A Dublin, l’Onu appelle à la fin des bombes à sous-munitions

Les représentants d’une centaine de pays se sont réunis à Dublin pour l’ouverture d’une conférence de deux semaines sur les bombes à sous-munitions, dont l’Onu souhaite obtenir l’interdiction mondiale.
La réunion souffrira toutefois de l’absence des Etats-Unis, de la Chine, de la Russie, de l’Inde, Pakistan et Israël, opposés à cette interdiction et importants producteurs de ces bombes.
Ces armes sont récemment utilisées en Irak, ou en 2006 au Liban.
Selon Handicap International, 75 pays possèdent des stocks totalisant 4 milliards de sous-munitions, les Etats-Unis possédant à eux seuls un quart du total.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé à interdire l’emploi, le développement, la production, le stockage et la diffusion des bombes à sous-munitions.
“Par nature imprécises et souvent défectueuses, (ces armes) frappent de façon particulièrement aveugle et peu fiable”, a déclaré Ban dans un discours retransmis par vidéo.
Les bombes à sous-munitions dispersent jusqu’à plusieurs centaines de petites bombes, qui se répandent sur de grandes surfaces. Un grand nombre n’explose pas immédiatement et crée des champs de mines souvent mortels pour les passants, fréquemment des enfants.
Selon le Programme des nations unies pour le développement, ces armes ont fait plus de 13.000 morts et blessés dans le monde, en majorité au Laos, au Vietnam et en Afghanistan.
Les pays actuellement infestés de cse bombes sont le Laos, la Bosnie, l’Irak, l’Afghanistan ou le Liban.
Les civils représentent 85% des victimes d’accidents par mine ou munition non explosée et les enfants 23%, selon l’ONG Handicap International.

Cette conférence, qui s’inscrit dans le processus initié en février 2007 à Oslo, n’est pas organisée sous le couvert de l’ONU, afin d’éviter le risque de veto.
Elle suit en cela le modèle adopté par la Convention d’Ottawa, qui avait banni les mines antipersonnel en 1997, et dont elle aurait la même portée historique si un texte sans ambiguïté était adopté.
Le document final sera soumis à la signature de tous les Etats, même ceux n’ayant pas participé au processus d’élaboration, les 2 et 3 décembre prochains à Oslo.

L’avant-projet discuté à Dublin proscrit l’usage, la production et le commerce des BASM, et établit une date-butoir de 6 ans pour la destruction des stocks existants. Il réclame également la décontamination des zones “polluées” et envisage l’aide à apporter aux victimes.
La Coalition contre les sous-munitions (Cluster Munition Coalition, CMC), l’organisation qui chapeaute les associations militant pour l’interdiction de ces armes, craint cependant que plusieurs Etats ne cherchent à édulcorer le traité final, notamment la France, l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Australie, le Canada, le Japon ou le Royaume-Uni.

Ces pays, en premier lieu le Royaume-Uni, réclament des exemptions pour les sous-munitions disposant d’un dispositif d’auto-destruction et une période de transition avant la mise en application du traité.
“La pression politique va être très forte sur le Royaume-Uni”, a déclaré à l’AFP Thomas Nash, le coordinateur de la CMC. “Si des alliés tels que la France, l’Allemagne, l’Australie, le Canada et les autres signent, nous pensons qu’il sera très difficile pour le Royaume-Uni de ne pas suivre.”
Le traité doit permettre de stigmatiser les bombes à sous-munitions à un point tel qu’aucun pays ne pourra plus y recourir sans faire l’objet d’une condamnation internationale dissuasive, selon la CMC.

Sources : Reuters, AFP

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