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Inquiétudes scandinaves face à l’appétence de la Russie pour l’Arctique

17 avril 2019

 

Face au réveil russe, la Suède remilitarise une île de la Baltique

 

Après l’annexion de la Crimée, l’approche d’avions russes au plus près de l’espace aérien des pays nordiques, le brouillage de radars civils et l’observation en 2014 dans les eaux suédoises d’un sous-marin que Stockholm soupçonne d’être russe – malgré les dénégations de Moscou -, la Suède s’efforce de remplumer sa défense amaigrie depuis la fin de la Guerre froide.

 

Le pays a ainsi réintroduit une petite dose de conscription en 2017 et décidé de repositionner en janvier 2018 un régiment sur Gotland, île champêtre et touristique de 60.000 âmes.

Le Gotland est un avant-poste du pays scandinave situé le long d’une voie navale stratégique reliant la Baltique à la mer du Nord.

 

Territoire de 3.000 km2 à peu près à mi-distance de la Suède et de la Lettonie – autrefois soviétique -, Gotland offre un avantage crucial dans cette région d’Europe du nord pour le contrôle du ciel et de la mer, fait valoir le ministre suédois de la Défense Peter Hultqvist.

 

Mais sans présence militaire, même symbolique, l’île est à la merci d’une invasion.

La Suède ne croit pas à une menace directe russe, mais estime que “la situation sécuritaire (de la région) est plus mauvaise aujourd’hui qu’il y a dix ans”, confie le ministre à l’AFP.

 

Moscou, de son côté, fustige “le mythe d’une menace russe” en Europe et accuse les puissances occidentales de vouloir déstabiliser le continent.

“Nous avons une Russie forte dont les activités militaires sont beaucoup plus intenses que par le passé, et nous voyons ce qui se passe en Ukraine”, justifie le colonel.

 

Pays de l’Union européenne, la Suède n’est pas membre de l’Otan mais participe régulièrement aux manœuvres de l’Alliance atlantique dans la région.

“La position officielle est aussi qu’en cas de guerre dans le pourtour Baltique, nous serons tous impliqués”, prévient Robert Dalsjö, de l’Agence suédoise de recherche sur la Défense.

 

 

Dans l’Arctique russe, une base militaire symbole des ambitions de Moscou

 

Eau chaude, salle de sport, sauna et… soldats armés en motoneige : dans l’archipel arctique de Nouvelle-Sibérie, l’armée russe se targue d’avoir construit une base militaire des plus modernes, symbolisant les ambitions du Kremlin pour cette région riche en hydrocarbures.

 

Le “Trèfle du Nord”, accueillant 250 soldats sur l’île de Kotelny, au-delà du cercle polaire, doit servir de modèle pour de futures installations militaires dans l’Arctique, région stratégique pour Moscou qui ne cesse d’y renforcer sa présence, avec en ligne de mire notamment les nouvelles perspectives offertes par le réchauffement climatique.

 

L’Arctique est une région disputée et riche en ressources naturelles encore peu exploitées. S’y opposent les intérêts de 5 pays dont la Russie et les Etats-Unis. La Russie espère y devenir la première puissance économique et militaire tout en profitant du réchauffement climatique et de la fonte des glaces, qui devrait ouvrir de nouvelles routes commerciales dans le Grand Nord.

 

Moscou parie ainsi sur le passage du Nord-Est, qui relie l’océan Atlantique à l’océan Pacifique par l’Arctique et doit simplifier pour la Russie la livraison d’hydrocarbures en Asie du Sud-Est.

Les organisations écologistes s’inquiètent pour leur part des répercussions sur un écosystème extrêmement fragile.

 

 

Un Norvégien condamné à 14 ans de prison pour espionnage

 

Un Norvégien a été reconnu coupable d’espionnage mardi par la justice russe et condamné à quatorze ans de prison.

Frode Berg, un garde-frontière à la retraite âgé de 63 ans, avait été arrêté en décembre 2017 à Moscou.

 

La justice l’a condamné pour avoir glané des renseignements sur les sous-marins russes pour le compte de la Norvège. Il ne fera pas appel du verdict et demandera à bénéficier d’une grâce présidentielle. Lors d’un forum sur l’Arctique organisé la semaine dernière à Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine a semblé ouvrir la voie à cette possibilité.

 

 

La Russie entend répondre à l’activité militaire de la Norvège, qui fait partie de l’Otan

 

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo s’exprimait début avril à Washington à l’ouverture d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance atlantique fondée il y a 70 ans.

 

Il a appelé ses alliés de l’Otan à s’adapter aux nouvelles formes de menaces à travers le monde, pour faire face notamment aux ambitions de la Russie, à la concurrence stratégique de la Chine, à la menace iranienne et aux migrations incontrôlées.

 

La Russie a accusé en février la Norvège de renforcer son activité militaire et d’accroître les risques entre les deux pays. Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a expliqué que la Russie estimait que la Norvège, membre de l’Otan, participait de plus en plus à l’accroissement de la présence de l’Otan dans l’Arctique.

 

Zakharova a notamment pris pour exemple le projet d’aménagement cette année d’un port proche de la ville de Tromso, dans le nord de la Norvège, qui pourra accueillir dessous-marins nucléaires.

 

“Contrairement à la tradition des relations de voisinage et de coopération dans l’Arctique, Oslo continue d’accroître les tensions et les risques d’une action militaire. Cela ne restera pas sans réponse”, avait-elle dit.

 

La Norvège, qui compte 196 km de frontières terrestres avec la Russie, s’inquiète du renforcement des capacités de l’armée russe dans la péninsule de Kola, une région abritant plusieurs bases navales et zones interdites aux civils.

La Norvège a accueilli les manœuvres de l’Otan en octobre.

 

Par ailleurs, la Norvège estime que la Russie demeure la menace la plus importante pour les intérêts et les entreprises norvégiennes, notamment par des tentatives d’intrusion dans des serveurs informatiques.

 

De son côté, la Suède effectue depuis 2015 un virage à 180 degrés sur le plan militaire. Le pays vient de rétablir le service militaire obligatoire et remilitarise l’île de Gotland, point stratégique en mer Baltique. Et pour ce pays ultra-connecté, la cybersécurité est aussi devenue une priorité nationale : la guerre se joue désormais sur la Toile, avec des cyberattaques.

 

Sources : Reuters, AFP, Capital, RFI, France24

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