait la loi.

 

Les groupes armés syriens soutenus par la Turquie sont accusés par des ONG d’exécutions, d’expropriations et de “crimes de guerre potentiels” dans les régions conquises en octobre dans le nord de la Syrie.

 

Depuis 2016, la Turquie a lancé trois opérations militaires dans le nord de la Syrie, où habitent de nombreux Kurdes, pour chasser notamment les combattants des Unités de protection du peuple (YPG), principale milice kurde en Syrie qu’Ankara qualifie de “terroriste”. 

 

La Turquie craint l’émergence d’un noyau d’Etat kurde à sa frontière, qui galvaniserait les velléités indépendantistes de la même minorité ethnique sur son territoire. Ankara affirme vouloir renvoyer une partie des 3,5 millions de syriens réfugiés sur son sol dans une “zone de sécurité” dans le nord syrien, un secteur de 120 km de long, aujourd’hui sous son contrôle.  

 

Vendredi, quelque 70 Syriens qui s’étaient réfugiés en Turquie ont traversé la frontière pour se rendre dans cette zone tampon, selon les médias turcs. 

Pour les Kurdes, Ankara cherche surtout à remplacer la population de cette région, en grande partie kurde, par des Syriens arabes. 

 

Si des dizaines de milliers de personnes déplacées par les violences dans cette région commencent à revenir chez elles selon l’ONU, la plupart d’entre elles sont des Arabes, non des Kurdes, estime l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

 

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a récemment indiqué dans un rapport que les rebelles alliés d’Ankara empêchaient le retour de familles kurdes, pillant et occupant leurs propriétés.

Pour la directrice de HRW au Moyen-Orient, Sarah Leah Whitson, “la Turquie ferme les yeux sur le comportement répréhensible des factions qu’elle arme”.   

 

Source : RFI, AFP

Poster un Commentaire

avatar

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S'abonner aux commentaires  
Me notifier des