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Gaz en Méditerranée orientale : fortes tensions entre la Turquie et ses voisins

Gaz en Méditerranée orientale : fortes tensions entre la Turquie et ses voisins

2 janvier 2020

 

Rappel du contexte

 

L’île de Chypre est située au sud de la Turquie. Or, de gigantesques gisements gaziers ont été découverts ces dernières années en Méditerranée orientale.

Cela aiguise l’appétit de Chypre, qui rêve de devenir à terme un acteur énergétique majeur.

 

Mais Chypre est divisée en deux depuis l’invasion du tiers nord de l’île par l’armée turque en 1974 après un coup d’État visant à rattacher l’île à la Grèce.

La République de Chypre, membre de l’Union européenne, n’exerce son autorité que sur les 2/3 sud de l’île.

 

Au nord se trouve l’autoproclamée République turque de Chypre du Nord (RTCN), parrainée par Ankara et non reconnue par la communauté internationale.

La Turquie s’oppose à toute exploration et exploitation des ressources gazières chypriotes qui exclurait le tiers nord de l’île.

 

Les gisements d’hydrocarbures découverts en Méditerranée orientale intéressent les pays riverains, de la Grèce à l’Egypte, en passant par Chypre et Israël, autant de pays qui ont des relations difficiles avec Ankara.

 

Dans le même temps, les arrivées quotidiennes de migrants et de demandeurs d’asile sur les îles grecques en provenance de Turquie participent par ailleurs à un climat de crispation croissante entre Athènes et Ankara.

 

Les tensions sont d’autant plus vives depuis la signature fin novembre d’un accord de délimitation maritime controversée entre la Turquie et la Libye.

Après la signature de cet accord, le gouvernement turc a en effet prévenu qu’il empêcherait toute exploration d’hydrocarbures sans son autorisation dans ces zones.

 

Cet accord a été condamné par plusieurs pays, dont la Grèce et Chypre.

La Grèce a d’ailleurs ensuite expulsé l’ambassadeur libyen.

La Grèce, comme l’Égypte et Chypre, juge cet accord contraire au droit international, arguant notamment qu’il n’existe pas de frontière entre la Libye et la Turquie.

 

Ces pays craignent surtout qu’Ankara ne s’appuie sur l’accord pour effectuer de nouveaux forages en mer, qu’ils jugent illégaux.

En effet, l’accord permet à Ankara de revendiquer des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale.

 

C’est la riposte de la Turquie à la création en janvier d’un forum de la Méditerranée orientale sur le gaz, dont Ankara a été exclu, lors d’une réunion de représentants de Chypre, de la Grèce, d’Israël, de l’Egypte, de l’Italie, de la Jordanie et des territoires palestiniens.

 

Menacée de sanctions par l’Union européenne pour ses forages illégaux réalisés au large de Chypre, la Turquie entend s’appuyer sur son accord avec la Libye pour mettre fin à son isolement en Méditerranée orientale et faire valoir des droits sur l’exploitation des hydrocarbures.

 

 

Des actions militaires à craindre ?

 

À Athènes, la Grèce, Chypre et Israël ont signé le 2 janvier un accord portant sur la création du gazoduc baptisé « EastMed ». Un projet d’infrastructure dont la Grèce a souligné « l’importance géostratégique » pour la Méditerranée orientale.

 

Aux yeux d’Athènes, le futur EastMed, qui devrait permettre d’alimenter en gaz plusieurs pays du sud de l’Europe, représente davantage qu’un simple projet énergétique. Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a en effet aussi évoqué la dimension sécuritaire de l’exploitation du gaz. Et ce, en s’adressant à mots voilés à la Turquie voisine.

 

Il faut dire que la Turquie est très offensive.

Un drone armé turc a atterri mi-décembre à Chypre-nord où il sera stationné.

Chypre-Nord reste sous l’influence écrasante du “grand frère” turc.

 

D’autre part, en novembre, République de Chypre a fait l’acquisition de 4 drones israéliens.

Cela afin d’améliorer la surveillance de sa zone économique exclusive (ZEE), où des compagnies internationales mènent les explorations à la recherche d’hydrocarbures.

 

Les autorités chypriotes avaient dénoncé une “grave escalade des violations” de ses droits souverains par la Turquie. Selon Nicosie, la Turquie a envoyé un nouveau navire de forage dans sa ZEE, et plus particulièrement un bloc dont les licences d’exploitation ont déjà été attribuées en septembre par la République de Chypre aux géants énergétiques français et italien.

 

Ankara a envoyé plusieurs navires de forage ces derniers mois au large de Chypre malgré des avertissements de Washington et de l’Union européenne.

L’UE a adopté mi-juillet une série de mesures politiques et financières visant à sanctionner la poursuite de ces forages.

 

Sources : RFI, AFP

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