Journal du jeudi 7 juin 2018

 

 

Nicaragua : amorce de dialogue sur fond de violences

Le président nicaraguayen Daniel Ortega devait rencontrer aujourd’hui l’épiscopat pour étudier une reprise du dialogue avec l’opposition, alors que le bilan des violences atteint au moins 134 morts depuis le début des manifestations contre son gouvernement.

 

L’épiscopat s’est posé en médiateur depuis mai.

Le pays vit une grave crise politique et sociale depuis le début des manifestations, le 18 avril. Elles sont réprimées d’une main de fer par les autorités.

 

Cette vague de contestation sans précédent a été déclenchée par une réforme des retraites abandonnée depuis, mais qui a vite tourné à un mouvement général de rejet à l’encontre de Daniel Ortega.

A la tête du pays depuis 2007, il est accusé de brider les libertés et de confisquer le pouvoir.

 

Un groupement indépendant d’économistes a évalué les pertes causées par cette crise à 800 millions de dollars.

Le groupe des Consultants pour le développement entrepreneurial (Copade) a aussi estimé que 90.000 emplois risquaient de disparaître dans ce pays pauvre de 6 millions d’habitants.

 

Aujourd’hui, la pression s’est accentuée sur le gouvernement avec l’annonce par Washington de sanctions diplomatiques contre des responsables de la police et de certaines municipalités ainsi qu’un cadre du ministère de la Santé pour des violations des droits de l’homme.

L’opposition réclame notamment une présidentielle anticipée, avant l’échéance prévue de 2021, et le remplacement des membres du Tribunal électoral acquis au pouvoir.

 

Les protestataires continuaient aujourd’hui de bloquer les rues des grandes villes ainsi que plusieurs axes routiers importants, tel que celui reliant la capitale, Managua, à la ville de Masaya, ciblée par de nombreux saccages perpétrés par la police et des civils armés.

Face aux assaillants munis de fusils et de grenades, les manifestants répondent à coups de pierres et de projectiles lancés à l’aide de mortiers artisanaux.

 

Source : AFP

 

 

L’Ukraine franchit une étape difficile dans la lutte contre la corruption

Après des mois de difficiles tractations, l’Ukraine a fait jeudi un grand pas vers la création d’une cour anticorruption, une exigence clé pour la reprise de l’aide du FMI.

Cette instance est réclamée de longue date par les bailleurs de fonds occidentaux de l’Ukraine, Fonds monétaire international en tête.

 

On ignore cependant pour le moment si les dispositions de ce texte correspondent bien aux attentes du FMI, de nombreux amendements importants y ayant été apportés à la dernière minute aujourd’hui.

Le FMI “est impatient d’examiner la loi approuvée pour évaluer sa conformité avec (…) le programme du FMI”, a déclaré le représentant de cet organisme en Ukraine, Goesta Ljungman.

 

En revanche, les députés ont aussi approuvé par un autre vote le limogeage du ministre des Finances, ce qui est contrariant pour les négociations avec le FMI d’un pays dépendant de l’aide financière occidentale et toujours en proie à une guerre dans l’est.

 

Après l’arrivée au pouvoir de pro-occidentaux à Kiev en 2014, le FMI avait accordé un plan d’aide de 17,5 milliards de dollars à l’Ukraine, alors au bord du défaut de paiement sur sa dette publique, avec pour contrepartie l’adoption de mesures de rigueur.

Le versement des différentes tranches de cette aide a cependant été retardé par les difficultés à prendre les mesures demandées par le FMI et les lenteurs dans la lutte contre la corruption.

 

Même si le FMI donne son approbation à la loi votée jeudi, l’Ukraine va devoir procéder à une hausse du prix de gaz de ville afin d’obtenir la reprise de son aide financière, prévient Glib Vychlinski, le directeur exécutif du Centre pour la stratégie économique à Kiev.

Notons que bien souvent les hausses des prix entraînent des manifestations.

