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Libye : le gouvernement d’union nationale signe un accord militaire avec la Turquie

Libye : le gouvernement d’union nationale signe un accord militaire avec la Turquie

28 novembre 2019

 

Rappel du contexte

 

Depuis la chute en 2011 du régime du dictateur Mouammar Kadhafi après une révolte populaire, la Libye est plongée dans le chaos avec de nombreuses milices qui font la loi et une lutte de pouvoir depuis 2016 entre le GNA (gouvernement légitime) et M. Haftar, à la tête d’une Armée nationale libyenne (ALN) autoproclamée.

 

Khalifa Haftar, rebelle soutenu par l’alliance constituée des USA – Arabie Saoudite – Emirats Arabes Unis – Égypte – Russie, mène une offensive contre le gouvernement installé par l’ONU et reconnu par la communauté internationale depuis début avril.

Le gouvernement légitime est soutenu par l’alliance adverse : Turquie – Frères musulmans.

 

Le Maréchal Haftar se pose en champion de la lutte contre les jihadistes, mais son offensive sur Tripoli est toujours mise en échec par les forces de son rival, le Premier ministre Fayez al-Sarraj et les milices islamistes alliées.

De nombreux pays violent l’embargo sur les armes imposé par l’ONU à ce pays depuis 2011.

 

 

Soutien militaire turc renforcé auprès du gouvernement soutenu par des milices islamistes

 

La signature à Istanbul ce mercredi 27 novembre d’un accord militaire et sécuritaire entre le gouvernement d’union nationale dirigé par Fayez el-Sarraj et la Turquie accentue la division en Libye.

 

L’accord a été signé lors d’une rencontre entre le président turc Erdogan et le responsable libyen Fayez el-Sarraj, soutenu par la communauté internationale. Les clauses du document n’ont pas été révélées et cela provoque un tollé à l’est du pays sous le contrôle de Khalifa Haftar.

 

Selon Ankara, cet accord est censé « renforcer les liens entre les deux armées ».

Le gouvernement Fayez el-Sarraj avait déjà signé plusieurs accords avec la Turquie. Les livraisons turques d’armes et de drones armés à destination des milices de Tripoli leur avaient permis de reprendre la ville stratégique de Gharyan des mains du général Khalifa Haftar.

 

Parmi tous les responsables étrangers impliqués dans le dossier libyen, Recep Tayyip Erdogan est le plus clair. Il a promis de faire tout son possible pour que les milices islamistes gagnent, en leur accordant des aides politiques, militaires, logistiques et de renseignements.

 

 

Violations de l’embargo sur les armes et mercenaires étrangers

 

Assez régulièrement, l’ONU appelle les pays impliqués à ne pas violer l’embargo. Il semble cependant que l’intervention indirecte de pays étrangers dans le conflit libyen progresse. Ces pays ne violent pas uniquement l’embargo sur les armes, mais envoient également de plus en plus de mercenaires qui participent à la lutte pour le compte d’une des parties en conflit.

 

 

L’autre bataille pour le contrôle des champs pétroliers

 

En Libye, depuis huit mois, la bataille de Tripoli s’éternise. Mais une bataille parallèle s’est engagée dans le sud-ouest du pays, dont l’objectif est le contrôle des sites pétroliers.

Ce mercredi, à l’aube, par surprise, plusieurs véhicules armés ont fait irruption dans le champ pétrolier al-Fil, le plus grand du pays, situé en plein désert au Sud-Ouest.

 

L’ANL, l’Armée nationale libyenne, dirigée par Khalifa Haftar, a accusé les forces fidèles au gouvernement d’union nationale de mener l’attaque avec des mercenaires tchadiens.

Sur des vidéos montrant l’occupation du site, on voit des jeunes hommes armés qui fêtent leur victoire sur les lieux en s’exprimant en arabe tchadien.

 

Des renforts en provenance des villes voisines sont ensuite venus aider l’ANL à reprendre sa position. L’aviation de Khalifa Haftar est également entrée en jeu, et a mené des frappes visant les véhicules des assaillants.

 

Les champs pétroliers sont donc l’objet de toutes les convoitises, notamment parce qu’ils sont le symbole du pouvoir en Libye. Ces deux dernières années, ils sont passés entre les mains des deux camps à plusieurs reprises.

Depuis 2018, c’est Khalifa Haftar qui en a le contrôle.

 

 

La souffrance des civils

 

Des centaines de civils sont morts dans les affrontements à Tripoli depuis le début de la dernière vague de violence en avril, dont 53 migrants tués lors d’un bombardement sur le centre de détention de Tajoura en juillet.

Environ 128.000 civils ont été déplacés à la suite des combats dans ce pays.

 

Sources : RFI, ONU

 

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