Education : la crise pourrait créer une génération d’enfants perdus, selon un rapport de l’UNESCO

 

 

AP – La crise financière internationale pourrait saboter les efforts destinés à favoriser l’accès à l’éducation de plusieurs millions d’enfants vivant dans les pays pauvres, selon un rapport rendu public mardi par l’UNESCO. Le document diffusé par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture exhorte ainsi les pays riches et le G20 à accroître leurs financements et à accorder une plus grande attention à ceux qui sont privés d’éducation, comme les minorités ethniques et les filles vivant dans les zones rurales.

A l’heure actuelle, quelque 72 millions d’enfants à travers le monde ne sont toujours pas scolarisés et le Rapport mondial 2010 de suivi sur l’éducation pour tous, intitulé “Atteindre les marginalisés”, estime que 56 millions ne fréquenteront toujours pas les bancs d’une école en 2015, si les tendances actuelles se confirment.

 

“Les pays riches ont mobilisé des sommes colossales pour stabiliser leur système financier et protéger leurs infrastructures économiques et sociales les plus importantes, mais ils ont fourni une aide dérisoire aux pays pauvres”, souligne Kevin Watkins, directeur du Rapport mondial de suivi dans un communiqué.

D’après le rapport, l’effet conjugué du ralentissement de la croissance économique, de la hausse de la pauvreté et de la pression accrue des budgets pourrait venir entamer les avancées enregistrées au cours de ces dix dernières années.

 

Depuis 1999, le nombre d’enfants non scolarisés a en effet baissé de 33 millions et celui des enfants bouclant le cycle primaire a augmenté, tandis que reculaient les disparités entre les sexes. Au Sénégal, notamment, le rapport est passé en un cycle primaire de 85 filles pour 100 garçons à la parité. Mais 80% des filles au Yémen ne sont pas scolarisées et pourraient ne jamais l’être, quand dans certains pays comme le Kenya, considéré comme un modèle économique pour d’autres Etats africains, 92% des filles vivant dans les zones rurales ont fréquenté l’école pendant moins de deux ans.

 

De nombreux pays auront beaucoup de mal à atteindre les objectifs de l’Education pour tous sur lesquels 160 Etats se sont engagés en 2000, car, épingle le rapport, les gouvernements ont été dans l’incapacité de remédier aux inégalités et les donateurs de respecter leurs promesses.

 

Les auteurs du rapport estiment ainsi que les donateurs devront combler un déficit de financement de 16 milliards de dollars (11,21 milliards d’euros) par an pour pouvoir atteindre l’objectif d’enseignement primaire universel d’ici 2015. Des chiffres illustrant la “négligence actuelle” des gouvernements à l’égard de la lutte contre les inégalités les plus fortes, selon le communiqué de l’UNESCO qui fustige l'”échec collectif de la communauté des donateurs” et évoque une “chute de plus d’un cinquième” des engagements pour l’éducation de base, qui “stagnaient depuis 2004”.

 

Les auteurs du rapport ont de fait appelé le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon à convoquer une conférence des donateurs en 2010 pour tenter de combler le déficit. Ils estiment que les pays à faibles revenus pourraient dégager sept milliards de dollars (4,9 milliards d’euros) de plus par an, soit 0,7% de leur PIB, en augmentant les ressources nationales et en accordant une plus large place à l’éducation dans leur budget.

“Nous ne pouvons pas nous permettre qu’une génération d’enfants soit sacrifiée et privée de ses chances d’accéder à l’éducation et de sortir de la pauvreté”, a déclaré la directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova, qui a présenté le rapport mardi au siège de l’ONU à New York.

 

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

avatar
  S'abonner aux commentaires  
Me notifier des