 

Source : AFP

 

 

Espagne : le gouvernement Sanchez, illustration d’un mouvement féministe puissant

La nomination d’un gouvernement majoritairement féminin en Espagne illustre de nouveau l’importance croissante du mouvement pour les droits des femmes dans le pays, théâtre en mars d’une première “grève générale féministe” d’une ampleur inédite.

 

Pour Ana María Ovejero, professeure de droit constitutionnel à l’Université européenne de Madrid, le nouveau gouvernement Sanchez répond à “tous les mouvements très importants et très intenses qui ont eu lieu en particulier en Espagne à partir de la mobilisation du 8 mars”.

Ce jour-là, pour la journée de la femme, des millions de personnes se sont mobilisées en participant à une grève générale “féministe” sans précédent et à des manifestations monstre.

 

Le Parti socialiste a annoncé que le premier texte examiné par le Parlement viserait à former les personnels judiciaires à la “violence de genre”.

Une question sur laquelle l’Espagne est pionnière. En 2004, le gouvernement Zapatero avait fait adopter une loi cadre contre la violence machiste, deux ans après la création d’un observatoire spécialisé.

 

Source : AFP

 

 

Turquie : Ankara suspend un accord sur les migrants avec la Grèce

La Turquie a suspendu son accord passé avec la Grèce pour la réadmission des migrants, en réaction à la remise en liberté par la Grèce de 4 soldats turcs ayant fui leur pays après la tentative de putsch en Turquie de juillet 2016.

 

Les soldats se sont enfuis en Grèce à la suite du coup d’Etat manqué de la nuit du 15 au 16 juillet 2016 contre le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.

 

Le gouvernement turc les accuse de participation à cette tentative de putsch et a demandé à la Grèce de les lui remettre. La justice grecque a rejeté les demandes d’extradition.

 

Source : Reuters

 

 

Jordanie : les autorités retirent un projet de loi fiscale après une semaine de protestations

Soumises à la pression de la rue, les autorités ont décidé aujourd’hui de retirer un projet de loi controversé sur l’impôt sur le revenu, principale revendication des manifestants depuis une semaine.

La démission lundi du précédent Premier ministre et l’appel du roi Abdallah II à une “révision complète” du projet de loi sur l’impôt sur le revenu n’avaient pas suffi à dissiper les craintes et griefs de nombreux Jordaniens.

 

La Jordanie, largement dépendante des aides étrangères et dépourvue de ressources naturelles, s’est engagée auprès du Fonds monétaire international (FMI) à mener des réformes structurelles et à réduire ses déficits en échange d’un prêt de plusieurs centaines de millions d’euros.

Le texte décrié prévoyait une augmentation entre 5% et 25% des impôts pour les particuliers et imposait les personnes ayant un salaire annuel supérieur à 8.000 dinars (environ 9.700 euros).

 

La Jordanie a un taux de chômage de 18,5%, a connu des hausses de prix répétés et a 20% des habitants vivant à la limite du seuil de pauvreté.Certaine s des hausses de prix sont dues à la fin des subventions publiques dans le cadre des réformes demandées par le FMI.

L’accueil de centaines de milliers de Syriens ayant fui la guerre pèse également lourdement sur les finances publiques.

 

Source : AFP

 

 

Russie : Poutine vante une Russie qui “avance dans la bonne direction” à une semaine du Mondial-2018

Se voulant rassurant envers les Russes, conciliant mais ferme envers les Occidentaux, Vladimir Poutine a longuement répondu jeudi aux préoccupations de ses concitoyens à la télévision, vantant une Russie qui “avance dans la bonne direction” au moment où elle accueille le Mondial-2018 de football.

 

Il est longuement revenu sur les promesses de son nouveau mandat – le 4e – courant jusqu’en 2024 : augmenter l’espérance de vie et redresser la démographie déclinante de la Russie, diviser par deux la pauvreté et faire entrer son pays dans les cinq premières économies mondiales.

“Dans l’ensemble, nous avançons totalement dans la bonne direction.”

Au-delà de l’économie, le chef de l’Etat a évoqué les tensions avec les Occidentaux, qui sont au plus haut.

