Grippe aviaire : la FAO appelle les Etats à ne pas relâcher l’attention

L’état actuel des connaissances ne permet pas de connaitre précisément les modes de propagation du virus H5N1 de la grippe aviaire, notamment sur la responsabilité des oiseaux sauvages, estime un groupe d’experts internationaux qui exhorte les Etats à ne pas relâcher l’attention sur l’évolution du virus.
« Il semble malheureusement que le virus H5N1 ne fasse plus la Une de l’actualité bien qu’il demeure un problème de premier ordre, en particulier en Egypte et dans certaines parties de l’Asie, où il a un énorme impact sur la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des agriculteurs et des communautés locales », a indiqué Juan Lubroth, Vétérinaire en chef à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Le virus hautement pathogène H5N1 n’est pas confiné à l’Asie, a-t-il ajouté, il a aussi touché l’Europe, l’Asie centrale et certaines zones de l’Afrique. Au cours des six derniers mois, des foyers de la maladie ont été recensés chez les volailles domestiques au Bangladesh, au Cambodge, en Roumanie, en Israël, au Myanmar, au Népal, en Egypte, en Indonésie, en Inde et au Viet Nam, et chez les oiseaux sauvages en Chine, en Mongolie, et en Fédération de Russie. Le Bhoutan vient de signaler récemment pour la première fois la présence de foyers.

« La baisse d’attention portée au virus hautement pathogène H5N1 réduit les opportunités de surveillance et de recherche, compromettant le renforcement des capacités et la coordination entre les administrations environnementales et agricoles, et les efforts visant à mieux comprendre l’épidémiologie et l’écologie du virus », a déclaré le Groupe scientifique de travail sur la grippe aviaire et les oiseaux sauvages dans un communiqué d’une réunion d’évaluation qui s’est tenue au siège de la FAO à Rome.

Le manque de mesures de biosécurité dans les élevages et le commerce de volailles infectées sont les causes principales de la propagation de la maladie. Les oiseaux sauvages jouent donc un rôle mineur dans l’écologie du virus H5N1, mais il est essentiel de comprendre leur rôle et de gérer les risques, préconise le groupe d’experts.
Au cours des cinq dernières années, des tests de dépistage du virus H5N1 ont été effectués dans le monde entier sur 750.000 oiseaux sauvages. Contrairement à certaines attentes, aucun oiseau sain susceptible d’être porteur ou vecteur du virus n’a été trouvé jusqu’à présent.

Cela indique que les risques de transmission des oiseaux sauvages aux volailles domestiques et à l’homme sont respectivement rares ou négligeables. Davantage de tests sont cependant nécessaires pour corroborer ces affirmations, souligne cependant le Groupe d’experts.
« Certains cas de transmission par les oiseaux sauvages ont été observés, comme par exemple en Mongolie l’an dernier, tandis qu’en Chine, les chercheurs ont récemment détecté le virus chez du gibier apparemment sain », a expliqué Scott Newman, Coordonnateur chargé de la faune sauvage (EMPRES).

Pour mieux connaitre les modes de propagation du virus et mieux évaluer les risques, le Groupe d’experts préconise notamment d’approfondir la surveillance continue et élargie des populations d’oiseaux sauvages et le renforcement des capacités des enquêteurs locaux.
Créé en 2005 sous la direction conjointe de la FAO et de la Convention du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) sur la conservation des espèces migratrices, le Groupe de travail est un partenariat de collaboration entre 15 organisations internationales, dont des organismes des Nations Unies, d’autres organisations intergouvernementales et des ONG spécialisées.

Source : ONU

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