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Yémen : la paix hors de portée, la famine

Yémen : la paix hors de portée, la famine

23 janvier 2020

 

Rappel du contexte

 

Les rebelles Houthis se sont emparés en 2014 de pans entiers du Yémen dont la capitale Sanaa et le port vital Hodeïda. Issus de l’importante minorité zaïdite concentrée dans le nord du pays, ils disent se soulever contre une marginalisation de la part de l’Etat central. 

 

Les forces progouvernementales (le gouvernement yéménite Hadi est reconnu par la communauté internationale) ont tenté de reprendre du terrain avec l’intervention depuis 2015 d’une coalition militaire dominée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Le conflit civil est considéré comme une guerre par procuration entre l’Arabie saoudite et l’Iran.

 

Les Houthis, qui contrôlent la capitale et la plupart des grands centres urbains, nient être des marionnettes de Téhéran et disent combattre un système corrompu.

Un accord (de Stockholm) a pu être négocié sous l’égide de l’ONU en décembre 2018 pour une désescalade. Mais les combats se poursuivent.

 

Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des 2/3 de la population, ont besoin d’assistance, selon l’ONU, qui parle de pire crise humanitaire actuelle dans le monde.

Mais 6,7 millions de personnes sont difficiles d’accès pour leur fournir de l’aide humanitaire.

 

Le coordinateur pour les Affaires humanitaires au Yémen, Ramesh Rajasingham, a mis en garde contre le risque de famine dans le pays.

Le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils.

 

 

L’envoyé de l’ONU condamne l’escalade militaire

 

L’Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Martin Griffiths, a condamné la récente escalade militaire.

Une attaque aérienne aurait frappé le camp militaire d’Al-Estiqbal dans la ville de Marib, à 120 kilomètres à l’est de la capitale Sanaa, tuant 83 soldats progouvernementaux.

 

Une action jugée « particulièrement préoccupante », a souligné le bureau de l’envoyée onusien.

L’attaque est intervenue après une offensive des forces progouvernementales, avec le soutien de la coalition menée par l’Arabie saoudite, contre les rebelles dans la zone de Nihm au nord de Sanaa, selon des responsables.

 

 

Yémen : l’homme fort du Sud prévient d’un “effondrement” de l’accord de paix

 

Autre front au Yémen, complètement différent de celui avec les Houthis.

Rappelons d’abord que les Emirats arabes unis sont un allié essentiel des Saoudiens au sein de la coalition militaire soutenant le gouvernement officiel.

 

Or, dans le sud du Yémen, des sécessionnistes, qui se nomment « le Conseil de transition du Sud » (STC), sont soutenus par les Emirats.

En août, après des combats, les sécessionnistes se sont emparés de la nouvelle capitale du gouvernement yéménite officiel, Aden.

 

Puis le gouvernement et le Conseil de transition du Sud se sont réunis dans la capitale saoudienne Riyad début novembre et sont arrivés à un accord.

Cependant, l’on constate début décembre que le gouvernement yéménite et les séparatistes sudistes ont échoué à former un gouvernement dans le délai prévu par l’accord.

 

Le chef des séparatistes dans le sud du Yémen, Aidarous al-Zoubeïdi, met en garde contre l'”effondrement” de l’accord de partage du pouvoir avec le gouvernement, lettre morte depuis sa signature il y a plus de deux mois à Ryad.

Cela fait craindre une reprise des hostilités entre les anciens frères d’armes, selon des analystes.

 

Sources : RFI, AFP, Reuters, ONU

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