 

Les Russes ont été plus de deux millions à vouloir poser des questions au président, selon les chiffres présentés par la chaîne de télévision Rossia 24.

Les préoccupations des Russes portent essentiellement sur les difficultés économiques, la reprise, après des années de crise, restant timide.

 

A une semaine du début, le 14 juin, de la Coupe du monde de football, Vladimir Poutine a aussi assuré que tout serait fait pour rentabiliser les stades flambant neufs, construits pour l’événement dans lequel la Russie a investi 13 milliards de dollars.

 

Source : AFP

 

 

Irak : Moktada al Sadr lance un appel au calme à ses partisans

Le dignitaire chiite Moktada al Sadr, dont la coalition a remporté les élections législatives du 12 mai en Irak, a lancé jeudi un appel au calme à ses partisans, au lendemain d’une explosion qui a fait 18 morts dans un quartier chiite de Bagdad et de la décision du Parlement de faire recompter les bulletins de vote.

 

Dans un communiqué, Sadr demande à ses fidèles de faire preuve de “patience” et de “maîtrise de soi”. Il précise qu’une commission va enquêter sur l’attentat de mercredi à Sadr City et lui remettra ses conclusions d’ici 3 jours.

 

Source : Reuters

 

 

Europe : plus “pure” et “disponible”, la cocaïne en pleine résurgence

La “disponibilité” et la “pureté” de la cocaïne se sont accrues en Europe, où la production de drogues s’est intensifiée de manière générale, s’inquiète l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) dans son rapport annuel publié aujourd’hui.

 

Si le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe, avec 17,2 millions de consommateurs âgés de 15 à 34 ans, l’OEDT tire la sonnette d’alarme cette année sur la “résurgence” de la cocaïne.

Quelque 98.000 saisies de cocaïne ont été réalisées en 2016 dans l’Union européenne, contre 90.000 en 2015, note le rapport, relevant que la pureté du produit a grimpé autour de 60%.

 

Cette drogue, produite à partir des feuilles de coca principalement en Bolivie, en Colombie et au Pérou, est consommée par “2,3 millions d’Européens”, soit près de 2% des personnes âgées de 15 à 34 ans, selon l’OEDT.

Sur les 70,9 tonnes de cocaïne interceptées en 2016, 30 tonnes l’ont été dans la seule Belgique, dont les ports à conteneurs supplantent désormais ceux de l’Espagne, jusqu’à présent le point d’entrée maritime historique de la cocaïne en Europe.

 

Par ailleurs, certaines des nouvelles substances psychoactives (drogues ou produits de synthèse), dont 51 ont été identifiées pour la première fois en 2017 sur un total de 670 surveillées par l’OEDT, sont désormais de plus en plus souvent produites en Europe, alors qu’elles étaient jusqu’à présent importées généralement de Chine avant d’être conditionnées.

Le patron de l’OEDT a aussi cité “le problème” des dérivés de la famille du fentanyl.

 

Source : AFP

 

 

Etats-Unis : hausse de l’immigration illégale malgré la “tolérance zéro” voulue par Trump

Plus de 50.000 personnes ont été arrêtées à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis pour le troisième mois consécutif en mai, montrant que la politique de “tolérance zéro” voulue par Donald Trump ne parvient pas à juguler l’immigration illégale, selon des chiffres officiels publiés mercredi.

 

Début mai, le président américain a ordonné d’engager désormais des poursuites contre toutes les personnes traversant illégalement la frontière et de séparer les enfants de leurs parents lorsque des familles traversent illégalement.

Malgré cela, en mai, les arrestations à la frontière étaient en hausse de 160% par rapport à mai 2017 et légèrement plus nombreuses qu’en avril de cette année.

 

Ces chiffres montrent notamment que des familles et des mineurs non accompagnés continuent d’arriver nombreux du Guatemala, du Honduras et du Salvador où la violence endémique les poussent à venir demander l’asile aux Etats-Unis.

Les contrôles à la frontière ont été renforcés par l’administration Trump et des militaires de la Garde nationale ont été déployés début avril.

 

Source : AFP

 

 

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