Les attaques contre les défenseurs des droits de l’homme en hausse

 

NEW YORK (AFP) – De la Russie au Sri Lanka, les défenseurs des droits de l’homme ont été victimes en 2009 d’attaques accrues, notamment de la part des gouvernements, a affirmé mercredi l’organisation Human Rights Watch (HRW) dans son rapport annuel.

Dans ce document de plus de 600 pages, l’organisation de défense des droits de l’homme basée à New York passe en revue la situation dans plus de 90 pays et territoires, à partir des enquêtes menées sur le terrain par son personnel.

 

Soudan, Chine, Russie, Afghanistan, Iran, Cuba ou Zimbabwe, la liste des pays énumérés est longue. Y figurent aussi les Etats-Unis, « qui ont mis un terme aux interrogatoires coercitifs de la CIA » mais « n’ont toujours pas fermé le centre de détention de Guantanamo », souligne le directeur général de l’organisation, Kenneth Roth, dans son introduction.

« Le gouvernement Obama était confrontée à un défi, restaurer la crédibilité des Etats-Unis dans le domaine des droits de l’homme », dit-il. « Jusqu’ici les résultats sont mitigés : la rhétorique présidentielle s’est nettement améliorée, mais elle a été incomplètement traduite dans la pratique. »

 

A mesure qu’elles sont devenues plus fortes et structurées, les organisations de défense des droits de l’homme sont aussi devenues plus systématiquement la cible d’attaques.

« La capacité des mouvements de droits de l’homme à exercer des pressions pour défendre des victimes s’est considérablement renforcée ces dernières années, et ce pouvoir accru a provoqué des réactions particulièrement vives de la part des gouvernements coupables d’abus en 2009 », poursuit Kenneth Roth.

« Sous des prétextes divers, certains Etats s’en prennent aux fondements mêmes du mouvement de défense des droits de l’homme », estime-t-il.

 

Et les attaques ne se limitent pas aux Etats autoritaires tels que la Birmanie ou la Chine, souligne HRW.

Dans les Etats à démocratie participative qui font face à des insurrections, agressions armées et menaces sont en forte hausse, dénonce HRW. L’ONG cite notamment la Tchétchénie (Caucase russe), où la militante des droits de l’homme Natalia Estemirova a été assassinée en juillet dernier.

« Natalia avait été honorée pour son travail par Human Rights Watch en 2007 », rappelle l’organisation, qui souligne que le crime est à ce jour impuni.

 

Harcelés ou détenus arbitrairement dans plusieurs pays comme l’Ouzbékistan, l’Iran, la Chine ou le Soudan, les avocats se voient souvent retirer leurs droits d’exercer leur métier.

Femmes et jeunes filles continuent à être victimes d’abus, souffrent de politiques ou de lois injustes et discriminatoires, et en conséquence, le nombre de femmes qui meurent chaque année est plus important que la mortalité dans les conflits armés, s’indigne l’organisation.

En Iran, HRW a relevé le harcèlement des autorités gouvernementales à l’encontre d’activistes pacifistes après l’élection présidentielle contestée de juin 2009.

 

L’organisation a noté les milliers d’arrestations de gens ordinaires ou renommés, et a fourni des rapports détaillés faisant état de violence d’Etat contre des manifestants pacifiques, d’arrestations arbitraires de militants des droits de l’homme, et de sévices et de tortures dans des centres de détention iraniens illégaux.

A part l’Europe de l’ouest, qui est épargnée par le document, toutes les régions de la planète sont concernées par les violations des droits de l’homme, de l’Amérique latine à l’Asie du sud-est ou l’Afrique.

 

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