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Haïti : les gangs font régner la terreur

Haïti : les gangs font régner la terreur

23 novembre 2019

 

Rappel du contexte

 

Haïti est en proie à une grave crise avec des manifestations à répétition, souvent émaillées de violences, depuis le mois d’août pour réclamer la démission du président Jovenel Moïse. Selon l’ONU, au moins 42 personnes sont mortes depuis mi-septembre dans ces manifestations organisées dans les principales villes du pays.

 

Majoritaires dans les manifestations, les habitants des quartiers les plus pauvres exigent d’autant plus la démission du chef de l’État que des entreprises qu’il dirigeait avant son entrée en politique ont été épinglées par la Cour supérieure des comptes comme étant “au cœur d’un stratagème de détournement de fonds”.

 

La mobilisation populaire contre le pouvoir de Jovenel Moïse a été lancée fin août après une longue pénurie de carburants dans le pays. Le chef d’État n’a pas fourni de détails sur d’éventuelles mesures d’urgence contre les blocages criminels des routes qui s’organisent depuis quelques semaines ou pour lutter contre l’emprise des gangs. 

 

 

L’État n’a plus aucun contrôle

 

L’Etat en Haïti ne dépasse pas les frontières du palais national. Au-delà, les gangs font leur loi.

Face à la multiplication de massacres perpétrés par les gangs en Haïti, la perte de contrôle du territoire par l’Etat alerte d’autant la société civile que l’implication d’officiels proches du pouvoir dans les exactions est suspectée, sans qu’aucune suite judiciaire ne soit donnée.

 

“Les foyers de gangs se multiplient à Port-au-Prince et en province : on assiste à une augmentation sans limite d’actes de criminalité par des groupes armés avec le support d’officiels de l’Etat, par des bandes tolérées par le pouvoir politique en place”, alerte Marie-Yolène Gilles, une militante haïtienne pour la défense des droits humains.

 

“Haïti ne produit pas d’armes. Il y a un embargo sur le transfert et l’achat des armes mais le constat est qu’il y a beaucoup de trafics de munitions et d’armes. Qui alimente les gangs ?”, demande Marie-Yolène Gilles.

 

 

Déscolarisés et angoissés, les enfants haïtiens subissent la crise politique

 

La majorité des écoles restant fermées, nombre d’adolescents haïtiens sont désœuvrés et des parents s’improvisent professeurs tout en gérant les angoisses des plus jeunes face aux violences des rues.

 

Depuis août, les manifestations répétées contre le président Jovenel Moïse, les barricades dressées à travers les rues et l’intensification des activités des gangs armés poussent près de 70% des établissements scolaires à garder portes closes, selon l’Unicef et l’Unesco. 

Certains parents des classes moyennes et aisées envoient leurs enfants étudier à l’étranger. 

 

 

Plus d’une personne sur trois a besoin d’une aide alimentaire urgente

 

Plus d’un Haïtien sur trois est dans une situation d’insécurité alimentaire et a besoin d’une aide urgente pour faire face à ses besoins alimentaires quotidiens, a averti le Programme alimentaire mondial (PAM). 

 

En 2019, le PAM a apporté une aide alimentaire d’urgence à plus de 150.000 personnes en Haïti, souvent leur fournissant des transferts monétaires pour leur donner le choix de répondre à leurs besoins essentiels tout en contribuant à stimuler les marchés locaux.

 

Le nombre de personnes ayant besoin d’une aide alimentaire urgente devrait passer de 3,7 millions à 4,1 millions en mars 2020, mais l’insécurité entrave les efforts du PAM et d’autres organisations humanitaires pour atteindre les personnes dans le besoin.

 

Sources : RFI, AFP, ONU

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